L'automobile fête à Francfort un rebond européen en trompe-l'oeil

Alors que s'ouvre le mondial automobile de Francfort, tous les indicateurs font apparaître un net rebond du marché européen. Une aubaine pour les constructeurs confrontés à d'importantes déconvenues à l'étranger. Mais pour les analystes, la fête européenne pourrait ne pas durer...

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Les analystes s'attendent à une hausse de 6% du marché automobile européen en 2015, ils estiment toutefois que celui-ci pourrait ralentir dès le second semestre...
Les analystes s'attendent à une hausse de 6% du marché automobile européen en 2015, ils estiment toutefois que celui-ci pourrait ralentir dès le second semestre... (Crédits : © Ilya Naymushin / Reuters)

C'est un salon tout sourire qui s'ouvre pour les constructeurs européens ce mardi 15 septembre à Francfort. Les ventes de ces huit premiers mois semblent confirmer la reprise entamée il y a deux ans. "C'est le 24e mois de croissance consécutif, c'est la première fois que le marché européen enregistre un tel sans faute depuis 1990", s'enthousiasme Hadi Zablit, directeur associé au Boston Consulting Group, spécialiste de l'industrie automobile. Du côté de chez EulerHermes, une étude estime que le marché européen devrait progresser de 6% sur l'ensemble de l'année. Les derniers chiffres publiée lundi semblent conforter cette prévision, puisque sur la période janvier-août, la hausse des ventes dans l'UE a déjà atteint 8,6%. A ce rythme, le vieux continent pourrait bien faire mieux que... le marché chinois !

Gare à l'arrêt de la prime espagnole

Mais, les analystes restent prudents car derrière ces bons chiffres se dissimulent des données moins reluisantes. D'abord, rappelons qu'avec 14,5 millions d'immatriculations, le marché européen n'est pas tout à fait à son niveau d'avant-crise qui culminait à 15,5 millions d'unités. Ensuite, le marché espagnol pourrait connaitre un net coup de frein dans les premiers mois de l'année 2016 avec la fin de la prime à l'achat, ce qui impactera immanquablement les données européennes.

Mais pour certains analystes, c'est la croissance de ces derniers mois qui interroge. Celle-ci reposerait, d'après eux, sur une conjoncture macroéconomique inattendue. Hadi Zablit observe que "la progression est nettement plus portée par les entreprises que par les particuliers". "C'est d'ailleurs une situation qui n'avait pas été anticipée, il s'agit donc d'une surprise permise par une conjoncture plutôt favorable", ajoute-t-il.

Yann Lacroix, analyste spécialisé du secteur automobile chez EulerHermes, semble opiner dans le même sens : "la baisse des coûts des matières premières a permis de restaurer les marges des constructeurs européens".

En Allemagne, particuliers et entreprises à contre-courant

On constate ainsi que les ventes aux particuliers ont augmenté de seulement 2% au Royaume-Uni, le marché le plus dynamique du continent, depuis le début de l'année, contre une hausse de 22% des ventes aux entreprises. En France, les ventes aux particuliers ont augmenté de 1,5% contre 7% pour les sociétés. En Allemagne, c'est même l'inverse puisque les immatriculations aux particuliers ont baissé de 1%, quand celles aux entreprises ont augmenté de 8%.

"Mais cette situation de croissance forte n'est pas durable, on s'attend à un ralentissement dès le 2e semestre", juge Hadi Zablit, du Boston Consulting Group. Chez EulerHermes, une étude estime que la croissance sera de 4% en 2016, soit deux points de moins qu'en 2015.

Menace sur la rentabilité

Il se pourrait donc que cette bouffée d'oxygène touche à son terme, ce qui conduirait à une nouvelle bataille commerciale entre constructeurs pour acquérir des parts de marché. Une situation pas très favorable aux marges de rentabilité. "L'Europe reste un des marchés les plus bagarrés au monde, ce qui tire les prix vers le bas", rappelle Yann Lacroix. D'autant que les nouvelles normes anti-pollution risquent de lourdement impacter les coûts. Hadi Zablit estime que la généralisation de la norme euro6 peut représenter un surcoût allant jusqu'à 1.500 euros sur un modèle diesel.

L'Europe, dernier bastion de croissance?

Mais les constructeurs pourraient bien se contenter de cet os à ronger en attendant des jours meilleurs dans le reste du monde. Partout ailleurs, la conjoncture est mauvaise. Russie, Brésil, Chine... Tous les marchés qui ont fait la croissance d'hier sont au point mort, y compris le marché américain attendu en baisse de 1% en 2016 d'après l'étude EulerHermes.

Mais Yann Lacroix estime qu'à moyen terme, ces marchés gardent un potentiel non-négligeable. "Nous pensons que les marchés russes et brésiliens ont atteint un point bas », indique-t-il. "La vraie question est de savoir comment va évoluer le marché chinois, même si à moyen terme, celui-ci offre d'importantes perspectives de croissance, reste à savoir quelle place les constructeurs européens sauront conserver sur ce marché, eux, qui ont déjà perdu 3 points de parts de marché", s'interroge-t-il.

Reste quelques pépites à saisir comme l'Inde (+6% estimé en 2015) la Turquie (+24%) et bientôt peut-être l'Iran. Plus que jamais l'avenir des marques automobiles européennes s'inscrit dans des stratégies mondiales...

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Commentaires 3
à écrit le 15/09/2015 à 17:21
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quel sera l'impact de la nouvelle vignette en france ? on attend les chiffres dans quelques mois......

à écrit le 15/09/2015 à 16:25
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Une question: est-ce que les voitures en LLD ou LOA chez particuliers sont comptées comme les achats des particuliers ou des sociétés (quand même c'est le loueur qui reste propriétaire)? Merci pour des réponses.

à écrit le 15/09/2015 à 13:37
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Question à Mr le voisin, à quoi sert l’Etat français, ne fait-on dans le sentier lumineux ? La France est-elle un modèle en termes d’humanisme ? Le classement publié des IDH en 2013, donne une meilleure place aux USA, la France 20ème l’art de vivre s...

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