Lancement de satellites : le leader, c'est qui ? C'est Arianespace

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Arianespace prévoit jusqu'à 12 lancements depuis le CSG en 2019
Arianespace prévoit jusqu'à 12 lancements depuis le CSG en 2019 (Crédits : CHRISTIAN HARTMANN)
Selon le PDG d'Arianespace, Stéphane Israël, la société de services de lancement européenne a réaffirmé "de façon incontestable" son "leadership sur le segment géostationnaire".

Année après année (à l'exception de 2014), Arianespace réaffirme son leadership en matière de lancements de satellites commerciaux. 2018 n'a pas dérogé à la bonne habitude prise par la société de services de lancement européenne. L'an dernier, Arianespace a effectué 11 lancements (6 Ariane 5, 3 Soyuz et 2 Vega) depuis le Centre spatial guyanais. Ces lancements réalisés pour 13 clients, dont cinq au profit d'institutions européennes, ont permis de mettre en orbite 21 satellites (dont 13 satellites commerciaux) pour près de 57 tonnes de charge utile, et d'atteindre un chiffre d'affaires de 1,4 milliard d'euros. Notamment Ariane 5 a effectué quatre lancements doubles vers l'orbite géostationnaire sur les six réalisés en 2018.

"Nous en avons envoyé huit (satellites géostationnaires, ndlr), cela représente la moitié des satellites géostationnaires commerciaux qui ont été mis en orbite l'an dernier", a fait observer le PDG d'Arianespace, Stéphane Israël.  "L'an dernier, il y a eu de façon incontestable, la réaffirmation de notre leadership sur le segment géostationnaire", a-t-il précisé.

Une très bonne année commerciale en 2018

Sur le plan commercial, Arianespace a signé 18 contrats en 2018, dont le premier contrat commercial pour Ariane 64 dans le cadre d'un accord multi-lancements portant sur cinq satellites avec Eutelsat et le premier vol Vega SSMS. Côté institutionnel, le CNES et la DGA ont signé pour le satellite d'observation CSO-3 un lancement à bord d'une Ariane 62. Cela représente au total 15 clients différents afin de mettre en orbite 26 nouveaux satellites (de neuf kg à plus de six tonnes). C'est l'équivalent de deux Ariane 5, deux Ariane 64, une Ariane 62, trois Vega et/ou Vega C (dont le vol de démonstration du service de lancement multiple de petits satellites SSMS), ainsi que deux premières opportunités pour le vol SSMS 2 sur Vega et deux nanosatellites du CNES (ANGELS et EyeSat), qui embarqueront sur Soyuz en 2019. En outre, le satellite Taranis, signé également avec le CNES en 2012, volera sur Vega en 2020.

Dans le contexte d'un marché des satellites de télécoms géostationnaires très resserré, Arianespace a réaffirmé son leadership sur ce segment, avec le gain de huit satellites supplémentaires (cinq Eutelsat, deux ISRO, un B-SAT), portant à 28 les satellites GEO dans son carnet de commandes et devançant nettement ses concurrents en termes de part de marché, notamment SpaceX qui s'est focalisé sur les missions institutionnelles. Vega confirme également ses succès dans le domaine de l'observation de la Terre, avec trois satellites supplémentaires gagnés. La commercialisation du vol de démonstration du service de lancement multiple de petits satellites (SSMS) a entraîné la signature d'accords commerciaux avec sept clients pour un lancement en 2019.

Début 2019, le carnet de commandes d'Arianespace atteignait 4,2 milliards d'euros. Soit l'équivalent de 54 lancements : 70% commerciaux, 30% institutionnels en valeur ; 40% pour des missions géostationnaires (GEO) et 60% pour des missions non GEO ; et, enfin, 68% pour les télécoms, 24% pour l'observation de la Terre, 4% pour la navigation et 4% pour la science et la technologie. Cela représente 18 Ariane (13 Ariane 5, trois Ariane 62 et deux Ariane 64), 26 Soyuz et 10 Vega/Vega C.

Jusqu'à 12 lancements en 2019

Arianespace prévoit jusqu'à 12 lancements depuis le CSG en 2019, dont deux missions institutionnelles. Dans le détail, la société compte jusqu'à cinq Ariane 5, toutes en lancements doubles vers l'orbite de transfert géostationnaire, dont la première prévu le 5  février 2019 pour les clients Arabsat, Hellas Sat et "King Abdulaziz City for Science and Technology" d'une part et l'ISRO, l'agence spatiale indienne, d'autre part. Elle vise jusqu'à trois Soyuz avec notamment le premier lancement de la constellation OneWeb le 19 février, qui ouvrira la voie à de prochains lancements depuis Baïkonour à partir du dernier trimestre 2019. Le lanceur russe lancera également une cinquième mission pour la constellation O3b (SES), la mission COSMO-SkyMed/CHEOPS pour l'agence spatiale et le Ministère de la Défense italiens et l'ESA.

Enfin, Vega effectuera jusqu'à quatre lancements Vega : la mission PRISMA pour l'agence spatiale italienne (ASI), les deux Falcon Eye pour les Emirats Arabes Unis et le vol de démonstration du service de lancement de petits satellites (SSMS) de Vega, un programme lancé par l'ESA en 2016 avec la contribution de la Commission européenne. Ce vol a pour objectif de répondre aux besoins institutionnels et commerciaux du nouveau marché prometteur des micro-satellites. Le vol de qualification de Vega C est prévu à partir de la fin de l'année. Aux côtés de l'ESA, maître d'ouvrage du programme Vega C, et d'Avio, maître d'œuvre du lanceur, Arianespace prépare activement le premier lancement de Vega C qui, grâce à une augmentation de sa capacité d'emport (masse et volume utiles), pourra accomplir une variété encore plus importante de missions (des nanosatellites aux gros satellites optiques et radars).

D'ores et déjà trois campagnes de lancements sont actuellement en cours au Centre spatial guyanais avec les trois lanceurs d'Arianespace. La cadence soutenue du dernier trimestre 2018 se poursuit avec quatre lancements visés dès le premier trimestre 2019. Un programme ambitieux à la portée d'Arianespace.

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a écrit le 10/01/2019 à 20:38 :
Peut on parler de leadership quand les contrats commerciaux "gagnés" par Arianespace sont à forte perte pour s'aligner sur les prix de la concurrence ?
Réponse de le 11/01/2019 à 17:48 :
Oui, Arianespace a tué ses marges pour palier aux retards pris dans la R&D, les développements et la modernisation.
Cela fait des années que nous faisions sous-traiter des lancements alors même que le carnet de commande débordait !
Même problème pour Airbus qui a commencer à accélérer ses chaines de productions depuis peu.
Le nombre de ventes réalisées chaque année impacte sur les bénéfices, et donc la capacité à réinvestir.
Et les délais peuvent impacter sur le choix de certains clients.
Ce qui est fait et vendu, n'est plus à faire, point barre.
Peu importe si une crise arrive demain, il faudra s'adapter.
Et on peut d'autant mieux s'adapter si on possède déjà une longueur d'avance sur la concurrence.
Nous sommes plutôt à résorber la longueur de retard !
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Arianespace vient d'annoncer 180 M€ pour moderniser Kourou, notamment pour pouvoir accélérer les lancements.
Mieux vaut tard que jamais !
Ariane-6 aurait aussi du être déclenché plus tôt, même avec le freinage de l'Allemagne
a écrit le 10/01/2019 à 13:28 :
Apparemment le figaro pense que c'est la société privée SpaceX... http://www.lefigaro.fr/societes/2019/01/09/20005-20190109ARTFIG00346-arianespace-a-contre-l-americain-spacex-en-2018.php
Réponse de le 10/01/2019 à 16:19 :
Le Figaro défend les lobbys des grandes entreprises.
Pour que ceux-ci obtiennent des programmes, des achats, des aides, des concessions, il est utile de toujours rabâcher qu'il est plus facile d'entreprendre ailleurs qu'en France, et que nos grandes entreprises françaises ne sont pas les meilleures.
Tout est souvent insidieusement distillé dans les nuances, et il faut bien connaître les contextes économiques de la France et de ses partenaires, et les intérêts des industriels ici ou là, pour entrevoir la vérité.
Mais le Figaro peut aussi avoir raison sur ce sujet, parce que Space-X a une ascension fulgurante (je n'ai pas lu l'article).
Il faut toujours prendre les affirmations et études de tous nos médias avec un certain recul et un regard critique, afin d'essayer de ne pas se laisser berner.
Le Figaro, Le Monde ou Libération n’ont jamais la même interprétation, même lorsqu’i s’agit de données chiffrées incontestables. Chacun y ajoutera son « oui mais » ou « non mais », ou invoquera le passé, ou telle comparaison, pour justifier au final son analyse différenciée de celles des médias concurrents, et parfois clairement adversaires lors de campagnes électorales.
Réponse de le 10/01/2019 à 20:14 :
Et je lis souvent les articles du Figaro, avec intérêt, mais aussi avec une certaine méfiance, idem avec le Monde, Libération, La Tribune et autres médias.
On n'est pas obligé de gober tout ce qui nous est servi !
Pour certain sujet, la vérité peut émerger d'un mix tiré de deux analyses contradictoires. A chacun de faire le tri en fonction de sa sensibilité et de ses connaissances.
........
D'après l'Usine Nouvelle en 2018 :
"Arianespace fait la course en tête sur le marché commercial des lancements de satellites"
......
Thales Alenia Space construira le satellite FLEX de l'ESA pour observer la végétation... et le climat
https://www.usinenouvelle.com/article/thales-alenia-space-construira-le-satellite-flex-de-l-esa-pour-observer-la-vegetation-et-le-climat.N790849
Réponse de le 12/01/2019 à 8:57 :
Le Figaro, le monde, liberation etc... ne sont en aucun cas des journaux fiables concernant les news.
La presse etrangere est de loin meilleure et plus objective.

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