Comment des start-ups nous mijotent des insectes

Mangez des insectes, conseille la FAO dans ses derniers rapports. Chiche, répondent une poignée de jeunes entrepreneurs français qui se sont lancés dans l'aventure.

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Cédric Auriol, fondateur de Micronutris, fabricant toulousain de biscuits et chocolats à base de poudre d'insectes. / DR
Cédric Auriol, fondateur de Micronutris, fabricant toulousain de biscuits et chocolats à base de poudre d'insectes. / DR (Crédits : Reuters)

Cédric Auriol, le fondateur de Micronutris, à Toulouse, raconte que c'est après avoir lu les préconisations de la FAO qu'il a réuni, en 2011, un docteur en biologie, un entomologiste et un ingénieur agronome.

« Pendant six mois, nous nous sommes posé des questions sur la stratégie à suivre, explique-t-il. Et nous avons décidé de proposer des produits élaborés à partir d'insectes et destinés au grand public. »

L'entreprise a commencé à produire mi-2012 des grillons et des vers de farine. En 2013, elle a créé plusieurs produits contenant de la poudre d'insectes, comme des biscuits et des chocolats. Elle les vend, ainsi que des sachets d'insectes séchés, notamment via son site Internet.

« L'accueil est très bon, assure le dirigeant. Je pensais qu'il serait difficile de casser la barrière psychologique. Mais les consommateurs semblent avoir compris, dans leur inconscient, tout l'intérêt de manger des insectes. Les chocolats, par exemple, fabriqués par un artisan, se vendent très vite. »

L'entreprise, qui réalise 100.000 euros de chiffre d'affaires annuel, vise les « 10 millions d'euros dans quatre ans, principalement en France », indique Cédric Auriol, qui espère réussir une levée de fonds de 1 à 1,5 million d'euros cette année.

Les Français seraient donc prêts à sauter le pas ?

Pas si vite : de toute façon, la consommation d'insectes est interdite en France !

« En 2010, tout juste diplômé de l'Iseg, j'ai voulu lancer un restaurant entomophage à Paris, raconte Rémi Lantieri Jullien, cofondateur de Khepri. Mais je me suis aperçu que c'était illégal. »

La commercialisation, même gratuite, d'insectes pour l'alimentation animale et humaine est interdite par le règlement européen novel food. En pratique, les autorités entretiennent un certain flou dans l'application de cette règle. Mais les trois fondateurs de Khepri ont préféré s'intéresser à l'élevage d'insectes dans les pays en développement.

« Nous avons choisi le grillon, l'insecte le plus consommé en Asie du Sud-Est et qui se reproduit bien, indique Rémi Lantieri Jullien. Notre business model repose sur des partenariats avec des ONG et des populations locales. »

Au Laos, Khepri s'est associé à Handicap International, qui finance des cages destinées à l'élevage, tandis que la PME fournit les souches de grillons puis achète la production, revendue ensuite sur les marchés régionaux.

Dans un second temps, la start-up envisage aussi de transformer les insectes en séparant la chair, riche en protéines, et les carapaces contenant de la chitine, un matériau très prisé dans les industries pharmaceutiques ou cosmétiques.

« Nous espérons devenir le plus gros producteur d'insectes comestibles dans l'année à venir », précise le dirigeant, qui vise 1 million d'euros de chiffre d'affaires dans trois ans.

ynsect

Redonner des insectes à manger aux poules et aux poissons

Soucieuse aussi de respecter la loi, une autre start-up, Ynsect, s'intéresse à la production d'insectes pour l'alimentation animale, en particulier des poissons ou des volailles.

« Donner un insecte à une truite ou à une poule, c'est la nature, explique Alexis Angot, un de ses cofondateurs. C'est donc la voie que nous avons choisie. Mais il ne sera jamais moins cher de remplacer de la farine de soja par de la farine d'insectes. Il nous faut donc démontrer que notre produit apporte une valeur ajoutée supplémentaire en matière de digestibilité, par exemple, ou de réduction de la mortalité. »

La jeune pousse, lauréate de nombreux prix et du concours mondial d'innovation organisé à la suite du rapport de la commission Innovation 2030, présidée par Anne Lauvergeon, en est au stade du pilote, les premières productions étant réservées aux tests. En 2016 ou 2017, elle devrait avoir établi un démonstrateur qui lui servira de vitrine.

« Ensuite, les business models peuvent être différents, avec l'octroi de licences ou bien le développement d'unités de production en propre. »

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Commentaires 9
à écrit le 27/04/2014 à 13:09
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Rien de nouveau..Fauchon il y a plus de trente ans proposait du chocolat au fourmis...

à écrit le 26/04/2014 à 14:04
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De toute façon le lobby de l'agroalimentaire est trop important en France pour commercialiser des insectes dont l'élevage apporterait autant de protéines que les élevages traditionnels tout en nécessitant moins de terres arables. Quant aux réactions ...

le 26/04/2014 à 21:32
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bien ! on vous laisse donc, vous régaler !

le 27/04/2014 à 1:53
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@Michel: je crois que tu as pas bien compris: les industriels sont prêts à fabriquer n'importe quoi le moins cher possible. Par conséquent, s'il n'y a plus d'élevages du tout, mais uniquement une matière première pas chère, ils vont se précipiter des...

le 27/04/2014 à 9:10
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ce ne serait pas étonnant +1

le 27/04/2014 à 15:19
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Toujours des excuses pour masquer son ignorance et son orgueil mal placé concernant la consommation d'insectes... Les insectes ne se fabriquent pas mais se cuisinent comme n'importe quelle autre espèce animale cependant il faut disposer d'une culture...

le 29/04/2014 à 11:30
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Michel , tu as pris des habitudes alimentaires de part ta culture , tu l'ecris .....et tu portes un jugement sur celle des autres . Chacun appréciera la qualité de cette analyse .Pour ma part culturellement je mange ce qui se mange en France , ce que...

à écrit le 26/04/2014 à 10:12
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nous descendons bien reptiliens

à écrit le 26/04/2014 à 9:19
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OUAIS! pour cette sorte de douceurs là, ils pourront se les garder , perso !

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