Le Trésor américain toujours actionnaire de General Motors
Jérôme Marin, à New York
Jérôme Marin, à New York
Le 17 novembre 2010, c'est l'événement à Wall Street. Seize mois après son dépôt de bilan, sa nationalisation forcée et sa sortie de la cote, General Motors fait son retour sur le New York Stock Exchange. Une étape importante pour le géant de Detroit, qui régna en maître sur l'automobile mondiale pendant 77 ans. Ce symbole du capitalisme américain peut alors se débarrasser de son surnom de "Government Motors", vécu au sein du groupe comme une véritable humiliation.
Cette volonté d'indépendance avait presque tourné à l'obsession. "Nous voulons que l'État sorte, point final", déclarait à l'époque son ancien PDG, Ed Whitacre. Mais elle a aussi tourné court : si le Trésor américain est bien repassé sous la barre des 50% du capital à l'occasion du retour en Bourse, passant de 61% à 43% du capital, puis maintenant à 27%, il reste toujours actionnaire du constructeur - sans toutefois jouer un rôle. S'y ajoutent les 9% du capital toujours détenus par le gouvernement canadien et par la province de l'Ontario.
Car à Wall Street, l'euphorie du retour s'est rapidement dissipée. Introduite à 33 dollars et montée à près 40 dollars en janvier, l'action GM s'échangeait mercredi tout juste au-dessus des 27 dollars. Pas de quoi inciter l'administration américaine, qui a injecté 50 milliards de dollars dans le groupe lors de son dépôt de bilan, à vendre de nouvelles actions. Pour rentrer dans ses frais, le Trésor doit en effet vendre le reste de sa participation à un cours moyen estimé à 53 dollars. Soit près du double du cours actuel !
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"Nous allons faire preuve de patience avec notre participation dans GM, confiait fin 2011 un responsable du Trésor. Nous devons trouver le juste équilibre avec notre volonté de s'en séparer parce que le gouvernement ne devrait pas détenir des actions de sociétés privées". L'été dernier, l'administration avait ainsi décidé de repousser une nouvelle vente d'actions, sans préciser un nouveau calendrier. Le résultat des élections de novembre pourrait modifier cette donne, notamment parce que certains républicains souhaitent sortir au plus du capital du groupe. Quitte à perdre plusieurs milliards de dollars.
Jérôme Marin, à New York
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