Le ministère de la Défense met fin aux négociations du partenariat public-privé avec l'armateur CMA CGM

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Selon nos informations, le ministère de la Défense a mis fin aux négociations exclusives depuis avril dernier avec l'armateur CMA CGM, dans le cadre d'un partenariat public-privé (PPP) portant sur le transport des matériels militaires et des soldats vers les bases outre-mer et les théâtres d'opérations extérieurs.

Le temps a finalement eu la peau du partenariat public-privé (PPP) négocié entre le troisième groupe maritime mondial de transport en conteneurs, CMA CGM, et le ministère de la Défense. Les conditions économiques ont changé entre 2008, date à laquelle l'appel d'offre a été lancé, et aujourd'hui. C'est ce qu'invoque le ministère de la Défense pour casser les négociations exclusives du PPP, qui devait courir sur 25 ans, avec CMA CGM, selon nos informations. Entre 2008 et 2012, les prix pour les affrètements se sont effondrés et, parallèlement, les coûts de financement du projet ont augmenté. Fin de l'histoire pour le ministère.

Une différence de prix de plus de 100 millions d'euros

Du coup, il apparaît que les affrètements traditionnels sont beaucoup mois chers que les prix proposés par CMA CGM, qui avait remis son offre finale en février dernier. L'armateur, qui semble-t-il dans le cadre d'un dialogue compétitif avait encore baisse ses prix, devait mettre à disposition des armées, à compter de 2014, cinq navires rouliers, qu'il devait faire construire en Corée du sud, pour transporter les matériels militaires et les soldats vers les bases outre-mer et les théâtres d'opérations extérieurs. La différence de prix s'élèveraient à plus de 100 millions d'euros dans toutes les hypothèses évoquées. Et en moyenne, le ministère aurait dû s'acquitter chaque année sur 25 ans d'une somme de plus de 33 millions d'euros dans le cadre du PPP, contre moins de 30 millions dans le cadre des affrètements actuels.

Vers un contentieux ?

Du coup, la défense va gérer ses opérations de transport au coup par coup. L'armateur Maritime Nantaise, qui avait perdu face à CMA CGM, était jusqu'ici le groupe choisi par le ministère pour ses transports maritimes stratégiques. Reste à savoir si CMA CGM s'aventurera dans une procédure de contentieux vis-à-vis de l'Etat. A cet égard, les deux constructeurs de satellites Thales Alenia Space et Astrium s'étaient pour leur part abstenus de se lancer, après consultation de leurs services juridiques, dans une procédure à l'encontre du ministère, qui avait abandonné en mai dernier la cession de ses satellites Syracuse à des opérateurs privés dans le cadre du projet Nectar. Ils avaient pourtant perdu tous les deux au total 5 millions d'euros environ pour préparer toute cette opération voulue au départ par le ministère.

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Commentaires
a écrit le 13/11/2012 à 8:07 :
Récemment Grimaldi a acheté plusieurs rouliers quasi neufs, ce qui a eu comme résultat que les tarifs d'affrètement sont à la hausse à nouveau. C'est donc pas la bonne raison.
N'est-ce pas une décision qui était peu supportable pour le gouvernement Hollande de voir des navires construits en Allemagne ou en Corée au lieu de Saint.Nazaire?
a écrit le 08/11/2012 à 14:22 :
PPP avec l'armateur CMA CGM ou avec l'arnaqueur CMA CGM ?
a écrit le 08/11/2012 à 11:24 :
plus des trois quart des PPP sont en réalité une belle excroquerie pour le contribuable et une preuve de la dérive de notre système qui devient un opaque ensemble de copinage entreprise - état au détriment du contribuable.
a écrit le 08/11/2012 à 10:31 :
C'est le commandant du Concordia qui avait négocié ce contrat ?

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