Subprimes : les Etats-Unis exigent 14 milliards de dollars de Deutsche Bank

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Même si Deutsche Bank parvenait à réduire de moitié le montant d'un éventuel accord, ce règlement amiable resterait l'un des plus coûteux conclus par une banque avec les autorités américaines ces dernières années.
Même si Deutsche Bank parvenait à réduire de moitié le montant d'un éventuel accord, ce règlement amiable resterait l'un des plus coûteux conclus par une banque avec les autorités américaines ces dernières années. (Crédits : © Kai Pfaffenbach / Reuters)
La banque allemande est à son tour rattrapée par la justice américaine pour ses agissements sur les marchés financiers avant la crise financière mondiale de 2008. Vendredi matin, la banque chutait en Bourse de Francfort, perdant près de 7%.

Le département américain de la Justice (DoJ) réclame 14 milliards de dollars (12,5 milliards d'euros) à Deutsche Bank pour mettre fin à une enquête sur la vente de titres adossés à des créances hypothécaires (MBS), indique ce vendredi la banque allemande. La demande du DoJ, qui fera probablement l'objet de plusieurs mois de négociations, est nettement supérieure à ce qu'anticipaient Deutsche Bank et les investisseurs.

Deutsche Bank n'a nullement l'intention de payer un tel montant

Deutsche Bank dit n'avoir nullement l'intention de s'acquitter d'une telle somme. "Les négociations ne font que commencer. La banque s'attend à ce qu'elles débouchent sur une issue similaire à ce que d'autres banques ont pu connaître, avec des montants nettement moins élevés", indique un communiqué. Le département de la Justice américain a refusé de s'exprimer sur le sujet.

Même si Deutsche Bank parvenait à réduire de moitié le montant d'un éventuel accord, ce règlement amiable resterait l'un des plus coûteux conclus par une banque avec les autorités américaines ces dernières années.

D'autres banques ont déjà accepté de payer

JPMorgan Chase a accepté en 2013 de payer 13 milliards de dollars pour mettre fin à des accusations des autorités américaines selon lesquelles elle avait exagéré la qualité des titres hypothécaires vendus à des investisseurs avant la crise financière de 2008. L'année suivante, Bank of America a accepté un montant de 16,7 milliards de dollars dans un dossier similaire. Autre banque américaine, Citigroup a pour sa part accepté de débourser 7 milliards de dollars pour clore une enquête de l'Etat fédéral sur des titres de mauvaise qualité adossés à des créances hypothécaires qu'elle avait vendus avant la crise financière. L'accord était intervenu après plusieurs mois de négociations à l'entame desquels les autorités américaines réclamaient 12 milliards de dollars. Goldman Sachs a pour sa part accepté en avril de verser 5,06 milliards de dollars pour solder un litige dans lequel elle était accusée d'avoir induit en erreur des investisseurs sur le marché des titres hypothécaires durant la crise financière.

Deutsche Bank a déjà payé 1,9 milliards de dollars en 2013

Deutsche Bank a jadis été l'un des établissements européens les plus en vue à Wall Street mais, comme nombre de ses homologues, la banque allemande a été la cible de poursuites pour des faits remontant souvent aux années fastes ayant précédé la crise. Sa facture juridique depuis 2012 dépasse déjà les 12 milliards d'euros. Elle a ainsi accepté fin 2013 de payer 1,9 milliard de dollars pour mettre fin à des accusations selon lesquelles elle avait escroqué Fannie Mae et Freddie Mac, spécialistes du refinancement de prêts immobiliers, en les incitant à acquérir pour 14,2 milliards de dollars de MBS avant la crise de 2008.

De multiples poursuites

Dans son rapport financier annuel pour 2015, Deutsche Bank dit faire l'objet de poursuites, lancées par des individus, des entreprises ou des autorités réglementaires, relatives à des ventes abusives de prêts hypothécaires et à des manipulation des taux de change et des cours de l'or et de l'argent. D'autres poursuites concernent la manipulation des taux de référence Libor et Euribor. En juillet, le président du directoire de la banque allemande, John Cryan, a exprimé l'espoir de mettre fin d'ici la fin de l'année aux quatre principaux dossiers juridiques affectant encore Deutsche Bank. Il s'agit de la vente des prêts hypothécaires, de la manipulation des taux de change, d'une enquête sur des pratiques douteuses sur les marchés actions en Russie et de soupçons de blanchiment d'argent.

Le montant global des provisions pour frais juridiques de Deutsche Bank s'élevait à 5,5 milliards d'euros à la fin du deuxième trimestre. Vendredi, la banque chutait en Bourse de Francfort, perdant 6,56% à 12,24 euros vers 08h15 GMT, plus forte baisse du Stoxx 600 et plus net repli depuis le 24 juin, au lendemain du vote britannique favorable à la sortie de l'Union européenne. La banque entraîne l'ensemble du secteur bancaire en Europe qui perd 1,35%, notamment Credit suisse qui recule de 4,49% et RBS qui perd 3,3%.

(avec Reuters)

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a écrit le 16/09/2016 à 14:35 :
A cela s'ajoute une plainte de 160 investisseurs dont aujourd'hui le gestionnaire de fonds américain Blackrock contre Volkswagen. La demande totale est de 2 milliards d'euros. La DB réalise des opérations pour Volskwagen. C'est visiblement la guerre économique entre certains groupes.
a écrit le 16/09/2016 à 11:43 :
Les américains sont très décevants sur la gestion de cette crise: ils n'ont condamnés aucun des responsables, qui se sont pourtant enrichis personnellement à coups de centaines de millions de dollars...
a écrit le 16/09/2016 à 10:56 :
Si on demande des sommes à des institutions, si la BCE fait des rachats de 80 milliards, fait-on une forme de mépris des européens si on publie en Europe un pib par habitant 2015 sous le niveau 2007, des indices boursiers qui n’auraient pas rétabli le niveau de 2007 contrairement aux USA ou en Allemagne, ou une production voire une consommation des ménages qui serait inférieure avec une masse monétaire de 4 fois les USA et un chômage plus élevé, existe-t-il en Europe une logique anti-jeune ou anti développement, un problème de coordination d’une sortie de crise ou une détestation des Européens ou une moindre valorisation des ménages s’il existerait des techniciens comme agents et si on entend dire quand le bâtiment va tout va, existe-t-il une forme de contre-performance si on parle par exemple d’aides critiquées à 70% ?
Réponse de le 16/09/2016 à 16:42 :
Incompréhensible!
a écrit le 16/09/2016 à 10:14 :
Curieux hasard, l'Europe veut taxer Apple de 14 Md de $ , le DoJ veut taxer Deutsche Bank de 14 Md de $ . Privilège exorbitant du dollar, justice extraterritoriale, paradis fiscaux pour les GAFA et dans certains états US, effet dissuasif pour les banques qui investissent à l'international (cas de l'Iran), ect ...
a écrit le 16/09/2016 à 10:04 :
Au moins les USA ne transigent pas avec les responsables de cette catastrophe sans précédent. Et en Europe ? A part sauver Dexia à coup de milliards du contribuable, on a fait quoi pour mettre à l'amende ces établissements irresponsables ? RIEN. Même si le seul fait de ne demander que des amendes record ne suffira absolument pas à éviter ce genre de scénario dans le futur.
a écrit le 16/09/2016 à 9:59 :
le cousin yankee ne s'offusque que quand l'europe demande des comptes a ceux qui ne paient pas leurs impots comme il faut quand ils sont yanks
bon, plumer les boites europeenne, ca ne les offisque pas trop, on dirait
a écrit le 16/09/2016 à 9:44 :
Se pose de facto la question de l'organisation de nos banques, et la place du dollar. Il faut isoler juridiquement les filiales des pays à fort risque politique et juridique.. Il faut peut-être refuser toute transaction en dollar qui pourrait se faire en euro. Nos sociétés européennes ne peuvent dépendre de la décision d'un Tribunal américain prêt à condamner une société à des amendes égales au montant total des capitaux propres. Nous sommes bien en guerre économique, cette histoire arrivant après l'affaire BNPP et l'affaire Apple.
a écrit le 16/09/2016 à 9:43 :
Étrange de constater la passivité de l’Europe sur de tel dossier, La crise des subprime vient essentiellement des état uni. Aucune procédure juridique n'a été lancé par l’Europe contre les agences de notation qui avait pourtant noté les subprimes avec la meilleur note possible. Aucune enquête n'a été faite a l'encontre des banques américaine qui on revendu leur subprime sans fournir l'ensemble des information quand au risque.
Alors que le département de la justice américain a attaqué en justice JP Morgan, Goldman sash, morgan stanley. Le cumul des amendes infligé s’élève a prés de 20 milliard d'euro.
a écrit le 16/09/2016 à 9:11 :
Cette pauvre vieille europe, complètement sclérosée par une oligarchie financière défaillante s'obstine à continuer de vouloir jouer le jeu néolibéral des américains alors que nous sommes en train de nous faire laminer étant donné que leurs décideurs économiques sont beaucoup plus malins que les nôtres c'est évident.

Marrant par contre de constater que les allemands ne veulent pas payer mais par contre ont imposer à la Grèce de se saigner à blanc pour payer les créanciers privés. Bon courage messieurs les banquiers allemands, les interlocuteurs américains ne sont pas ces pauvres grecques sans défense, vous allez en baver et c'est bien fait.

On veut bien tricher mais on ne veut pas l'assumer, à comparer avec la dette de l'Allemagne qui a été effacée par nombreux pays après la seconde guerre dont la Grèce mais qui par contre impose de façon autoritaire de purger le peuple grec sans aucun état d'âme.

C'est une bien triste mentalité, même VW est bien plus digne mais parce que ce sont des industriels dépendants un minimu de la réalité économique et non simplement des financiers qui en sont complètement déconnectés.
a écrit le 16/09/2016 à 8:45 :
14 milliards pour la Deutsche alors que Goldman Sachs, responsable principal la crise, n'a payé que 5 milliards. De toute manière, ce sont les clients de la banque qui vont casquer, mais il semblerait aussi que ce soient les Européens qui sont appelés à renflouer les caisses américaines :-)
Réponse de le 17/09/2016 à 12:45 :
Entièrement d'accord
a écrit le 16/09/2016 à 8:44 :
infliger une telle amende à l'une des banques les plus mal en point de l’Europe c'est risqué non ?

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