Au salon auto de Detroit, l'Amérique est de retour, mais l'Allemagne domine

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Au salon de Detroit, les "Big Three" retrouvent des couleurs. Mais les constructeurs d'outre-Rhin étalent leur opulence et leur dynamisme. Leurs stands impressionnent par leurs dimensions, leurs nouveautés, la foule qui s'y presse.

Au salon de Detroit, qui a ouvert ses portes lundi aux professionnels, "America is back". Mais, surtout, "Deutschland über alles". Les stands des constructeurs américains ont certes retrouvé des couleurs et sont nettement moins sinistres qu'en 2009 et 2010. Les grands "shows" d'avant la crise ne sont plus de mise. L'heure est plutôt à la sobriété. Mais, il y a quand même de vraies nouveautés, comme la limousine Chrysler 300, la petite berline Buick Verano chez GM ou le Ford Vertrek qui illustre sous la forme d'un concept le futur 4x4 compact qui arrivera en 2012 des deux côtés de l'Atlantique.

Toutefois, ce qui frappe le visiteur en ce début 2011, c'est la... force de frappe des constructeurs germaniques. Volkswagen dévoile ainsi bruyamment la Passat américaine, une familiale typiquement dessinée pour le marché américain. Ce véhicule, qui sera fabriqué dans la toute nouvelle usine de Chattanooga (Tennessee) avec un lancement commercial au cours du semestre, marque le grand retour industriel de Volkswagen aux Etats-Unis. Le groupe de Wolfsburg n'a d'ailleurs pas lésiné sur les moyens pour l'annoncer. Il a réquisitionné tout simplement la caserne des pompiers de Detroit, en face du salon, là où naguère trônait Chrysler. Signe des temps ! 50.000 à 60.000 Passat américaines sont prévues cette année et 150.000 à terme. Volkswagen cible clairement les grandes berlines nippones Toyota Camry et Honda Accord.

Chez Audi, on fait encore mieux. La marque présente ici sa toute nouvelle berline de haut de gamme A6, en première mondiale. Un choix étonnant, quand on sait que l'A6 est surtout destinée à l'Europe et à la Chine. Une façon pour la marque de luxe de Volkswagen de prouver son intérêt pour les Etats-Unis, où elle veut doubler ses ventes à 200.000 unités dans les années à venir. Chez BMW, trône le prestigieux cabriolet 6 qui apparaît pour la première fois à un salon. Mercedes montre pour sa part une berline-coupé quatre portes à hautes performances, la CLS AMG ultra-sportive, puisqu'elle développe 525 chevaux ! Rien de moins.

Vastes stands, nouveautés importantes, omniprésence des dirigeants des groupes, conférences de presse suivies par une foule de journalistes, les marque d'outre-Rhin tiennent incontestablement la vedette à Detroit. Alors même quelle totalisent moins de 8% du marché américain. C'est même dans les stands Volkswagen, Audi ou Mercedes que les visiteurs vont se restaurer, avec une profusion de victuailles que l'on ne trouve guère chez GM et Ford, où il n'y a quasiment rien à manger. Ce qui est rare aux Etats-Unis ! Bref, l'industrie allemande étale dans la capitale de l'automobile américaine son dynamisme, son opulence, sa volonté de puissance.

Signe des temps : les Japonais, en revanche, font grise mine. Un peu comme s'ils ne voulaient pas trop se faire remarquer. Nissan n'a pas de stand. Chez Toyota, tout est morne et triste. On sent que l'ambiance n'y est pas. Honda passe aussi presque inaperçu. Rien non plus de vraiment attractif chez les coréens Hyundai et Kia. Vraiment, à Detroit, l'Allemagne mène le jeu !

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Commentaires
a écrit le 20/01/2011 à 7:38 :
Si l'industrie automobile allemande a pu se développer comme elle l'a fait c'est d'une part grâce aux marché interne européen, d'autre part parce-que les Allemands sont plus portés sur les voitures que les Français qui eux attachent plus d'importance à l'alimentation. Donc l'industrie automobile allemande avait l'avantage d'une clientèle déjà acquise. Il faut ajouter à cela le fait que les Allemands ne croient qu'en eux même quand il s'agit de qualité. Le chauvinisme faisant le reste.
La réputation, non toujours méritée du « Made in Germany » savamment entretenue Outre-Rhin y est pour quelque chose aussi, les Allemands étant le peuple le plus crédule d'Europe.
Dans ce cas un avantage pour eux, bien souvent par contre un grand défaut.

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