L'armée japonaise d'autodéfense peut intervenir en dehors du Japon

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Pékin et Tokyo se disputent notamment la souveraineté de territoires inhabités en mer de Chine orientale, les îles Senkaku, contrôlées par le Japon mais revendiquées par la Chine sous l'appellation Diaoyu.
Pékin et Tokyo se disputent notamment la souveraineté de territoires inhabités en mer de Chine orientale, les îles Senkaku, contrôlées par le Japon mais revendiquées par la Chine sous l'appellation Diaoyu. (Crédits : DR)
Le Sénat a approuvé samedi matin la réforme permettant aux forces armées autodéfense d'intervenir en dehors du Japon.

C'est une véritable révolution au Japon et surtout un changement fondamentale de doctrine militaire. La réforme, qui permet à l'armée nipponne de combattre en dehors de l'archipel pour la première fois depuis 1945, a été définitivement adoptée samedi. Le Premier ministre Shinzo Abe estime que ce changement, le plus important pour le Japon depuis la création de son armée en 1954, est vital pour répondre aux enjeux du XXIe siècle tels que la montée en puissance de la Chine. Le texte, qui avait déjà été approuvé par la Chambre des représentants, la chambre basse du Parlement, a été approuvé par le Sénat samedi matin malgré les efforts de l'opposition qui a cherché à bloquer le vote, notamment en déposant, sans succès, une motion de censure.

"C'est une législation nécessaire pour protéger la vie des gens et leur existence en paix et afin de prévenir la guerre, a expliqué Shinzo Abe à la presse. Nous voulons poursuivre notre diplomatie de paix tout en prenant toutes les mesures nécessaires" de préparation à un conflit".

Une partie des Japonais sont opposés à cette réforme. Toute la semaine, plusieurs milliers de manifestants se sont rassemblés aux abords du Parlement pour réclamer l'abandon du texte. Les manifestations se sont poursuivies aux premières heures de samedi. "Même si la constitution est révisée, personne ne pense au Japon pour intervenir à l'étranger dans le but de faire usage de la force", a déclaré cette semaine à Reuters l'ancien ministre de la Défense, Itsunori Onodera. Scène exceptionnelle aussi dans un Parlement japonais à l'atmosphère habituellement feutrée, des sénateurs en étaient venus aux mains jeudi.

Tensions en Mer de Chine

Les États-Unis approuvent ce changement de doctrine mais la Chine a appelé Tokyo à agir prudemment dans les domaines militaire et de la sécurité. Dans un contexte de tensions croissantes en Mer de Chine, le ministère de la Défense japonais a déposé début septembre pour la quatrième année de suite une demande de budget record pour l'exercice d'avril 2016 à mars 2017, dans le but d'élargir encore ses moyens dans une région où la Chine est considérée comme une menace. Pékin et Tokyo se disputent notamment la souveraineté de territoires inhabités en mer de Chine orientale, les îles Senkaku, contrôlées par le Japon mais revendiquées par la Chine sous l'appellation Diaoyu.

Le ministère japonais souhaite une enveloppe initiale de 5.090 milliards de yens (près de 38 milliards d'euros), soit une hausse de 2,2% sur un an justifiée par la nécessité de davantage protéger les îles nippones éloignées du territoire principal de l'archipel, notamment celles du sud-ouest, à proximité de Taïwan.

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Commentaires
a écrit le 23/09/2015 à 4:32 :
ça pue, ils nous repréparent une guerre mondiale ??

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