Lagarde et Besson mettent la pression sur Ghosn et Renault

Après la vraie fausse affaire d'espionnage chez Renault, la ministre de l'Economie et le ministre de l'Industrie ont reçu le PDG du groupe. Ils veulent suivre de près les projets du groupe et les suites de ce scandale qui a entraîné un spectaculaire mea culpa de la direction à l'égard des trois cadres accusés à tort.
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Après la vraie fausse affaire d'espionnage chez Renault, le PDG Carlos Ghosn qui a refusé la démission de son directeur général délégué Patrick Pélata et a adressé ses excuses aux trois cadres accusés à tort, reste sous le feu des critiques voire des appels à quitter son poste.

Tel n'est pas le propos du gouvernement. Mais l'Etat étant un des grands actionnaires de Renault, il entend suivre de près le dossier. Bercy indique ainsi ce jeudi dans un communiqué que "dans le cadre des entretiens semestriels avec les dirigeants d'entreprises dans lesquelles l'Etat détient une participation, Christine Lagarde, ministre de l'Economie, des Finances et de l'Industrie et Eric Besson, ministre chargé de l'Industrie, ont reçu le 17 mars 2011 Carlos Ghosn, Président Directeur général de Renault.

Dans le contexte des événements dramatiques intervenus au Japon, qui ont affecté Nissan, partenaire de Renault, les Ministres ont tout d'abord tenu, par l'intermédiaire de Carlos GHOSN, à assurer les collaborateurs de Renault et de Nissan de leur plein soutien dans cette période particulièrement difficile.

La réunion avait pour objet l'examen de la stratégie du groupe Renault dont l'Etat est le premier actionnaire. Le Président Directeur Général de Renault a partagé avec les Ministres les objectifs ambitieux pour l'entreprise à moyen terme. Les Ministres ont insisté sur l'impact direct de la stratégie de Renault sur la production et sur l'emploi en France, pour le groupe comme pour la filière des fournisseurs automobiles. L'amélioration sensible observée en 2010 dans la filière automobile doit, en effet, encore être confirmée. Ils ont pris acte des prévisions du groupe qui prévoit d'augmenter significativement la production de véhicules en France (637 000 véhicules produits en 2010).

Les Ministres ont, à ce titre, rappelé leurs attentes fortes quant aux retombées des investissements de l'entreprise en faveur du véhicule électrique et de ses composants, dans un contexte où l'Etat a consenti d'importants efforts pour soutenir le développement du véhicule électrique et hybride (bonus de 5000 €, soutiens de R&D...). Sur l'activité batteries directement connexe, les Ministres ont rappelé leur souhait de voir développer un projet ambitieux sur le site de Flins et un programme de recherche sur les batteries de nouvelle génération en lien avec le CEA. Ils ont également fait part de leur vigilance quant au traitement au sein de l'entreprise des questions de ressources humaines (emploi, climat social, diversité).

 Les Ministres ont évoqué avec Carlos Ghosn les suites qui sont apportées au dossier d'escroquerie présumée. Ce problème a été examiné par un premier conseil d'administration le 14 mars dernier. Le commissaire aux participations de l'Etat a rappelé qu'à la demande de l'Etat et du conseil d'administration un audit approfondi était diligenté sous la responsabilité du comité d'audit pour identifier l'origine des dysfonctionnements récemment observés au sein de l'entreprise. Il convient que cet audit apporte des éléments précis à courte échéance pour identifier les erreurs ou fautes éventuelles dans le processus de décision et de gestion de ce dossier. Les Ministres ont souligné qu'ils veilleraient à ce que les conséquences en soient tirées tant en termes de réformes d'organisation qu'en termes de responsabilités individuelles, et ceci au vu des résultats de l'audit."

Autant dire que le gouvernement met la pression sur le PDG, considéré pourtant comme indéboulonnable en raison du soutien dont il bénéficie de la part de Nissan, l'autre constructeur automobile qu'il dirige également et qu'il a contribué à redresser de façon spectaculaire, assurant ainsi de copieux bénéfices pour l'actionnaire Renault mais confortant aussi sa propre indépendance.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


Contacts presse :
Cabinet de Christine LAGARDE -Jean-Marc PLANTADE : 01 53 18 41 35
Presse internationale : Bruno SILVESTRE - 01 53 18 41 35
Cabinet d'Eric BESSON - Nicolas BOUDOT / Clotilde LARROSE : 01 53 18 45 13
 

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