Pluie de commandes asiatiques sur le Bourget

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L'avalanche de commandes proviendra en grande partie des compagnies aériennes asiatiques. Si tous les contrats aboutissent, Airbus engrangerait entre 500 et 600 commandes d'avions.

Le Salon aéronautique du Bourget, qui ouvre ses portes ce lundi, jusqu'à dimanche, va mettre en lumière une évolution structurelle majeure du secteur : la dépendance de plus en plus forte des industriels européens aux pays émergents en général, à l'Asie en particulier. Cette réalité vaut à la fois pour les activités de défense frappées par les restrictions budgétaires en Europe et pour les contrats civils.

La razzia de commandes d'avions qui s'annonce, notamment pour Airbus, proviendra en effet essentiellement des compagnies aériennes asiatiques. Si Cebu Pacific (Philippines) et GoAir (Inde) ont déjà annoncé jeudi des contrats pour une centaine d'Airbus A320 Neo, la version remotorisée de ce moyen-courrier, l'avionneur pourrait signer cette semaine la plus grosse commande de l'histoire aéronautique en volume avec Air Asia. Si la négociation aboutit, la compagnie low-cost malaisienne devrait acheter plus de 200 A320 Neo, d'une valeur de 17 milliards de dollars au prix catalogue (11,8 milliards d'euros). Un contrat supérieur à celui de l'indien IndiGo Airlines, qui devrait transformer en commande ferme son intention d'achat de 180 A320, signée en janvier. Malaysia Airlines (A330, A350), Hong Kong Airlines (A380), l'indien Jet Airways, la taïwanaise Eva Air et Qatar Airways passeront également commande. Au final, selon nos informations, Airbus pourrait engranger, au salon, entre 500 et 600 commandes et intentions d'achats. Tous ces contrats traduisent le déplacement du centre de gravité du transport aérien de l'Amérique du Nord et de l'Europe vers l'Asie et tous les pays émergents en général. « Les transporteurs des pays émergents représentent 55 % du trafic mondial, contre 37 % en 1990. En 2030, ce sera 70 %. C'est un changement structurel majeur », explique le directeur commercial d'Airbus, John Leahy. Même son de cloche chez son rival. « Les économies émergentes vont transformer le marché », assure le directeur marketing pour les avions commerciaux chez Boeing, Randy Tinseh. De fait, même si les transporteurs d'Amérique du Nord ou d'Europe sont appelés à passer prochainement de grosses commandes pour renouveler leurs flottes, ce sont les asiatiques qui vont tirer les ventes des constructeurs. Selon Boeing, l'Asie-Pacifique recevra un tiers des 33.500 avions neufs prévus d'ici à 2030.

Un marché pour les géants Airbus et Boeing qu'il faudra partager avec de nouveaux acteurs, avec l'arrivée sur le marché des avions de 150 places et plus du canadien Bombardier (en 2014), du russe Irkut (en 2016) et du chinois Comac (en 2016), qui, pour la première fois, tiendra un stand au Salon du Bourget. Selon Bloomberg, ce dernier pourrait d'ailleurs signer un accord (sans que l'on en connaisse la nature) avec Ryanair. La compagnie low-cost irlandaise n'a jamais caché ses discussions avec Comac et Irkut pour ses prochaines commandes.

Les constructeurs d'hélicoptères, d'avions d'affaires et les acteurs de la défense lorgnent aussi les pays émergents. « Nous ne pouvons pas survivre avec les seules commandes européennes », prévient le patron de la branche défense d'EADS, Cassidian, Stefan Zoeller. Des contrats qui s'accompagnent néanmoins de compensations (offset) industrielles comme ce sera le cas en Inde pour celui des 126 avions de combat qui opposent l'Eurofighter (EADS, BAE Systems, Finmeccanica) au Rafale de Dassault Aviation. Ces offset obligent à travailler avec les industriels locaux. D'ailleurs, pour étendre leur influence et leur présence industrielle vers ces nouveaux marchés, les industriels de l'aéronautique cherchent à nouer des partenariats.

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