Ford Focus : un mini-moteur dans une berline compacte et ça marche !

Cette rivale des Volkswagen Golf ou autres Peugeot 308 se voit dotée d'une minuscule mécanique tricylindre. On s'attendait au pire. Et bien, non, l'agrément est au rendez-vous ! Mais, quid de la longévité ?
Copyright Ford
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Un minuscule moteur à essence trois cylindres dans une berline compacte ? Ford a osé, le premier. Et... nous nous attendions au pire. A tort. Car ce mini-moteur révolutionnaire de toute petite cylindrée (999 centimètres cubes), fabriqué à la fois en Allemagne en Roumanie, est a priori une réussite.

Rien à voir avec les autres bi ou tricylindres lancés récemment sur le marché, rugueux, désagréables, bruyants. Non, si on ne le sait pas, il est impossible de deviner ici qu'il s'agit d'un trois cylindres. Tant il est vif, souple, plutôt doux, même au démarrage, et somme toute assez discret. Incroyable ! En ville, sur route et autoroute, la vivacité de la mécanique est exceptionnelle. Juste note-t-on vers 4 à 5.000 tours un sifflement un peu aigu. Mais à peine.

A l'aise partout

A l'aise, jamais débordé par les événements, ce moteur « microscopique » fait preuve d'une bonne santé remarquable. Ah, évidemment, en côte, dans les fortes relances, il avoue ses limites ! Et il ne fait pas de la Focus une super montagnarde. Mais, franchement, dans la plupart des cas, il s'acquitte parfaitement de sa tâche. Avec un « Stop and start » (arrêt et redémarrage automatiques au feu rouge) discret.

Bravo aux ingénieurs du constructeur américain, qui avait pourtant l'habitude, traditionnellement, de travailler davantage sur des V6 ou V8 pour les marchés d'outre-Atlantique ! Cette mécanique conçue en Europe est disponible en deux versions (100 et 125 chevaux). Nous disposions de la plus puissante pour ce galop d'essai. Et les 125 bourrins sont bien là ! Mais, malheureusement, avec... des rejets de 114 grammes de C02 au kilomètre, on ne jouit d'aucun bonus. Et, au chapitre du C02, le diesel vient rappeler qu'il est encore le meilleur ! Un 1,6 diesel Ford de 110 chevaux (produit avec PSA) n'émet que 109 grammes. Mais il coûte presque 2.000 euros de plus !

Quid de la longévité ?

Vrai problème de ce moteur : quid de la fiabilité et surtout de la longévité d'une mécanique aussi sollicitée sur une caisse qui pèse 1,3 tonne ? Ford affirme avoir mené 720.000 kilomètres d'essais, dont 360.000 en roulage d'endurance. Est-ce suffisant ? Seuls les premiers utilisateurs - vous avez dit cobayes ? - pourront le dire...

En tous cas, Ford mise gros sur ce moteur, dont il prévoit de produire 700.000 unités annuelles en Europe. Après la Focus, ce moteur équipera le monospace compact C-Max, encore plus lourd !

Lignes un peu bling-bling

Pour le reste, la voiture, lancée l'année dernière, ne change pas. Depuis quelques années, Ford veut que ses voitures ne passent pas inaperçu. Du coup, leur style est volontairement outré, un rien provocateur. Ceux qui approuvent les jugent originales et bien démarquées par rapport à leurs rivales.

Les détracteurs, eux, trouvent le « Kinetic Design » clinquant, m'as-tu-vu. Chacun ses goûts. En tous cas, cette berline de conception anglo-allemande permet aux Américains de goûter à la compacte moderne, puisqu'elle est fabriquée à la fois outre-Rhin et... outre-Atlantique.

Intérieur noir « sport tech »

L'intérieur est à l'image de l'extérieur. Au moins, c'est cohérent. On y trouve des formes très travaillées - torturées ? - avec notamment une console centrale saillante, un peu intrusive. Les nombreuses fonctions sont assez intuitives et faciles à régler. Mais pas l'ordinateur de bord, beaucoup moins aisé de manipulation que chez Peugeot, Citroën ou Volkswagen. Il y a aussi trop de boutons au volant. Il manque également l'affichage de la vitesse en chiffres et en grand devant les yeux, comme chez nombre de rivaux.

En revanche, la position de conduite est excellente, avec des réglages de grande amplitude pour la colonne de direction. Les sièges sont bien dessinés, les ajustements corrects puisqu'on n'entend pas de crissements de mobilier intérieur. Mais certains matériaux « plastocs », avec des inserts gris brillant et noir « piano », font un peu toc.

Quant à l'ambiance, elle se veut « sportive » et « high tech ». Elle est surtout... funèbre. Tout est noirâtre avec des touches gris foncé. Ford a supprimé les finitions Ghia, qui apportaient naguère des sièges en velours et des teintes chaudes. Place donc au « sport tech », dixit le constructeur. En revanche, dès la version Trend, l'équipement est très correct.

Rétrovision mauvaise

L'habitabilité ne bat aucun record. Les passagers arrière n'ont pas énormément de place, avec une garde au toit très moyenne et une accessibilité médiocre. C'est acceptable, quoique en régression par rapport à l'ancien modèle. Mais la visibilité n'est pas terrible. Rançon de ces lignes plongeantes avec une ligne de caisse qui remonte fortement vers l'arrière, la rétrovision de trois-quarts est mauvaise, comme sur bien des véhicules actuels. Et la lunette arrière n'est pas très grande. Une Renault Mégane ne fait guère mieux. Mais ce n'est pas une raison... Une mode détestable pour la sécurité.

Comportement routier super

Si le style peut choquer, le comportement routier, lui, recueillera l'unanimité. Ford a appris ces dernières années à concocter des châssis efficaces. C'est quasiment aussi bien que sur une française, pourtant réputée pour la qualité des trains roulants. Ford a fait des efforts bien supérieurs à ceux d'Opel (GM). La tenue de route est donc sûre. On place bien le véhicule en virage.

Notons toutefois, sur ce modèle équipé d'un mini-moteur, un train avant qui paraît trop léger. Si l'on accélère à fond, il cherche un peu sa voie. Le confort se révèle en outre un peu trop ferme à notre goût. La précédente était plus douce. La Focus préserve cependant à peu près les vertèbres du conducteur et de ses passagers.

Prix dans la moyenne

Ford pratiquait habituellement des tarifs attractifs. Mais, la concurrence est agressive, notamment Volkswagen. Et la Focus n'offre plus d'avantage tarifaire aujourd'hui. La gamme démarre à 19.300 euros (100 chevaux) en finition Trend. Pour 25 chevaux de plus, il faut ajouter 1.150 euros

Modèle d'essai : Ford Focus 1,0 SCTi 125 ch.Trend: 20.450 euros

Puissance du moteur : 125 chevaux (essence)

Dimensions : 4,36 mètres (long) x 1,82 (large) x 1,48 (haut)

Qualités : Moteur vif et globalement agréable, comportement routier sûr, homogénéité d'ensemble, bonne position de conduite

Défauts : Fiabilité à prouver, train avant un peu léger, intérieur triste, certains plastiques toc, rétrovision mauvaise

Concurrentes : Citroën C4 1,6 VTi Attraction : 19.350 euros ; Volkswagen Golf 1,4 TSI 122 Trendline : 20.680 euros ; Peugeot 308 1,6 VTi Active : 21.550 euros

Note : 14 sur 20

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Commentaires 2
à écrit le 17/03/2012 à 9:50
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Les petits moteurs, très sollicités, entraînent souvent une consommation excessive dès que l'on dépasse 90 km/h, même sur de petites voitures. Est-ce le cas ?

à écrit le 17/03/2012 à 7:12
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Dans ce descriptif, il manque l'essentiel, à savoir la consommation, poste qui va devenir, dès aujourd'hui ,le critère de choix pour l'achat d'un véhicule. N'est-il pas ?

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