Service national universel, un projet en trois séquences ?

Le Sénat estime que le projet du service national universel pourrait être découpé en trois séquences : dans le cadre scolaire, un regroupement dans le cadre d'un tronc commun sur une période définie et, enfin, un engagement sur la base du volontariat.
Michel Cabirol

3 mn

Les scénarios reposent sur un du service national universel en trois séquences successives, estime le sénateur du Haut-Rhin Jean-Marie Bockel
Les scénarios "reposent sur un du service national universel en trois séquences successives", estime le sénateur du Haut-Rhin Jean-Marie Bockel (Crédits : Ints Kalnins)

Quels seront les contours du service national universel (SNU) ? A l'issue des auditions qu'ils ont mené sur un projet cher à Emmanuel Macron, les sénateurs - Jean-Marie Bockel (Union centriste, Haut-Rhin) et Jean-Marc Todeschini (PS, Moselle) - se sont risqués à dévoiler ce que pourrait être le futur SNU.  "Nous avons travaillé par déduction, nous n'avons aucune certitude", a ainsi expliqué Jean-Marc Todeschini. "Le projet prend progressivement forme, au travers de quelques constantes qui fondent presque tous les scénarios évoqués lors des auditions menés par le Sénat, a souligné Jean-Marie Bockel. Ces scénarios reposent sur un SNU en trois séquences successives".

"Plus personne ne comprend rien au projet de SNU ! Qui le souhaite vraiment ? Il est temps pour ce projet d'atterrir, si possible sans écraser nos armées !", a averti le président de la commission des affaires étrangères, de la défense et des forces armées, Christian Cambon (Les Républicains - Val-de-Marne)

À quelques jours de la remise, fin avril, au président de la République du rapport de la commission dirigée par le général Ménaouine sur le SNU, les sénateurs ont par ailleurs rappelé que le financement du SNU ne doit pas peser sur le budget des armées. Ainsi, ils ont indiqué que les sénateurs déposeront des amendements au projet de la loi de programmation militaire (LPM) en discussion en mai au Sénat afin d'exclure le financement du SNU de la programmation militaire 2019-2025.

Sur la base du volontariat?

Selon les deux sénateurs, une première séquence devrait s'inscrire dans le cadre scolaire. Il s'agirait de promouvoir l'enseignement de défense, prévu déjà dans la loi de 1997 sur la réforme du service national mais dont "la mise en oeuvre demeure à ce jour inégale", ont rappelé les deux sénateurs. Ce qui laisse, selon eux, des marges de progrès. Ils estiment que le soutien du monde enseignant et des familles est "en soi un défi".

La troisième séquence permettrait sur la base du volontariat aux jeunes de s'engager sur une plus longue période pour une cause collective dans le cadre de dispositifs existants ou ad hoc. Ainsi, le service civique pourrait y prendre une large part. Mais les jeunes pourraient également s'engager de type militaire ou être intégré à des dispositifs en faveur de l'insertion comme le service militaire volontaire (SMV), l'Epide (Etablissement pour l'insertion dans l'emploi) ou encore la réserve.

Quelle durée pour le tronc commun?

Le deuxième étage du SNU, la plus problématique, consisterait à brasser 800.000 jeunes environ d'une tranche d'âge de 18 à 21 ans par an dans "un tronc commun obligatoire", estiment-ils. Selon le quotidien "L'Opinion", la durée de ce regroupement pourrait durer une semaine avec un hébergement dans des internats. Les sénateurs estiment quant à eux que la durée minimum devrait être un mois. En février dernier, Emmanuel Macron avait évoqué un service avec "une partie obligatoire entre trois et six mois".

"Si la durée de cette séquence est trop courte, le dispositif ne parviendra pas à ses finalités mais si elle est trop longue, elle posera des problèmes matériels et nécessitera probablement d'indemniser les jeunes à un âge où ils peuvent être actifs ou ont des études à poursuivre".

Pour autant, l'hébergement poserait des questions juridiques. Selon Jean-Marie Bockel, le Premier ministre a indiqué avoir saisi le Conseil d'Etat sur le point de savoir s'il est nécessaire de réviser la constitution pour mettre en place le SNU". Se pose également la question de l'encadrement. "Les armées n'ont pas les moyens de l'assurer et ce n'est pas leur mission", a estimé l'ancien ministre, qui évalue le nombre d'encadrants entre 15.000 à 20.000. En tout cas, ce projet fera dans une premier temps l'objet d'une expérimentation.

Michel Cabirol

3 mn

Sujets les + lus

|

Sujets les + commentés

Commentaires 20
à écrit le 20/04/2018 à 12:32
Signaler
Utilisons le peu d'argent qu'il reste dans les caisses à améliorer le sort des vieux dans les EPHAD ou des jeunes dans les écoles. A quoi sert de demander bac + 5 pour enseigner en maternelle et en primaire? Durant le XX ème siècle, ces enseignants n...

à écrit le 20/04/2018 à 8:49
Signaler
Comme toujours en France on s'épuise à mettre la charrue avant les boeufs. Les concepts présentés, s'ils peuvent obtenir d'excellentes notes toutes théoriques, ne font pas état des moyens dont on dispose vraiment. Alors ne nous engageons pas sur de...

à écrit le 19/04/2018 à 23:02
Signaler
Est ce un moyen de lutter contre le chômage des jeunes ? Par le «  volontariat « ? Une formation a l’amont pour diminuer les dépenses de l’armée par la suite ?

à écrit le 19/04/2018 à 16:45
Signaler
Avec quelles casernes (aux normes), quel encadrement? Quel argent? Pour leur faire faire quoi? Que fera t-on aux déserteurs? Les psy classaient P4, psychologiquement fragiles donc exempts de service tous les "cas", Comment fera t-on pour éviter les ...

à écrit le 19/04/2018 à 16:30
Signaler
Ridicule ! Il fallait maintenir le service militaire d'un an... mais le système préfère des professionnels que des appelés qui pourraient refuser de tirer sur des grévistes.

le 20/04/2018 à 6:33
Signaler
Portnawak. Jamais des appelés n'ont été utilisés à faire du maintien de l'ordre, tout au plus du Vigipirate lors de la 1è guerre du Golfe en 1990 quand il s'agissait de montrer du kaki partout. De toutes façons ça fait longtemps (précisément la guerr...

à écrit le 19/04/2018 à 14:18
Signaler
Je me permets de rappeler que ce service n'a pas vocation à être géré par nos militaires (malgré la photo...) Et à mon sens il y a des administrations qui seraient plus que contente de pouvoir se servir de ce dispositif. La gestion de manifestation...

à écrit le 19/04/2018 à 13:40
Signaler
pour etre efficace dans son role de mixite sociale il faut que ce service soit consecutif et LE MEME pour tous !!!!!! avec des regles d'encadrement sans concession

à écrit le 19/04/2018 à 12:29
Signaler
"Faire et defaire" une specificite typiquement francaise. LE SN existait il fut un temps. On etait pour ou contre, peu importait, c'etait obligatoire. A chacun de se debrouiller pour trouver le meilleur plan. Cela "marchait" et un politique decida un...

le 20/04/2018 à 6:36
Signaler
Chirac a eu bien raison de liquider ce machin, d'ailleurs à la demande des armées qui avaient mieux à faire que de jouer les garde-chiourmes de la jeunesse.

à écrit le 19/04/2018 à 11:31
Signaler
Tout cela ne me semble pas très sain et plutôt digne de la mise en place d'une dictature. Où retrouvera t'on l'armée du peuple, si le peuple de France n'existe plus!

à écrit le 19/04/2018 à 10:47
Signaler
Encore quelque chose qui ne va servir à rien et qui va coûter un max !!!Les armées ne doivent pas être mises à contribution c est à l éducation nationale de s occuper de çà pendant les vacances scolaires par exemple

le 19/04/2018 à 15:08
Signaler
@ mortimer: la mission de l'éducation nationale n'est pas de faire du gardiennage ni des colonies de vacances . Il y a déjà fort à faire dans son domaine d'action. Je précise ne pas être enseignant

le 20/04/2018 à 6:39
Signaler
@azer : ce n'est pas non plus le rôle des armées qui ont franchement autre chose à faire. Ne rêvons pas, ce n'est pas 3 mois de préchi-précha de SNU qui arriveront à faire la transmission de valeurs que 15-20 ans d'éducation scolaire et familiale au...

à écrit le 19/04/2018 à 9:18
Signaler
L'armée de Terre a lancé l'an dernier plus de 1.500 procédures pour désertion, aboutissant à près de 900 cas avérés, un chiffre stable par rapport à 2016, a déclaré ce mardi son porte-parole, le colonel Benoît Brulon, confirmant partiellement des inf...

à écrit le 19/04/2018 à 8:14
Signaler
Ouais ben si ça fait comme la réforme des cartes grises et des cartes d'identité il va falloir surveiller nos gosses hein sinon on ne sait pas où on va les retrouver...

à écrit le 19/04/2018 à 7:56
Signaler
Besoin de chair à canon ? Cela ne présage rien de bon. Quelle est cette "Cause" pour laquelle les jeunes devraient s'engager ?

le 19/04/2018 à 8:28
Signaler
Une guerre moderne se gagne par les moyens technologiques, pas avec les effectifs des armées. La conscription qui consisterait à détourner des militaires de carrière pour l'encadrer serait un handicap pour la défense, pas un avantage.

le 19/04/2018 à 9:00
Signaler
Mixage(brassage) des jeunes ? A défaut de le faire à l'école (quartiers). A l'armée, on servait beaucoup d'intérimaires, personnel temporaire, mais une fois professionnalisée, l'armée est autosuffisante et organisée autrement. On avait eu, continge...

le 20/04/2018 à 6:44
Signaler
@Photo73 : le brassage que faisait l'ancien service national est un mythe. Lors de mon service national à la fin des années 80 arrivaient les premiers jeunes plus ou moins incontrôlables issus des banlieues. Que pensez-vous que les armées faisaient f...

Votre email ne sera pas affiché publiquement.
Tous les champs sont obligatoires.

-

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.