La DGAC se réconcilie avec l'ONERA

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L'ONERA va piloter trois études liées aux turbulences (tourbillons de sillage), au crash et, enfin, aux effets de la foudre.
L'ONERA va piloter trois études liées aux turbulences (tourbillons de sillage), au crash et, enfin, aux effets de la foudre. (Crédits : Onera)
La direction générale de l'aviation civile a confié au centre de recherche aérospatiale et de défense trois études sur la sécurité aérienne pour un montant de 7 millions d'euros.

Après une période de défiance vis-à-vis de l'ONERA révélée par le rapport de la Cour des comptes, c'est aujourd'hui le temps de la réconciliation entre la direction générale de l'aviation civile (DGAC) et le centre français de recherche aérospatiale et de défense. Sous l'impulsion du CORAC (Comité pour la Recherche Aéronautique Civile), la DGAC a notifié à l'ONERA trois programmes de recherche portant sur la sécurité aérienne pour un montant de 7 millions d'euros sur cinq ans. Dans ce cadre, l'ONERA va piloter trois études liées aux turbulences (tourbillons de sillage), au crash et, enfin, aux effets de la foudre.

Ces trois nouvelles études, qui s'ajoutent à une précédente consacrée au givrage en 2012, "témoignent du renforcement du soutien à l'ONERA de l'ensemble des acteurs, et de fait, du rôle central que la DGAC souhaite voir jouer par le centre français de recherche aérospatiale sur ces thématiques d'intérêt général pour la communauté aéronautique". Le centre de recherche mettra à profit son expertise multidisciplinaire en expérimentation, modélisation et simulation grâce à ses moyens d'essais et codes de calculs ad hoc.

"L'objectif commun de ces trois programmes de recherche est d'améliorer la connaissance des phénomènes physiques mis en jeu, de constituer des bases de données d'essais afin de créer puis valider des modèles susceptibles de les représenter", a expliqué l'ONERA dans un communiqué publié mardi.

Renouveau de l'ONERA avec l'arrivée de Bruno Sainjon

L'arrivée de Bruno Sainjon à la tête de l'ONERA a remis sur orbite le centre de recherche aérospatiale et de défense, qui s'était progressivement assoupi ces dernières années. D'où la défiance de la DGAC. Selon la Cour des comptes, "les causes sont multiples : réduction du budget de la DGAC, volonté de la DGAC de cibler son soutien et d'encadrer l'utilisation de sa subvention afin d'éviter une contrariété potentielle aux règles du commerce international et du droit de la concurrence, perte de pertinence de l'ONERA aux yeux de la DGAC et dégradation des relations".

La DGAC a estimé, selon la Cour des Comptes, que le centre de recherche "ne s'est pas adapté aux évolutions profondes du secteur de l'aéronautique civile depuis les années 1980, notamment l'émergence de nouveaux sujets structurants : gestion de l'énergie, avionique, cockpit et navigation, nouveaux procédés de production". Enfin, elle a "regretté la faible participation de l'ONERA aux programmes européens et aux initiatives locales".

Bruno Sainjon a fait pourtant part dans sa réponse à la Cour des Comptes des succès remportés récemment par l'ONERA dans le cadre de trois appels d'offres lancés au titre du programme européen Cleansky 2 pour un montant de plus de 30 millions d'euros étalés sur huit ans. Tout comme il a rappelé l'implication de l'ONERA "beaucoup plus affirmée" dans le CORAC.

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Commentaires
a écrit le 16/09/2015 à 10:27 :
Dans cette période où les politiciens disent tout et son contraire, et font n'importe quoi ; dans ce brouillard, la cour des comptes est un phare qui pointe les insuffisances, les redondances, les énormités des organismes publics ! Autant de pistes d'économie et d'optimisation à explorer mais largement méprisées par les politicards, qui préfèrent naviguer à vue. Combien de centres de recherche de pointe, comme l'Onera, sont sous-exploités alors qu'ils constituent un pilier indispensable de l'innovation technologique et du développement industriel de notre pays ?

Dans l'article : "(...) volonté de la DGAC de cibler son soutien et d'encadrer l'utilisation de sa subvention afin d'éviter une contrariété potentielle aux règles du commerce international et du droit de la concurrence(...)" Entre organismes publics ?

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