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Les Allemands toujours invités à éviter les crudités

latribune.fr

Publié le 03 juin 2011 à 10:30 - Mis à jour le 03 juin 2011 à 10:30

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La souche d'Escherichia coli (O 104 H4), en cause dans l'épidémie qui touche le nord de l'Allemagne et ceux qui y ont séjourné, est particulièrement virulente et résistante aux antibiotiques. La baisse de la consommation de crudités oblige les ministres européens de l'Agriculture à se réunir d'urgence pour aider les producteurs de légumes.

L'Allemagne n'a toujours pas identifié la source de l'épidémie provoquée par la bactérie O 104 H4, une souche très virulente d'Escherichia coli. Mais les autorités n'écartent toujours pas la possibilité qu'un type de légume consommé sous forme de crudités en soit à l'origine. Elles recommandent donc aux Allemands, au moins dans les Länder du Nord où l'épidémie se concentre, de ne manger ni concombres, ni salades, ni tomate.

Même si l'épidémie semble perdre de son intensité, l'Organisation mondiale de la santé (OMS) n'a pas hésité à souligner jeudi que cette nouvelle souche bactérienne, hautement toxique et assez rare, "n'avait jamais été observée dans une situation épidémique auparavant". Selon une porte-parole de l'OMS qui s'exprimait ce vendredi à l'occasion d'un point presse, cette souche avait "déjà été identifée dans des cas humains, mais pas dans des flambées". Or il se trouve que O 104 H4 se montre résistante à la plupart des antibiotiques.

Les ministres de l'Agriculture de l'UE réunis d'urgence, sans doute le 17 juin

Les conséquences économiques de cette épidémie seront par ailleurs au centre d'une réunion d'urgence des ministres européens de l'Agriculture. Ils devraient se retrouver, probablement le 17 juin, à Luxembourg. La Commission européenne pourrait notamment soumettre aux ministres des propositions concrètes pour venir en aide au secteur.

La bactérie mortelle, qui a déjà fait 18 morts, dont 17 en Allemagne, a eu un effet incontestable sur l'appétence des consommateurs pour les crudités. Et les producteurs espagnols de légumes sont loin d'être les seuls touchés par une brutale chute des ventes. La Commission européenne a d'ailleurs levé mercredi la mise en garde qui affectaient leurs exportations. L'Espagne n'est néanmoins pas la seule à réclamer des "dédommagements pour les préjudices provoqués". Les Pays-Bas, l'Allemagne et le Portugal espèrent aussi que Bruxelles apportera un soutien - direct ou indirect - à leurs maraîchers.

Mardi, le Commissaire en charge de l'Agriculture et du Développement rural, Dacian Ciolos, avait convenu que les moyens d'aide au secteur étaient "limités", notamment du fait que le marché des fruits et légumes est en partie géré par les producteurs eux-mêmes, regroupés au sein d'organisations.
"La plupart des mesures économiques de gestion de marché sont concentrées dans ces organisations de producteurs", avait-il notamment relevé.

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Toutefois, les budgets alloués par les Etats aux organisations de producteurs permettent de couvrir le prix du retrait du marché de certains produits dans de telles situations de crise, dans certaines limites, avait indiqué le commissaire. Et des aides d'Etat peuvent être débloquées "dans certaines limites" également en faveur des producteurs non regroupés dans des organisations.

Dacian Colios avait également souligné le fait qu'une clause de la Politique agricole commune permettait déjà de débloquer un appui financier aux producteurs dans le cas de crises graves telles que des séismes ou des inondation. Et que les services juridiques de la Commission européenne examinaient la possibilité d'y recourir dans le cadre de la crise actuelle.

"Que nos partenaires européens déterminent la source de cette saleté" exige Poutine

Plusieurs pays ont d'ores et déjà annoncé qu'ils ne souhaitaient plus autoriser sur leur territoire la vente de légumes produits dans l'Union Européenne. La Russie, rejointe ce vendredi par le Liban. Une décision immédiatement critiquée par Bruxelles. "Tout embargo complet sur les légumes européens est disproportionné", a ainsi déclaré à l'AFP, Frédéric Vincent, porte-parole de la Commission en charge des questions de santé.

De son côté, le représentant de l'Union européenne en Russie, Fernando Valenzuela, a estimé que l'interdiction russe d'importer des légumes frais de l'UE allait à l'encontre des règles de l'Organisation mondiale du commerce à laquelle Moscou veut adhérer cette année. "La Russie veut et je l'espère, va rejoindre l' OMC dans un futur proche. L'un des aspects de l'entrée dans l' OMC est une série de règles concernant les mesures sanitaires et phytosanitaires, et l'interdiction décidée par les autorités sanitaires de Russie ne respecte pas ces règles. C'est un peu surprenant de prendre des mesures qui vont dans la direction opposée" a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse à Moscou.

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La réaction du gouvernement russe n'a pas tardé : "Je vérifie le bien-fondé de la décision (d'interdire l'importation de légumes de l'Union européenne) prise par les services sanitaires, mais nous attendons des informations de nos collègues de la Commission européenne", a déclaré Vladimir Poutine. et le premier ministre russe de conclure : "Les représentants de la Commission européenne nous disent que cette décision de la Russie est contraire aux principes de l'Organisation mondiale du commerce (...) mais des gens meurent là-bas (en Europe) car ils consomment ces produits, et nous n'allons pas empoisonner nos gens au nom de quelconques principes. Nous attendons que nos partenaires européens déterminent la source de cette saleté.

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