Les pays émergents, la future vache à lait de Thales

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Thales vise une marge opérationnelle de 9,5 % à 10 % en 2017 ou 2018
Thales vise une marge opérationnelle de 9,5 % à 10 % en 2017 ou 2018 (Crédits : © 2009 Thomson Reuters)
Le PDG de Thales Jean-Bernard Lévy vise une marge opérationnelle de 9,5 % à 10 % en 2017 ou 2018.

Le PDG de Thales, Jean-Bernard Lévy, s'est donné pour objectif d'accroître la taille du groupe, comptant surtout sur la croissance organique. Pour réussir, il veut orienter le groupe de plus en plus vers les marchés civils et les pays émergents dans un contexte particulièrement incertain dans la défense. L'ex-patron de Vivendi, qui a tenu ce jeudi la première journée investisseurs de Thales en près de quatre ans, vise une marge opérationnelle de 9,5 % à 10 % en 2017 ou 2018, en hausse de 1,5 à 2 points. Le groupe avait dévoilé en février une marge opérationnelle de 7,1 % pour 2013 (8 % selon les nouvelles normes IFRS). Vers 17h00, l'action Thales accusait une baisse de 2,90 % à 47,87 euros.

Pour y parvenir, le groupe compte à la fois sur une meilleure compétitivité et sur un retour à la croissance des ventes. Mais "cette prévision est à toute épreuve", a assuré ce jeudi à Toulouse le directeur financier Pascal Bouchiat lors de cette journée. Si d'aventure le marché ne portait pas la croissance, Thales réduirait ses coûts, a-t-il assuré.

Plusieurs scenarii de croissance

Mercredi soir, Jean-Bernard Lévy a présenté sa stratégie de son groupe, détenu à 27 % par l'Etat et à 26 % par Dassault Aviation, pour quatre ans à l'issue d'un dîner initialement informel, où il a souligné "l'énorme potentiel inexploité" de Thales. "Si nous avons des opportunités, nous essaierons d'accélérer notre profil de croissance pour nous développer davantage dans les marchés civils et les émergents", a-t-il expliqué lors d'une présentation diffusée jeudi matin sur internet. "Cela doit être notre obsession que de croître à nouveau". La priorité reste la croissance organique.

Jean-Bernard Lévy a refusé de partager les "divers scénarios internes" sur le potentiel de croissance du groupe, dont 40 % du chiffre d'affaires proviennent encore d'activités militaires dans des pays matures où les budgets de défense se réduisent. "Je ne veux pas vous décevoir plus tard si je suis trop optimiste aujourd'hui et je ne veux pas vous décevoir aujourd'hui si je ne suis pas assez optimiste", a-t-il précisé. Lors d'une présentation ce jeudi, le PDG de Thales a rappelé que le groupe espérait "croître à nouveau un jour, et parvenir à compenser la baisse des marchés de la défense" occidentaux qui comptent aujourd'hui pour 40 % de l'activité. Au total, l'activité défense a pesé 52 % du chiffre d'affaires en 2013, elle devrait décliner pour atteindre 45 % en 2017-2018.

Pour y parvenir, Thales mise sur les marchés civils en croissance comme l'aéronautique civile et les transports terrestres et sur les marchés émergents. Résolument tourné vers ces pays, où il a engrangé un tiers de ses commandes en 2013 contre un quart en 2012, Thales pourrait bénéficier de la signature tant attendue de la méga-commande de Rafale par l'Inde et d'un contrat au Qatar pour l'avion de combat, développé par Dassault Aviation. Thales réalise près d'un tiers du Rafale qu'il équipe en radars, équipements de communication et de calculateurs. La part des pays émergents dans les prises de commandes passerait de 22 % à 25 % sur la période 2011-2013 à 37 %-40 % en 2017-2018. Cette nouvelle répartition des commandes devrait se refléter sur le chiffre d'affaires deux ans plus tard, a précisé Jean-Bernard Lévy.

Ansaldo STS ?

Pour s'ancrer davantage dans l'aéronautique civile, Thales a récemment effectué une acquisition sur le marché prometteur du divertissement à bord des avions, en rachetant LiveTV, qui propose une solution pionnière de connexion wifi dans les avions de la compagnie américaine JetBlue.

Jean-Bernard Lévy s'est toutefois refusé à tout commentaire sur l'intérêt prêté à Thales pour la participation de 40 % dans le spécialiste de la signalisation ferroviaire Ansaldo STS, que l'italien Finmeccanica cherche à vendre. Selon nos informations, le groupe d'électronique et l'italien ont déjà pré-négocié un accord pour rééquilibrer leur alliance spatiale à 50-50 entre les deux partenaires. En contrepartie, Finmeccanica cède sa participation de 40 % dans Ansaldo STS à Thales.

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Commentaires
a écrit le 10/04/2014 à 20:06 :
C'est beaucoup de com.
En attendant pour faire sa marge opérationnelle de 10, on fait des plans de compétitivité. monsieur Montebourg ? vous etes au courant ? on ne vous entend pas.
il y a pas mal de ménage en ce moment chez thales. c est pas les meilleurs qui restent....
Mais quid de la croissance, avec une strategie qui tient la route c'est a dire avec des vrais moyens sur les marches en croissance ? sur l inde et la chine , , quel est le chiffre d 'affaires de Thales dans ces pays jusqu a present. quelles sont les marges dégagées dans ces 2 pays sur les programmes en cours ?
certains devraient redescendre sur terre
le management est plutot mediocre a quelques exceptions , les jeunes sont frustres car il n 'y a pas d'évolution, seul les polytechniciens ont droit au chapitre et bien sur quelques francs macons ,de gauche, cela va sans dire...
je precise je ne suis pas syndicaliste .
Réponse de le 11/04/2014 à 10:03 :
Un X-man qui vient de Vivendi, pas étonnant qu'il assure un peu le spectacle !

Bon courage aux ingénieurs de terrain
Réponse de le 12/04/2014 à 8:24 :
Thalès n'a jamais réellement réussi avec ca technologie mais investie en recrutant ceux qui signent les contrats... Même si ils ont de bon programme, il y a toujours un hic derrière. Et dès que l'on veux le corriger c'est un "oui d'accord mais ça fera tant !" Ce groupe recrute son personnel et le salaire est négociable à l'embauche. Puis dès qu'il a terminé il n'hésite pas à le changer de programme ou a le virer malgré leurs promesses d'embauches. Du coup vous ne pouvez jamais être certain d'être embauché a long terme ni sur le lieux où vous finirez.

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