FairMoney lève 10 millions d’euros pour devenir la néobanque des pays émergents

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La Fintech emploie 10 personnes à Paris et 35 autres à Lagos, la capitale du Nigéria. Ses effectifs devraient rapidement passer à plus de 100 personnes.
La Fintech emploie 10 personnes à Paris et 35 autres à Lagos, la capitale du Nigéria. Ses effectifs devraient rapidement passer à plus de 100 personnes. (Crédits : FairMoney)
Cette Fintech franco-nigériane a déjà séduit quelque 200.000 utilisateurs au Nigéria à qui elle permet de régler des factures et de souscrire à des micro crédits. Elle entend étoffer son appli avec un compte courant et un compte épargne et s'attaquer à d'autres marchés en Afrique et en Asie dans une logique d'inclusion financière.

Proposer une appli bancaire complète aux 2 milliards de personnes dans le monde qui ont un accès limité aux services financiers. Voilà l'objectif particulièrement ambitieux de la Fintech franco-nigériane FairMoney. Elle officialise ce lundi 16 septembre une levée de fonds de 10 millions d'euros. Ce tour de table est mené par Flourish Ventures, le fonds de capital-risque à impact social créé par Pierre Omidyar (fondateur d'eBay). "Il s'agit du premier investissement de Flourish Ventures dans une startup française", se targue la Fintech. Les associés du fonds DST Global et les investisseurs historiques de la jeune pousse (Newfund, Speedinvest et Le Studio VC) participent également à cette nouvelle augmentation de capital. Précédemment, FairMoney avait déjà levé 1,2 million d'euros en equity et 2,5 millions d'euros en dette.

FairMoney a été créée en 2017 par Laurin Hainy, entrepreneur allemand d'origine nigériane, aux côtés de Matthieu Gendreau et Nicolas Berthozat rencontrés lors de ses études à Paris. Elle emploie aujourd'hui 10 personnes (au profil technique) à Paris et 35 autres  à Lagos, la capitale du Nigéria, son premier marché où elle revendique quelque 200.000 utilisateurs. Ces derniers utilisent aujourd'hui l'application mobile pour régler leurs factures téléphoniques et d'électricité et surtout obtenir des micro-crédits.

 "Nous avons commencé par cette fonctionnalité car au Nigéria il est très difficile d'obtenir un crédit. Les banques collectent les dépôts des particuliers mais ne prêtent qu'aux grandes entreprises ou à l'Etat. Elles ne prennent pas de risque", raconte Laurin Hainy, le directeur général de FairMoney.

Un algorithme de scoring basé sur les données personnelles

Pour accorder en quelques minutes un crédit, compris entre 10 et 350 euros, la Fintech a développé un algorithme de scoring basé sur les données personnelles des utilisateurs. "Nous analysons deux éléments : leur capacité et leur volonté à rembourser. Pour cela nous nous appuyons sur leurs données bancaires et leur niveau d'éducation financière", détaille l'entrepreneur.

Aujourd'hui, FairMoney revendique avoir octroyé 350.000 crédits pour un montant total de 15 millions d'euros. Le montant moyen du crédit s'élève lui à 40 euros et les taux d'intérêt (grâce auxquels FairMoney se rémunère) oscillent entre 10 et 25%. "60% des personnes à qui nous prêtons sont des petits commerçants", précise le directeur général.

Si FairMoney permet de démocratiser l'accès au financement au Nigéria, elle ne s'adresse pour le moment qu'aux personnes déjà bancarisées.

"C'est une limite, mais notre objectif est de développer notre propre compte courant ainsi qu'un compte épargne. Nous souhaitons aussi rendre nos services accessibles à partir d'un simple téléphone car une large partie de la population nigériane n'a pas de smartphone", répond Laurin Hainy.

Une vive concurrence

Les fonds levés par la startup serviront donc à financer ces développements technologiques ainsi que son expansion internationale prévue dès la fin de l'année ou au plus tard début 2020. "En Afrique, nous regardons de près l'Egypte et le Kenya. En Asie du sud, nous étudions l'Indonésie, le Vietnam, l'Inde et les Philippines", détaille l'entrepreneur. Ce dernier espère séduire 300.000 clients supplémentaires d'ici fin 2020, puis compter 2 millions d'utilisateurs dans deux ans. Il anticipe un gonflement des effectifs et compter entre 100 et 120 collaborateurs fin 2020.

FairMoney n'est pas le seul acteur à vouloir s'imposer auprès des personnes non ou mal bancarisées. Ce marché fait aussi l'objet des convoitises d'autres Fintech. C'est le cas de la startup californienne Branch. Egalement spécialisée dans les micro-crédits, elle est déjà présente en Afrique, en Inde et au Mexique et a récemment levé 170 millions de dollars. FairMoney doit aussi rivaliser avec des poids lourds, comme les opérateurs télécom et les géants du numérique à l'image de Facebook. Son projet de cryptomonnaie controversé Libra, dévoilé en juin dernier et qui doit voir le jour en 2020, vise spécifiquement ce type de population. FairMoney espère tirer son épingle du jeu en proposant une offre complète pour devenir la nouvelle référence bancaire des pays émergents.

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Commentaires
a écrit le 16/09/2019 à 22:32 :
Fairmoney mais pas une seule femme dans cette équipe...Strange.
a écrit le 16/09/2019 à 21:47 :
10 à 25% de tx d'intérêt.

Si c'est pas de la grosse arnaque ça.. comme d'habitude les pauvres raquent plus que les riches...

Et ça ose s'appeler "fair".

Honte.

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