Cyberdéfense : la France continue de se cyber-muscler

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La cyberdéfense est l'une de ses grandes priorités du ministère des Armées
La cyberdéfense est l'une de ses grandes priorités du ministère des Armées (Crédits : Ministère des Armées)
La ministre des Armées Florence Parly va inaugurer le premier bâtiment du Commandement de la cyberdéfense. Elle va lancer un nouveau fonds en partenariat avec ACE Management pour mieux protéger les PME de la menace cyber.

Sur internet et les réseaux de communications, le ministère des Armées montre ses muscles. Lors de sa visite à Saint-Jacques-de-la-Lande (Ille-et-Vilaine), où elle inaugure ce jeudi le premier bâtiment du Commandement de la cyberdéfense (ComCyber), spécifiquement conçu pour répondre aux besoins techniques et opérationnels de ce nouveau commandement créé en 2017, la ministre des Armées Florence Parly va ainsi pouvoir montrer au monde la montée en puissance des forces armées cyber françaises. Conçu pour être résilient sur le plan énergétique notamment, ce bâtiment, qui a coûté 44 millions d'euros, accueillera 400 cyber-combattants disposant de 900 postes de travail. Deux autres bâtiments à venir accueilleront d'autres cyber-combattants.

Fin 2019, le ministère, qui a fait de la cyberdéfense une de ses grandes priorités, aura déjà recruté 3.200 cyber-combattants qui seront rejoints par près de 100 nouveaux éléments en 2020. Au total, le ministère devrait recruter 1.100 cyber-combattants et consacrer 1,6 milliard d'euros sur la période la loi de programmation militaire (LPM) 2019-2025. Un appui cyber avec des effets démultiplicateurs accompagne aujourd'hui la plupart des opérations des armées françaises.

ACE Management en renfort

Florence Parly, signera également un partenariat avec la société de gestion de fonds ACE Management dans le but de renforcer la structure capitalistique des PME de la défense, via le fonds dédié à la cybersécurité, baptisé Brienne III. Objectif, aider ces industriels, qui n'en ont souvent pas les moyens, à renforcer leur capacité de protection contre l'espionnage et le piratage informatiques. L'importance d'une meilleure protection des PME a été d'ailleurs appelée à plusieurs reprises par l'Agence nationale de la sécurité des systèmes d'information (ANSSI), qui a observé une augmentation des attaques indirectes en 2018. En ciblant un ou plusieurs intermédiaires (fournisseur, prestataire, etc.), les attaquants parviennent à contourner les mesures de sécurité de très grands groupes, déjà très conscients du risque numérique. "La compromission d'un seul intermédiaire suffit parfois à accéder à plusieurs organisations", avait précisé l'ANSSI.

Cela a été le cas pour Airbus, a révélé le directeur général de l'ANSSI Guillaume Poupard. Le constructeur aéronautique a été victime d'une cyberattaque en janvier dernier, via un de ses fournisseurs. "Se protéger des attaquants, ce n'est pas simple ; se protéger de ses fournisseurs c'est extrêmement compliqué", avait-il expliqué. Selon l'AFP, l'avionneur aurait été visé par une série de cyberattaques via ses sous-traitants. Car les PME souffrent depuis des années d'un "sous-investissement chronique en matière de cybersécurité", résultant notamment de la "faible attractivité" des investissements dans ce domaine, souligne-t-on au ministère des Armées.

La "Convention Cyber" qui va être signée par Florence Parly avec ACE Management prévoit le déblocage d'une ligne de crédit de 80 millions d'euros dédiés à la cybersécurité en faveur des PME. Les fonds ont déjà été levés en juin dernier lors d'un tour de table rassemblant investisseurs privés et institutionnels.

Cyberespace, une guerre silencieuse

"Les Français consentent à un effort considérable ; chaque euro compte, nous le savons et nous leur devons. Certains enjeux, du cyber à l'espace en passant par l'intelligence artificielle, certains investissements peuvent paraître lointains ou vertigineux pour nos concitoyens. Mais chaque chiffre correspond à une réalité", a expliqué la ministre sur le document présentant le budget du ministère des Armées dans le cadre projet de loi de finances 2020.

Dans le cyberespace, la réalité est en fait une guerre, certes silencieuse, mais qui ne dit pas son nom avec un très net renforcement des menaces dans le cyberespace, qui se matérialise par des attaques informatiques toujours plus sophistiquées. Résultat, la France a dû se doter d'une doctrine militaire de lutte informatique offensive, se réservant ainsi le droit de répondre à toute cyber-opération constitutive d'une violation du droit international dont elle serait victime. Car la maîtrise de cet espace revêt plus que jamais un caractère stratégique.

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Commentaires
a écrit le 07/10/2019 à 12:32 :
Message à l'attention personnelle de Monsieur Michel CABIROL

Bonjour,

Je vous félicite pour la qualité de votre article sur l'inauguration du premier bâtiment du COMCYBER à Rennes par Madame Florence PARLY, Ministre des Armées.

Vous le savez, ce premier bâtiment porte le nom glorieux de mon grand père, le Commandant Roger BAUDOUIN que Madame la Ministre des Armées a inauguré, notamment, par la stèle qui porte l'inscription,en lettre d'or :

Commandant Roger BAUDOUIN
Membres de Forces Aériennes Françaises Libres
Mort pour la France
1896 - 1944
Bâtiment inauguré par madame Florence PARLY,
ministre des Armées, le 3 octobre 2019

Pour sa mémoire et afin de rester fidèle à l'esprit qui anime Madame la Ministre, je vous suggère d'indiquer, dans votre article, le nom glorieux de Commandant Roger BAUDOUIN.

C'est ainsi que le nommait le Général de GAULLE lorsqu'il en parlait bien des années après la mort de mon grand père.

Au nom de notre famille, je vous remercie de bien vouloir ajouter le nom du Commandant Roger BAUDOUIN dans votre article sur internet si cela vous est encore possible.

Je reste joignable au 06 80 95 87 11

Très courtoisement,

Stéphane BAUDOUIN
Petit fils du Commandant Roger BAUDOUIN
a écrit le 03/10/2019 à 14:26 :
Il y a 15 ans ce centre aurait certainement était basé à Grenoble qui avait historiquement davantage de spécialistes et d entreprises dans ce secteur (avec Toulouse). La munipalité écolo anti militariste n 'a pas du encourager les décideurs à venir s' installer au bord de l Isère.
a écrit le 03/10/2019 à 13:12 :
Ce que l'on peut reprocher, c'est que la cyberdéfense peut se retourner contre sa population sans que personne ne s'en aperçoive!
a écrit le 03/10/2019 à 13:06 :
... n'a absolument as les moyens de ses "ambitions", d'autant plus que celles-ci sont très mal placées et totalement inutiles. Vu l'importance pour le moins illusoire de la france sur la scène internationale, investir autant d'argent dans l'armée, les services de "renseignements" et les troupes de "maintien de l'ordre" (autrement dit : de protection du pouvoir en place) ne profite qu'aux certains "petits copains" des "responsables" en place, présents dans ce secteur, et absolument pas à la population française. Par contre, ce qui serait beaucoup plus utile, voire même indispensable, à la population française, serait de lui donner accès à des soins de santé de qualité (et pas à des déserts médicaux et à des hôpitaux de brousse), à un enseignement de qualité (et pas à un enseignement pour et par des ignares), à un véritable secteur culturel... Ce sont ces trois points qui font la véritable grandeur d'un pays. Transformer la france en une sorte de machine de guerre destinée à devenir exécuteur des basses oeuvres de grandes puissances n'a rien de glorieux. Et pour un pays qui, dès aujourd'hui, a une dette abyssale totalement insoutenable, ce genre de dépenses est amoral et crétin.
a écrit le 03/10/2019 à 10:32 :
... qui augmente sans cesse, même de manière déguisée, le budget de l'armée, un pays qui consacre plus de moyens à l'armée et aux milices de maintien de l'ordre qu'à l'éducation, la santé ou la culture est en pays fini ! Un pays en perdition qui n'a aucun avenir. Certes, le niveau économique,intellectuel et industriel de la france confirmait déjà le fait que la france est un pays en voie de sous-développement, mais la politique macronienne qui prône la france en marche... arrière, le renforce chaque jour. La france moyenâgeuse creuse chaque jour davantage son recul. Cap sur l'âge des cavernes ! Mais c'est une bonne nouvelle finalement. Personne n'a besoin de la france et d'un "made in france" aux "qualités" (?) pour le moins douteuses. Et cela laisse le champs libre aux pays civilisés et développés pour continuer à progresser et de se construire un avenir.
Réponse de le 03/10/2019 à 10:53 :
@ un pays.
Dire des choses comme cela. Mais vous n'y pensez
pas ? Vous allez etre vilipende, voire crucifie.
Pire, signale......
Réponse de le 03/10/2019 à 12:52 :
Ce qui compte est ce que l'on fait pas forcément ce que l'on dit. En défense comme en diplomatie il n'est pas forcément utile de tout publier, la cyber défense est indispensable il suffit d'observer les attaques contre des serveurs ou centres informatique. Dire le contraire est un non sens. Par ailleurs notre intérêt peut être aussi d'avoir nos propres outils de protection et tendre à réduire notre dépendance à des outils extérieurs avec les portes dérobées pour nous nuire. Au niveau de notre armée nous avons eu des outils performants tels les exocets il suffit de relire un peu ce qui s'est déroulé dans le passé. C'est aussi pourquoi il n'est pas du tout négatif que nos pays voisins choisissent du matériel non francais.
Réponse de le 03/10/2019 à 13:32 :
Donc vous dites que la Chine et les USA sont des pays finis? On voit bien là l'aberration de votre raisonnement. Réfléchissez un peu mieux et revenez avec une autre théorie un peu plus réaliste...
a écrit le 03/10/2019 à 8:45 :
Rassembler 400 cybercombattants dans un même lieu , quelle excellent idée n'est-il pas ?

Stupide OUI c'est comme si on réunissait ensemble dans un même lieu le président, le premier ministre, le président de l'assemblée nationale et du sénat , ha oui ça aussi c'est déjà fait aussi.



Bon ne reste plus qu'a diffuser l'adresse du lieu dans les pages jaunes et creer un compte google business pour l'activité

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