
Le site de Lorient de Naval Group et ses 2.200 salariés respirent un peu plus. La Direction générale de l'armement (DGA) a notifié lundi à Naval Group et Thales la commande de deux frégates de défense et d'intervention (FDI), l'Amiral Louzeau et l'Amiral Castex, qui seront livrées en 2025. "Sans cette commande, Naval Group aurait dû adapter son effectif", explique le cabinet de Florence Parly. La construction d'une FDI mobilise 1.200 personnes à temps plein chez Naval Group et au sein de toute la chaîne de fournisseurs. Le schéma initial prévoyait des livraisons étalées tous les 18 mois. En outre, l'avancement d'un an de la commande de l'Amiral Castex permet de répondre plus rapidement au besoin opérationnel de la Marine de disposer de frégates modernes de premier rang.
"J'ai le plaisir de vous annoncer que nous allons accélérer la livraison des FDI n°2 et 3, les frégates Amiral Louzeau et Amiral Castex, annoncé lundi la ministre des Armées Florence Parly. Si nous accélérons leur livraison, c'est parce que nous avons conscience des menaces qui grandissent en mer. Nous disposerons de trois frégates d'intervention avec un an d'avance sur l'échéance initiale" (...) "Cette accélération des commandes est en effet un effort particulièrement significatif en faveur de notre défense, en faveur de nos territoires et en faveur de l'emploi".
Ces deux nouvelles frégates viennent s'ajouter à l'Amiral Ronarc'h, première FDI commandée en avril 2017 par la DGA à Naval Group et Thales dont la découpe de la première tôle a eu lieu en octobre 2019, et qui sera livrée à la Marine nationale en 2024. MBDA, en charge des installations de tir des missiles embarqués, est associé à ces commandes. Complémentaires des FREMM, les FDI intègrent de nombreuses innovations, parmi lesquelles le premier radar à panneaux fixes entièrement numérique au monde développé et conçu par Thales. Cinq FDI seront en service à l'horizon 2030, permettant à la Marine nationale d'atteindre le format de quinze frégates de premier rang, conforme à l'objectif de la loi de programmation militaire 2019-2025 : huit frégates multi-missions dites FREMM, deux frégates de défense aérienne et cinq frégates de défense et d'intervention..
Lorient : un plan de charge en danger après 2022
"Le plan de charge du site de Lorient est assuré et dense jusqu'en 2022. Mais structurellement, l'activité de Lorient a toujours été un équilibre entre la France et l'export", avait expliqué dans une interview accordé à La Tribune le PDG de Naval Group, Pierre Eric Pommellet. Résultat, Naval Group doit aller chercher de la charge à l'export et conquérir des marchés à l'international. "La bonne nouvelle est qu'il existe des marchés potentiels à l'export. C'est ce qui nous permettra de pérenniser et de garder notre compétitivité", avait-il précisé. Pierre Eric Pommellet peut donc déjà compter sur la commande de deux nouvelles FDI par le ministère des Armées. Il vise également le programme de guerre des mines du futur (SLAMF), dont les bâtiments pourraient être en partie réalisés à Lorient.
Pour l'heure, Naval Group doit achever la construction de deux corvettes Gowind pour les Émirats arabes unis et de la dernière frégate multimissions (Fremm). "Nous avons parfaitement en tête la crainte exprimée à Naval Group d'une baisse de son plan de charge et nous sommes en train de travailler pour voir comment éviter une perte de compétences, de savoir-faire qui serait extrêmement dommageable pour l'industrie navale française", avait affirmé la semaine dernière Florence Parly devant les sénateurs. Si la Grèce sélectionne Naval Group, une frégate FDI sera construite par Lorient. Naval Group est toujours en course dans des dossiers compliqués comme en Arabie Saoudite (Sawari 3), en Égypte (option corvettes Gowind) et aux Émirats Arabes Unis (option Gowind).
Nouveaux travaux d'études sur le porte-avions
La DGA a également notifié les travaux d'avant-projet sommaire du porte-avions de nouvelle génération (PANG) à Naval Group, Chantiers de l'Atlantique et TechnicAtome. Les deux principaux architectes et concepteurs du porte-avions de nouvelle génération, Naval Group et les chantiers de l'Atlantique se sont d'ailleurs liés par la création d'une joint-venture pour mener ce projet à bien avec plus d'intégration entre les équipes dès la phase d'avant-projet. Ces travaux, d'une durée de deux ans, permettront de consolider les hypothèses et données techniques issues de la phase d'études préliminaires. D'une durée de deux ans pour un montant de plus de 200 millions d'euros, cette étude vise à définir précisément les caractéristiques du navire qui doit entrer en service en 2038. La phase d'avant-projet sommaire impliquera plus de 300 personnes chez Naval Group, Chantiers de l'Atlantique, TechnicAtome et leurs sous-traitants. Le développement et la réalisation du PA-Ng représenteront plus de 2.000 équivalents temps plein (ETP) en France sur la durée du projet.
"Il s'agira de préciser l'architecture ainsi que les systèmes de mise en œuvre de l'aviation, de poursuivre le développement des chaufferies nucléaires, d'intensifier les travaux d'interface et de cohérence, notamment de connectivité, avec les autres bâtiments et aéronefs, qui évolueront en mer et dans les airs, a expliqué la ministre à Lorient.
La phase suivante de travaux d'études appelée "avant-projet détaillé" durera trois ans à l'issue de laquelle l'industrie remettra une offre dans la perspective du lancement de la construction du navire. En parallèle sera conduite l'instruction du rapport préliminaire de sûreté requis pour le système de propulsion nucléaire. Les travaux de construction du bâtiment débuteront en 2025, les essais à la mer en 2036 pour une admission au service actif du PANG en 2038 afin de ne pas créer de discontinuité entre la fin de vie de porte-avions Charles de Gaulle et l'arrivée de son successeur.
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