L'Etat s'impose au Comité de stratégie industrielle de Renault

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(Crédits : © 2009 Thomson Reuters)
Selon le ministre de l'Industrie, Christian Estrosi, c'est une des décisions prises samedi lors d'un entretien à l'Elysée entre le président Nicolas Sarkozy et le P-DG de Renault, Carlos Ghosn, avec l'implantation en France d'une partie de la production de la future Clio 4.

L'Etat actionnaire de Renault participera désormais à un comité chargé de définir la stratégie industrielle du constructeur automobile français, a déclaré dimanche à Reuters le ministre de l'Industrie. C'est une des décisions prises samedi lors d'un entretien à l'Elysée entre le président Nicolas Sarkozy et le P-DG de Renault, Carlos Ghosn, avec l'implantation en France d'une partie de la production de la future Clio 4, a précisé Christian Estrosi en marge des voeux de l'UMP, dans sa ville de Nice.
 

Le ministre de l'Industrie, qui avait brandi jeudi la menace d'une hausse de la participation de l'Etat (aujourd'hui de 15%) dans le capital de Renault, a ajouté qu'une telle augmentation n'était pas d'actualité "pour le moment".
Nicolas Sarkozy "a été très ferme" et a dit "clairement" à Carlos Ghosn que l'Etat, qui détient deux sièges au conseil d'administration, entendait "partager la stratégie industrielle" du groupe, a-t-il cependant précisé.
"Nous avons décidé que l'Etat actionnaire participerait désormais à un comité stratégique pour la future politique industrielle de Renault", a dit le ministre de l'Industrie.
Le secrétaire général de l'Elysée, Claude Guéant, a précisé sur Europe 1 que Carlos Ghosn avait lui-même proposé qu'un représentant de l'Etat siège à ce comité stratégique afin, par exemple, que les décisions impliquant des délocalisations soient portées très en amont à la connaissance de l'Etat actionnaire.
Selon Christian Estrosi, la participation à ce comité ne nécessite pas un changement des représentants de l'Etat au conseil d'administration.
Mais "le président de la république a laissé entendre qu'il y aurait un renouvellement des représentants prochainement et qu'à ce moment-là on regarderait", a-t-il ajouté.
GUEANT "APAISE"
Le président de Renault s'est engagé, lors de la réunion de samedi à l'Elysée, à ce que le constructeur produise une partie de la future Clio 4 dans son usine de Flins, près de Paris.
Nicolas Sarkozy et le gouvernement souhaitaient de Renault la garantie que la nouvelle Clio ne serait pas entièrement fabriquée à l'étranger, en particulier à Bursa, en Turquie. "Ce que nous avons arrêté c'est que le volume de Clio destinées à être livrées en France serait produit à Flins", a précisé Christian Estrosi.
Dans une interview au Parisien, le P-DG de Renault déclare pour sa part que "des capacités seront dédiées à la Clio 4", à côté de la future voiture électrique Zoé, à laquelle le site de Flins sera "essentiellement" consacré.
 

La commercialisation de la Clio 4 ne doit commencer qu'en 2013, alors que la production de la Zoé débutera en 2012. "Nous envisageons d'avoir des volumes de production de Clio à Flins qui ne soient pas très loin des volumes de ventes de Clio en France", ajoute le P-DG de Renault. "La décision prise nous donne tous les apaisements", a déclaré Claude Guéant sur Europe 1. "Renault a fait la totalité du chemin que nous lui demandions."
 

Selon Carlos Ghosn, il n'a pas été question lors de la réunion de l'Elysée d'une éventuelle augmentation de la participation de l'Etat au capital de Renault. "Est-ce que je peux vous dire que dans six mois, dans un an, dans un an et demi, s'il ne va pas y avoir une évolution de l'actionnariat ?" a déclaré dimanche le ministre de l'Industrie. "Aujourd'hui, à la sortie de la réunion d'hier, ce n'est pas le débat. Ça n'est pas d'actualité pour le moment."
Plus généralement, le gouvernement souhaite organiser le secteur automobile français en filière, a par ailleurs dit le ministre, qui estime que ce n'est pas le cas aujourd'hui. Un groupe de travail, dont les travaux commenceront selon lui la semaine prochaine, s'attellera à cette question, avec notamment pour objectif d'"arrêter les délocalisations" et de défendre l'emploi chez les fournisseurs français, a-t-il ajouté.

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a écrit le 18/01/2010 à 18:50 :
Qui croit ce qui est sorti de la réunion de samedi, ce sera partiellement respecté jusqu'en 2012, après, il faut ètre un grand naif pour avoir confiance au tandem Calos Ghosn-Sarko
a écrit le 18/01/2010 à 12:23 :
tout va bien gueant est apaisé
a écrit le 18/01/2010 à 11:31 :
depuis des annees les delocalisations se font. en 196745% des voitures vendues en france etaient fafriquees à l'etranger en 1948? 50% en 1949 57% renault aurait pu continuer ses delocalisations sans claironner aue dans 3 ou 4 ans il produira des clio en turquie.pourquoi tout d'un coup tout ce titamarre?renault a t'il saisi l'occassion d'elections prochaines afin d'obtenir certains avantages en echange de l'occasion donnee à sarkozy de se presenter en sauveur de l'emploi en françe? et en plus il semble bien que renault ait obtenu certains avantages et su'ul n'a pas promis grand chose d'autant plus que en 3 ou 4 ans il peut se produire pas mal de choses, qui rendront caduques toutes les promesses qui auront pu etre faites.
a écrit le 17/01/2010 à 20:56 :
Traduction politiquement incorrecte : Flins produira 1 clio par an pour respecter son engagement. Il faudrait expliquer aux français que Renault, après avoir été renflouée grâce aux contribuables, a aujourd'hui une holding aux Pays-Bas où les plus-values de cession pourront être défiscalisées.

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