PSA envisage de délocaliser son haut de gamme en Chine

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La remplaçante de la Citroën C6 devrait être produite dans l'ex-empire du Milieu et non plus à Rennes. Le groupe s'inspire de Renault en Corée.

La grande limousine Citroën C6 sera-t-elle le dernier haut de gamme « made in France » ? Sans doute. PSA songe en effet sérieusement à délocaliser en Chine la production de sa remplaçante, d'après des sources internes. Fabriquée à Rennes, en Bretagne, à un millier d'exemplaires l'an dernier à peine, la C6 pâtit d'une diffusion confidentielle. Il s'en fabrique en moyenne 220 fois moins que de Mercedes E ! Les ventes de C6 sont quasiment concentrées sur les « notables » et la haute administration en France. Ses cadences n'ont jamais frisé les 20.000 exemplaires prévus annuellement. La grande Citroën n'atteint ce chiffre... qu'au cumul sur quatre ans ! Un programme, dès lors, largement déficitaire. La grande Peugeot, la 607, s'éteint, elle, doucement cet automne après dix ans de production. Seuls 900 exemplaires ont été fabriqués à Rennes en 2009.

Le futur haut de gamme de Citroën sera d'ailleurs largement développé par le China Tech Center (centre technique) du groupe à Shanghai, qui doit plus que doubler ses effectifs à un millier de personnes d'ici à 2012-2013. C'est lui qui a déjà dessiné le concept Citroën Metropolis, esquisse d'une limousine franco-chinoise qui tient la vedette au pavillon français de l'Exposition universelle de Shanghaï. La production est envisagée à Wuhan. Une limousine Peugeot pourrait aussi être lancée.

En fait, la délocalisation vers l'Asie est une condition sine qua non. Faute d'une fabrication et d'un débouché en Chine, il est probable que la C6 n'aurait pas eu de descendance... En Europe, les marques tricolores ont, en effet, peu d'avenir dans les berlines de haut de gamme, les constructeurs allemands verrouillant presque complètement le segment. Normal, puisque l'Allemagne est le principal marché du haut de gamme sur le Vieux Continent. Seuls le suédois Volvo et, dans une moindre mesure, Jaguar ou Lexus Toyota s'immiscent dans la lutte.

« Le segment des voitures de gamme moyenne supérieure et du haut de gamme représente 25 % du marché chinois aujourd'hui. Et il sera à 28 % en 2020. Les véhicules de luxe resteront autour de 2 % à 3 %. C'est énorme », explique Jean-Marc Galès, directeur des marques de PSA. Premier marché mondial pour l'automobile, la Chine le devient en particulier pour les grosses voitures. Au premier semestre, les ventes de berlines et 4×4 haut de gamme produits localement ont bondi des deux-tiers.

Amateurs de grandes berlines

Dès lors, PSA tient le même raisonnement que Renault en Corée. Puisqu'un vaste marché existe en Asie, autant fabriquer ces grands modèles pour les débouchés locaux et en exporter un reliquat vers l'Europe de l'Ouest. Renault va ainsi lancer sa Latitude, une grosse Renault Samsung SM5 produite dans l'usine de Busan. Il y fabriquera même, dès la mi-2011, une version encore plus huppée qui sera exportée vers la Chine ou la Russie, mais a priori pas vers l'Hexagone !

D'ailleurs, PSA tiendra compte de plus en plus des desiderata du marché chinois, amateur notamment de grandes berlines spacieuses. « Les futures remplaçantes des Citroën C5 et Peugeot 508 pourraient être plus grandes, pour satisfaire les Chinois », reconnaît Jean-Marc Galès.

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