Luko lève 20 millions d’euros pour exporter son assurance habitation en ligne
Juliette Raynal

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Dans la sphère de l'Assurtech française, ces startups du monde l'assurance, seules deux jeunes entreprises sont parvenues à tirer leur épingle du jeu grâce à des levées de fonds significatives et une forte croissance : Shift, spécialisée dans la détection automatique de fraude à l'assurance, et Alan, dans l'assurance santé.
Mais un troisième acteur pourrait bien les rejoindre. Luko, qui propose une assurance habitation 100% digitale, annonce, ce mardi 19 novembre, une levée de fonds de 20 millions d'euros. Le tour de table est mené par le fonds californien Accel, aux côtés d'un autre fonds américain Founders Fund, de l'autrichien SpeedInvest (déjà au capital de plusieurs Fintechs dont Curve, Lemon Way ou encore FairMoney et l'allemande Wefox), et de plusieurs business angels. Luko avait précédemment levé 2 millions d'euros auprès de Xavier Niel et plusieurs professionnels du secteur, dont Bruno Rousset, le fondateur d'April Assurances.
Fondée fin 2016, la jeune pousse s'était initialement lancée dans le domaine de la maison connectée avec la commercialisation de boîtiers intelligents. Elle a ensuite rapidement fait pivoter son modèle avec une offre dématérialisée d'assurance habitation pour les appartements puis pour les maisons, en s'appuyant notamment sur des images satellite. La startup, enregistrée à l'Orias en tant que courtier en assurance et réassurance, travaille en partenariat avec les réassureurs Swiss Re et Munich Re, à qui sont cédés l'ensemble des risques. L'Assurtech revendique aujourd'hui 20.000 assurés, contre 10.000 en juin dernier. Son dirigeant et cofondateur, Raphaël Vullierme, indiquait alors vouloir multiplier par 4 ou 5 le nombre d'assurés en 2020.
Dans cette optique, Luko entend utiliser les fonds levés pour industrialiser ses procédés sur le marché français, en mettant notamment l'accent sur la gestion de sinistres (la startup assure être 5 à 10 fois plus rapide que les assureurs traditionnels).
Dans un second temps, l'Assurtech entend s'attaquer à deux autres pays européens, sans en dévoiler les noms.
L'objectif est ambitieux, et le pari d'une offre grand public risqué, tant les coûts d'acquisition de nouveaux assurés sont élevés dans une industrie où la notion de confiance est centrale et le niveau de fidélité élevé. Selon le baromètre Les Français et leur assureurs, publié par le cabinet Deloitte en octobre dernier, plus de 50% des assurés détiennent un contrat auto et habitation chez le même assureur depuis plus de 10 ans et seuls 11% des interrogés envisagent de résilier un contrat d'assurance dans les six prochains mois. Pis, 61% des Français ne sont pas encore prêts à accorder leur confiance aux nouveaux acteurs, terme qui englobe toutefois aussi bien les startups que les Gafa.
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(elle est déjà partenaire du coach financier Bankin et de l'appli de paiement Lydia permettant un remboursement instantané). Elle entend également se différencier avec une offre de protection et de maintenance du foyer. Capitalisant sur sa première expertise, Luko entend commercialiser une solution de prévention des dégâts des eaux et des risques d'incendie grâce à des boîtiers connectés, actuellement en test dans plusieurs milliers de foyers.À lire également
La jeune pousse devra également faire face à un concurrent de taille. L'Américain Lemonade, qui dispose de moyens colossaux avec 480 millions de dollars levés depuis sa création en 2015, s'est récemment lancé en Allemagne sous le nom de Policy 2.0, première étape d'un plus large déploiement européen. Luko, qui ne communique par sur son chiffre d'affaires, vise la rentabilité dans un horizon de quatre à cinq ans.
Juliette Raynal