En Lorraine et en Bourgogne, on accuse le coup

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Deux agriculteurs témoignent de leur expérience depuis le début de la sécheresse.

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Marc Lefebvre, éleveur et céréalier à Naives-en-Blois, en Lorraine : « La sécheresse est pire qu'en 2003. »

Pour Marc Lefebvre, éleveur de vaches à viande dans la Meuse, la vague de chaleur qui a précédé la pluie du mois de juillet est comparable à l'aridité qu'avaient subie les agriculteurs français en 1976. Cette sécheresse printanière, moins spectaculaire auprès du grand public que la canicule de 2003, est pourtant plus sérieuse pour l'éleveur : sa production fourragère en a été amputée de plus de 60 %. Résultat : pas de récolte de foin pour l'hiver prochain et des bêtes mises à la vente par anticipation (début juillet au lieu d'octobre).

Une « double peine », selon l'agriculteur qui a vendu son bétail plus jeune - donc plus léger - aux alentours de 800 euros, soit un manque à gagner de 150 euros par veau par rapport à ceux vendus au même âge en période normale. Engraissées quatre ou cinq mois de plus, ces bêtes se seraient négociées à 1.300 euros. Et à ce coup dur, s'ajoute un coûteux hiver à venir pour l'éleveur qui sera dans l'obligation d'utiliser une partie de sa propre production céréalière, mais aussi d'acheter à d'autres producteurs le foin qu'il n'a pu engranger cette année. Pour lui, qui n'a pas souscrit d'assurance, l'impact se fera sentir sur les deux prochaines années.
A. MA.

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Alfred de la Chapelle, agriculteur et céréalier en Bourgogne : « Les marchés à terme ne règlent pas tout. »

Agriculteur céréalier à Savigny-sur-Grosne, en Saône-et-Loire, Alfred de la Chapelle est en pleine récolte de moutarde. Mais ce sont surtout ses 110 hectares de blé qui lui auront posé problème cette année. Les rendements devraient être de 6 tonnes par hectare, contre 7 tonnes par hectare d'ordinaire. L'agriculteur avait prudemment vendu à terme, au coeur de l'hiver et donc au plus haut, un tiers de sa récolte de blé, avant de racheter sa position lorsque les marchés ont brusquement baissé. « Le problème, c'est qu'il faudrait surveiller les marchés tout le temps, c'est impossible ! Les fluctuations sont vraiment trop rapides et trop violentes », assure le céréalier qui juge que les marchés à terme ne lui auront pas été d'un grand secours cette année. Il prévoit donc de vendre son blé à la minoterie d'à côté, même s'il attendra pour cela que les prix remontent. « Ce n'est pas possible que le blé reste à ce prix, il y a de vraies tensions au niveau mondial », avance-t-il, tout en regrettant de meilleurs temps, avant 1992, lorsque les prix étaient garantis. « Au moins il y avait moins d'incertitudes. Maintenant, les prix peuvent être plus élevés, mais les fluctuations sont trop rapides. » .
Aline Robert

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