Patrice Caine, PDG de Thales : « On peut s’amuser en faisant des maths »
Propos recueillis par Marie-Pierre Gröndahl et Nicolas Prissette
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Patrice Caine, PDG de Thales
Martin Bureau / AFP
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Patrice Caine, PDG de Thales
Martin Bureau / AFP
LA TRIBUNE DIMANCHE- Avez-vous été surpris par les résultats de la dernière étude Pisa ?
PATRICE CAINE- Malheureusement non. Il est indéniable que la situation s'est dégradée dans le domaine des connaissances en mathématiques. Au sein des grandes écoles d'ingénieurs françaises, de nombreux observateurs constatent depuis plusieurs années que le niveau des étudiants baisse dans les matières scientifiques. Les résultats de l'étude Pisa se reflètent aussi dans la vie, comme en témoignent différents indicateurs.
Lesquels ?
Le nombre de doctorants en France, entre autres. Tous domaines confondus, ce dernier a diminué de 17 % entre 2010 et 2020 alors qu'il a augmenté de 7 % aux États-Unis et de 19 % en Inde. Tous les clignotants sont au rouge. Il faut prendre le sujet à bras-le-corps.
Comment ?
En s'attaquant au problème dès le collège. Au lycée, il est déjà presque trop tard. Ce n'est pas en seconde qu'un élève apprendra à aimer les maths. Je ne suis pas enseignant. Ce n'est pas mon rôle de trancher sur les méthodes pédagogiques. Mais selon mon expérience personnelle, en tant qu'ancien étudiant comme en tant que parent, les mathématiques ne sont pas une matière rébarbative. Au contraire. En les reliant au concret, l'apprentissage devient plus facile, bien plus attractif et même ludique.
Grâce à quels outils ?
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La méthode de Singapour, souvent évoquée ces derniers jours, est fondée sur le concret. S'en tenir au champ conceptuel rend l'acquisition des notions plus aride alors qu'illustrer les fractions par les parts de tarte ou de pizza, c'est tout bête et cela fonctionne très bien. On peut vraiment s'amuser en faisant des maths ! Il devient essentiel de considérer l'apprentissage du langage informatique et du « code » au même titre que l'enseignement des langues vivantes. Initier dès leur jeune âge les élèves à la programmation, savoir parler le langage du Scratch puis celui du Python est indispensable pour mieux comprendre les nouvelles technologies comme l'IA.
Propos recueillis par Marie-Pierre Gröndahl et Nicolas Prissette