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Limagrain réussit son OPA sur Vilmorin et va sortir le semencier de la Bourse

latribune.fr

Publié le 19 juillet 2023 à 07:39 - Mis à jour le 19 juillet 2023 à 07:39

Suite à cette OPA, Limagrain a dépassé les seuils de 90% des droits de vote et du capital nécessaires pour retirer Vilmorin de la cote.

Suite à cette OPA, Limagrain a dépassé les seuils de 90% des droits de vote et du capital nécessaires pour retirer Vilmorin de la cote.

ReutersBouchet/Limagrain

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L'offre publique d'achat simplifiée lancée sur le quatrième semencier mondial Vilmorin par son actionnaire majoritaire Limagrain a été couronnée de succès. Cela ouvre la voie à son retrait de la cote parisienne, souhaité par la coopérative agricole afin de pouvoir investir plus librement dans l'activité de semence.

Lancée fin avril, l'offre publique d'achat (OPA) de la coopérative agricole Limagrain sur le quatrième semencier mondial Vilmorin, dont elle était déjà actionnaire majoritaire, s'est terminée avec « succès ».

« À la clôture de l'offre publique d'achat simplifiée, le groupe Limagrain détient donc 21.932.953 actions Vilmorin & Cie représentant 37.580.435 droits de vote, soit 95,70% du capital et au moins 97,17% des droits de vote de cette société »,a indiqué l'Autorité des marchés financiers (AMF) ce mardi.

À l'issue de la clôture de l'OPA lundi, Limagrain a acquis quelque 4,2 millions d'actions « au prix de 62,60 euros », précise l'AMF. « Ce prix valorise Vilmorin & Cie à 1,43 milliard d'euros pour 100% du capital », avait indiqué Limagrain lors de l'annonce de l'OPA.

Départ de la Bourse pour mieux investir

Cette OPA « vise à permettre à Limagrain de retrouver une plus grande liberté dans ses choix stratégiques, notamment en ce qui concerne ses activités semences », avait indiqué le groupe dans un communiqué. Pour cela, Limagrain va retirer le titre Vilmorin de la Bourse. La coopérative agricole, détenue par 1.300 agriculteurs du centre de la France et compte plus de 9.000 salariés, est dans la capacité de le faire puisqu'elle a désormais dépassé les seuils de 90% des droits de vote et du capital nécessaires pour retirer Vilmorin de la cote.

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Le semencier auvergnat Limagrain veut sortir sa filiale Vilmorin de la Bourse

« Le métier de semencier, avec ses cycles de sélection, s'inscrit dans un temps long qui ne correspond pas nécessairement au rythme des marchés boursiers : dans un marché très concurrentiel et un environnement macroéconomique incertain, le développement de Vilmorin & Cie exige des investissements significatifs qui seront plus aisément décidés et menés à bien en tant que société non cotée »,expliquait ainsi Limagrain.

La demande sera « formulée prochainement (...) auprès de l'AMF », a précisé dans un communiqué Vilmorin, et « libellé aux mêmes conditions financières que (l'OPA), soit 62,60 euros par action ». La suspension de la cotation de Vilmorin « est maintenue dans l'attente de la mise en œuvre du retrait obligatoire », a précisé mardi l'AMF.

Une cotation qui n'avait « plus de sens »

Si « la Bourse est un formidable outil quand on veut lever des fonds », Vilmorin n'était plus « un produit boursier intéressant sur le long terme », avait avancé début juin devant la presse le président de Limagrain Sébastien Vidal.

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« Il y a peu de mouvement, on avait un cours assez bas, cela n'avait plus vraiment de sens d'avoir cette cotation »,avait-il ajouté, estimant que« la parole devait rester aux paysans pour tout ce qui concernait la ligne stratégique ».

« Le succès » de cette OPA, « initiée par notre actionnaire de référence Limagrain, vient conclure trente ans d'une aventure boursière riche et singulière pour Vilmorin & Cie », s'est en tout cas félicité son directeur général délégué Franck Berger. Vilmorin avait annoncé fin avril un chiffre d'affaires de 1,4 milliard sur les neuf premiers mois de son exercice décalé 2022-23, en hausse de +20,9% comparé à la même période un an plus tôt.

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Cap sur les blés du futur

Limagrain entend continuer à s'agrandir avec en ligne de mire l'adaptation de la production au changement climatique. Ses chercheurs travaillent actuellement sur des croisements de variétés de blés pour obtenir celui qui résistera aux maladies et ravageurs, sera robuste face au manque d'eau et conservera ses qualités gustatives et nutritionnelles. Quelque 400 croisements sont réalisés chaque année. Le processus de sélection met « dix ans pour arriver au sacre du champion », d'après l'entreprise.

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L'enjeu est important pour Limagrain, présent sur tous les maillons de la filière blé, de la production de semences jusqu'à la fabrication du pain (usines Jacquet). En 2022, le groupe - qui a enregistré un chiffre d'affaires de 2,1 milliards d'euros - a réinvesti 275 millions dans la recherche et multiplie les partenariats avec des centres de recherche et instituts, dont l'Inrae en France, Embrapa au Brésil ou la Banque de gènes du Ghana.

« Cette recherche est inscrite dans notre histoire »,indiquait en mai le président du groupe Sébastien Vidal, agriculteur en Limagne.« Ici on est coincés entre deux chaînes de montagnes, loin des ports céréaliers. Sortir nos grains coûtait plus cher alors on a misé sur la création de valeur ».

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Pour évaluer les différents systèmes d'exploitation (selon les rotations de culture, le travail du sol, l'apport en eau, engrais...) face au changement climatique, Limagrain a lancé « la matrice » : 49 hectares où vont être testées pendant douze ans des grandes cultures. Parmi elles, dix variétés d'un blé qui aura « grandi dans le sud » et que le groupe espère voir demain « adapté au nord ».

(Avec AFP)

latribune.fr

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