Loué et l'ukrainien MHP en lice pour reprendre une partie du volailler Doux

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Confrontée à une forte concurrence des opérateurs brésiliens, à une parité euro/dollar défavorable et à la hausse des droits de douane en Arabie Saoudite (l'un de ses principaux marchés), Doux multiplie les revers.
Confrontée à une forte concurrence des opérateurs brésiliens, à une parité euro/dollar défavorable et à la hausse des droits de douane en Arabie Saoudite (l'un de ses principaux marchés), Doux multiplie les revers. (Crédits : Stephane Mahe)
LDC, le propriétaire des Poulets de Loué, a détaillé ce jeudi son offre de reprise partielle sur le groupe Doux en très grande difficulté. Cette offre, intégrée dans un consortium composé des principaux acteurs français de la filière avicole, permettrait de sauver 920 emplois. LDC fait ainsi face à l'offre (revue) de l'agro-industriel ukrainien MHP.

Ce n'est pas une, mais deux propositions de reprise du volailler Doux que le tribunal de commerce de Versailles a enregistré in-extremis, dans la nuit de mercredi à jeudi. Après l'offre de l'ukrainien MHP - jugée inacceptable par Bercy -, c'est celle du groupe sarthois LDC, connu pour sa marque Poulets de Loué, qui a été présentée ce jeudi.

Malgré sa reprise en mars 2016 par le deuxième groupe coopératif français Terrena, Doux continue de pâtir de son manque de compétitivité à l'international. Début mars, son l'actionnaire principal avait fait savoir à l'AFP qu'il ne pourrait pas soutenir "éternellement" le volailler breton, qui générerait des pertes de l'ordre de "35 à 36 millions par an". Ce dernier doit demander la semaine prochaine sa liquidation judiciaire.

Lire aussi : Groupe Doux : Terrena ne pourra pas soutenir "éternellement" le volailler breton

LDC, au sein d'un consortium, propose de reprendre plus de 900 salariés

Ce jeudi, la coopérative Terrena et le ministère de l'Agriculture ont indiqué que cette offre de reprise (inespérée) s'inscrira dans les "offres concertées" d'un consortium qui permettrait de sauver 920 emplois. Ce consortium est composé des principaux acteurs français de la filière avicole - LDC et Terrena, qui avait repris Doux ainsi que du premier client de Doux, le groupe saoudien Al-Munajem et de la société Les Volailles de Plouray.

Pour l'instant, le groupe sarthois propose de reprendre à son compte 298 salariés sur les 1.187 actuellement, et promet 203 offres de "reclassement de proximité" dans son projet de reprise. Ce plan prévoit un investissement de 60 millions d'euros, auquel s'ajouterait la construction d'un nouveau site industriel d'abattage et de découpe de volailles à Chateaulin (Finistère) pour un investissement industriel de 55 millions d'euros.

L'usine de Plouray, spécialisée dans l'abattage de la poule et de la dinde, ainsi que 68 de ses salariés seraient repris par la société Les Volailles de Plouray.

Le groupe Al Munajem, principal client client de Doux, reprendrait quant à lui "l'exploitation de l'abattoir de Châteaulin redimensionné à ses besoins pour le marché du grand export sur l'Arabie Saoudite principalement", une offre qui prévoit "la reprise de 347 salariés".

Le groupe saoudien reprendrait également la marque Doux dans la péninsule Arabique, ainsi que 20 salariés du siège de Châteaulin.

MHP lève le doute sur le poulet "low-cost"

Sur sa route, le leader français du marché des dindes et poulets rencontrera l'agro-industriel ukrainien MHP. Ce dernier a déposé "une offre engageantequi promet  d'investir 76 millions d'euros dans la construction d'une nouvelle usine à Chateaulin, dans le Finistère "d'ici deux ans" et dans "la mise à niveau" d'autres installations.

La stratégie du groupe ukrainien "permettrait la sauvegarde immédiate d'environ 285 postes auxquels s'ajouteraient environ 430 postes au démarrage de la nouvelle unité de production à Chateaulin", indique un communiqué. Les employés de l'usine de Châteaulin qui ne seront pas repris dans l'immédiat, bénéficieraient alors "d'une priorité à l'embauche".

"Il s'agit d'un changement complet de stratégie", a précisé une porte-parole du groupe, en "abandonnant la production de certains produits congelés destinés à l'export, remplacés par des produits frais pour le marché français" a-t-elle ajouté.

Car, en effet, depuis l'arrivée de MHP dans le dossier, piloté par Bercy, certains élus ont fait part de leurs craintes de voir l'ukrainien racheter la marque "pour faire du poulet low-cost en Ukraine", tout en bénéficiant de l'aura de la marque Doux au Moyen-Orient.

(Avec AFP et Reuters)

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