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New Space : décollage financier réussi pour la startup Exotrail

Photo de Michel Cabirol

Michel Cabirol

Publié le 06 septembre 2018 à 06:00 - Mis à jour le 13 décembre 2024 à 00:35

Exotrail David Henri propulsion spatiale

Exotrail David Henri propulsion spatiale

Exotrail

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Photo d'illustration de l'article
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Exotrail, une startup "Made in France", qui développe des propulseurs électriques pour les nano et micro-satellites (de 10 à 100 kg) lancés sur des orbites basses (de 500 à 1.500 km), a réussi à réunir 3,5 millions d'euros.

Créé en 2015, Exotrail a fait fort. Très fort même. Pour la première levée de fonds de son histoire, cette startup "Made in France", qui développe des propulseurs électriques pour les nano et micro-satellites (de 10 à 100 kg) lancés sur des orbites basses (de 500 à 1.500 km), a réussi à réunir 3,5 millions d'euros. Cette levée de fonds est, selon Exotrail, la plus élevée du New Space réalisée à ce jour en France. Des fonds qui vont permettre à cette startup installée en région parisienne (Palaiseau) et à Toulouse de livrer dès 2020 les premiers propulseurs aux clients (intégrateurs et opérateurs de constellations de petits satellites) ayant déjà manifesté leur intérêt pour ce système de propulsion. Et de faire grossir l'équipe, qui va passer de onze personnes à seize d'ici à la fin de l'année.

Les quatre co-fondateurs (Jean-Luc Maria, Paul Lascombes, David Henri et Nicolas Heitz) ont même eu le luxe de pouvoir choisir les fonds d'investissement qui ont participé à cette levée. Ainsi, le fonds 360 Capital Partners, à travers son Fonds Robolution, a mené le tour de financement accompagné d'Irdi Soridec Gestion via le fonds IRDInov 2, BPIfrance via le fonds Amorçage Ambition Angel (F3A) et de business angels. Soit 2,5 millions d'euros. Cette levée de fonds associe également la SATT Paris-Saclay qui rentre au capital par voie de conversion de créances et est complétée par des financements publics pour porter le total à 3.5 millions d'euros.

Un vrai potentiel

Exotrail semble être né sous une bonne étoile. De la matière grise agile, un temps d'avance sur le plan technologique et un marché prometteur. Un vrai potentiel qui promet, mais qui devra être confirmé en dépit de toute la flopée de prix remportés en France et en Europe. La startup francilienne propose des solutions de propulsion et d'opération qui serait beaucoup plus compétitive que celle de la concurrence. "Nous avons un produit qui est différenciant sur le marché des satellites de 10 à 100 kilos", précise à La Tribune le très jeune PDG d'Exotrail, David Henri (24 ans), diplômé de l'X. La société est en train de développer deux propulseurs : ExoMG® (pour les satellites de 10 à 20 kilos environ, et ExoMG® pour les satellites jusqu'à 10 kilos. Elle développe également des logiciels d'opération pour les satellites (segment sol), ce qui lui permet de proposer un service de lancement complet.

"Notre technologie à Effet Hall, qui est utilisée sur l'ensemble des gros satellites, est fiable et performante, explique le directeur technique d'Exotrail, Jean-Luc Maria. Grâce à de multiples innovations protégées, nous l'avons miniaturisée par un facteur 100 pour l'adapter aux petits satellites".

Cette technologie permet de disposer d'une poussée "trois à six fois plus importante que les autres technologies concurrentes", souligne David Henri. Un avantage compétitif clé qui parait être indéniable dans ce nouveau marché qui aiguise les appétits de l'américain Accion Systems, de l'autrichien Enpulsion et des français Comat et ThrustMe. "Grâce à notre technologie, et à notre poussée supérieure, nous réalisons ces manœuvres en quelques mois, voire quelques semaines, là où nos concurrents ont besoin de cinq fois plus de temps", assure toutefois David Henri. Exotrail promet ainsi une mise à poste pour un satellite de 20 kg en deux mois, là où ses rivaux sont à la traîne (huit à douze mois). Résultat, précise-t-il, "notre technologie  permet à nos clients de générer des revenus plus rapidement, dans un contexte où la durée de vie de ces satellites est de quelques années". Un argument qui devrait faire bingo chez les opérateurs...

Un marché prometteur

Le marché des petits satellites est en pleine croissance. Mais il y a débat sur l'ampleur de cette croissance. "Les progressions annoncées ne sont pas forcément confirmées pour le moment", avait expliqué à La Tribune le PDG d'ArianeGroup, Alain Charmeau. Alors qu'en 2010, moins de 30 satellites inférieurs à 500 kilos ont été lancés, plus de 300 en 2017. Certains analystes tablent sur un marché mondial de plus de 30 milliards de dollars dans les dix prochaines années. Ces constellations de petits satellites sont utilisées pour des services d'observation ou de télécoms à destination de la Terre pour de nombreux marchés : Internet des Objets (IoT), agriculture, défense, ou encore la connectivité à Internet. David Henri estime que seul un quart d'entre eux pourraient voir le jour. Dans le marché de la propulsion électrique (- de 500 kg), "500 satellites pourraient être lancés par an d'ici à cinq ans", pronostique-t-il.

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Dans son dernier rapport d'étude (Perspectives du marché des petits satellites), Euroconsult estime à environ 7.000 petits satellites (de masse inférieure à 500 kg) qui seront lancés dans les dix prochaines années. Soit six fois plus que les 1.200 petits satellites lancés lors de la décennie précédente. Plus de 80% de ces 7.000 satellites appartiennent à 50 constellations, dont deux sont qualifiées de méga en raison de leur grand nombre de satellites (plus de 1.000). Ces 7.000 petits satellites représentent une valeur de marché de 38 milliards de dollars pour la construction (22 milliards de dollars) et le lancement (16 milliards), soit cinq fois plus qu'au cours de la décennie passée.

"D'ici à 2022, 580 petits satellites seront lancés en moyenne chaque année du fait du début de déploiement des constellations. Cette moyenne annuelle est à comparer aux 190 satellites lancés par an au cours des cinq dernières années. Par la suite, la moyenne annuelle va croître à 850 satellites jusqu'en 2027 en raison du déploiement d'une des deux méga constellations", selon Maxime Puteaux, consultant Senior à Euroconsult.

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Selon cette étude, les télécoms à haut débit sont le premier usage des petits satellites avec près de 3.500 unités à lancer de 2018 à 2027 (dont 92% pour les deux méga constellations). Ensuite, l'observation de la Terre devrait presque tripler avec 1.400 satellites prévus de 2018 à 2027. Trois constellations prévoient à elles seules de lancer plus de 800 satellites au cours de cette période (dont deux utilisent des cubesats, moins de 10 kg). Enfin, le marché de l'information pour la collecte de données produites par des capteurs terrestres et la transmission de leurs données telles que l'Internet des objets ou la communication de machine à machine, est en forte croissance. Il est programmé de lancer 850 satellites pour 14 constellations dont les opérateurs lèvent actuellement des fonds ou lancent des démonstrateurs en orbite. Bref du pain béni pour Exotrail, qui ambitionne d'être le leader de ce marché et engranger un chiffre d'affaires annuel d'une dizaine de millions d'euros par an.

Michel Cabirol

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