Espace : Ariane 6, un programme qui commence à prendre forme

Astrium a reçu deux contrats pour le développement d’Ariane 6. Le président du CNES, Jean-Yves Le Gall table sur un premier vol du futur lanceur européen en 2019.
Michel Cabirol
Selon le président du CNES Jean-Yves Le Gall, Ariane 6 sera mise en service en 2020.
Selon le président du CNES Jean-Yves Le Gall, Ariane 6 sera mise en service en 2020.

En dépit des réticences de l'Allemagne, le prochain lanceur de l'Europe prend forme. La filiale spatiale d'EADS, Astrium, a annoncé ce mercredi avoir reçu de l'Agence spatiale européenne (ESA) trois contrats d'un montant total de  414 millions d'euros pour faire évoluer la famille Ariane. "Les deux premiers contrats prévoient, jusqu'à fin 2014, la poursuite du développement du lanceur Ariane 5 Midlife Evolution (ME) et des sous-ensembles communs avec le lanceur Ariane 6", a précisé Astrium dans un communiqué publié ce mercredi. Soit respectivement 106 millions et 278 millions d'euros.

Le développement d'Ariane 5 ME se poursuit avec deux objectifs : l'amélioration du lanceur Ariane 5 avec une performance accrue de deux tonnes en orbite de transfert  géostationnaire dès 2018. Cette étude sur les sous-ensembles avait été validée en mai 2013 par l'ESA. Ariane 6 et Ariane 5 ME auront notamment en commun la propulsion de leur étage supérieur, avec le moteur réallumable Vinci, qui permet de lancer successivement plusieurs satellites, ainsi que la majeure partie de leur coiffe respective.

Début des études de développement d'Ariane 6

Surtout la division Astrium Space Transportation, maître d'œuvre européen pour les lanceurs, les systèmes orbitaux et l'exploration spatiale, a obtenu un troisième contrat qui "permet de débuter les études de développement du lanceur Ariane 6 sur la base du concept sélectionné en juillet 2013", a indiqué Astrium. "Ce contrat de 30 millions d'euros" nous couvre jusqu'à la fin de l'année, a précisé à l'AFP le PDG d'Astrium Space Transportation, Alain Charmeau.

Astrium va maintenant poursuivre les études de définition et de faisabilité d'Ariane 6. Ces études doivent préciser le concept et l'architecture retenus pour le lanceur et elles "permettront de figer les principales caractéristiques du lanceur avant la mise en œuvre, en 2014, de son développement industriel", a expliqué Astrium. "Ces trois contrats vont permettre aux équipes d'Astrium de poursuivre le travail déjà accompli sur le développement d'Ariane 5 ME, ainsi que sur l'étude de faisabilité d'Ariane 6, dont le design est désormais arrêté », a souligné Alain Charmeau, cité dans le communiqué. Astrium Space Transportation.

Ariane 6 mise en service en 2020

Le patron du CNES, Jean-Yves le Gall a affirmé mardi lors des 20 ans du Cadmos (Centre d'Aide au Développement des activités en Micropesanteur et des Opérations Spatiales), une structure opérationnelle dédiée aux expériences en micropesanteur, qu'Ariane 6 serait mise en service "au mieux dans sept ans". "Le premier vol est prévu en 2019", a-t-il précisé à quelques journalistes.

Il a rappelé que la prochaine conférence des ministres en charge de l'espace des pays membres de l'ESA, le 3 décembre 2014 au Luxembourg, devrait déboucher sur un accord global. "Tant qu'il n'y a pas d'accord sur tout, il n'y a d'accord sur rien", a-t-il expliqué. Sous-entendu qu'entre l'Allemagne et le France, il y aurait un "deal" sur la station spatiale internationale et Ariane 6. "La position de l'Allemagne a évolué depuis un an", a estimé en outre Jean-Yves Le Gall.

Quatre moteurs identiques

L'ESA a retenu en juillet l'architecture d'Ariane 6, avec quatre moteurs identiques à carburant solide (poudre), et le moteur réallumable Vinci, carburant à l'oxygène et l'hydrogène liquide. L'agence européenne veut avec Ariane 6 disposer d'un lanceur compétitif qui permette à l'industrie européenne de continuer à capter plus de la moitié des lancements commerciaux de satellites dans le monde, malgré l'émergence d'un nouveau concurrent américain, SpaceX, qui a fait, selon Jean-Yves Le Gall, "des progrès".

Michel Cabirol

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Commentaires 3
à écrit le 18/10/2013 à 19:24
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Bien une bonne nouvelle, l'installation de moteurs commun aux différant étage et l'utilisation de 4 boussteurs à poudre me semble un bon compromis pour optimiser le lanceur... Maintenant que les navette spaciale américaine ne sont plus en activité, ...

à écrit le 17/10/2013 à 11:00
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Que voilà un projet mabilisateur d'énergies positives et un beau projet européen(?). Ca va permettre de ne pas manger commercialement dans la main des américains et de ne pas être définitivement sous tutelle.

à écrit le 16/10/2013 à 19:35
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finalement y a encore de l'argent.

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