La mairie de Paris chasse les voitures du cœur de la capitale dès lundi
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La ville de Paris instaure, à partir de ce lundi, une zone d'exclusion des voitures en transit dans l'hypercentre.
Philippe Wojazer
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La ville de Paris instaure, à partir de ce lundi, une zone d'exclusion des voitures en transit dans l'hypercentre.
Philippe Wojazer
La mairie de Paris s'est engagée dans une vraie chasse aux voitures. Dernier exemple en date, l'arrêté publié ce jeudi qui instaure une zone à trafic limité (ZTL) dans l'hypercentre de la capitale. Cette mesure entrera en vigueur dès lundi, a indiqué à l'AFP David Belliard, l'adjoint écologiste chargé des Transports de la mairie de Paris.
Cette zone d'environ 5,5 km2 ne sera plus autorisée qu'aux véhicules de secours, bus, taxis, personnes à mobilité réduite, automobilistes y résidant ou y travaillant et tout le trafic « de destination », à savoir ceux dont le point de départ et d'arrivée se trouve dans le secteur (pour un rendez-vous médical, aller faire des courses, au cinéma, etc.).

La mairie de Paris s'attend à une diminution « substantielle » du volume de la circulation dans les artères les plus fréquentées, avec -30% avenue de l'Opéra et -15% sur le boulevard de Sébastopol, selon l'étude d'impact qu'elle a menée. Elle anticipe aussi une diminution du bruit et une amélioration de la qualité de l'air grâce à une baisse des concentrations de dioxyde d'azote (-15% sur l'avenue de l'Opéra et le boulevard Henri IV, -10% sur le boulevard de Sébastopol). L'exécutif parisien souhaite reproduire d'une certaine manière ce qu'il a déjà mené en 2020 rue de Rivoli en interdisant la circulation sur cette longue artère de la capitale.
Initialement inclus, les quartiers situés entre le boulevard Saint-Germain et la Seine sur la rive gauche ont été retirés du périmètre, tout comme les îles de la Cité et Saint-Louis, les quais hauts de la rive droite. Un périmètre qui, depuis l'annonce du projet en mai 2021, a fait l'objet de difficiles tractations avec la préfecture de police, qui a cosigné l'arrêté publié ce jeudi.
Pour la maire de Paris, la mise en place de cette ZTL répond à un engagement de campagne. L'édile souhaite « libérer de l'espace public » occupé par les voitures et réduire la pollution, comme l'ont fait plusieurs grandes villes européennes (Madrid, Milan, Rome...) dans leurs quartiers centraux.
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Mi-septembre, des organisations de transport et de la logistique d'Ile-de-France réunies sous la bannière du Gatmarif, ont demandé à la mairie des précisions sur les conditions d'accès et la présentation d'éventuels justificatifs.
En parallèle, à partir du 1er janvier 2025, les automobiles de catégorie Crit'Air 3 ne pourront plus circuler à leur guise dans une zone composée de 71 communes autour de Paris et à l'intérieur de l'A86. Elles seront interdites du lundi au vendredi de 8h à 20h sauf les jours fériés. Une mesure qui est loin d'être anodine puisqu'elle concerne 23% des voitures particulières immatriculées dans ce périmètre. Seul lot de consolation, ils pourront déroger à la règle 12 jours par an, a annoncé la métropole du Grand Paris.
Depuis le 1er juin 2021, les véhicules Crit'Air 4 et 5 sont déjà exclus de cette zone du Grand Paris, hors week-end et jour fériés. L'objectif ces restrictions est d'améliorer la qualité de l'air dans l'agglomération parisienne. Car, selon Santé publique France, « la mortalité liée à la pollution de l'air ambiant reste un risque conséquent en France avec 40.000 décès attribuables chaque année aux particules fines ». Une estimation régulièrement réévaluée par les pouvoirs publics.
Autre mesure à destination des conducteurs, et qui n'a pas manqué d'exaspérer ces derniers cet automne : depuis le 1er octobre, le périphérique parisien est limité à 50km/h contre 70 km/h auparavant. Une décision prise par la maire Anne Hidalgo pour limiter la pollution et les nuisances sonores.
Du côté de l'opposition à Anne Hidalgo, la présidente de la Région Ile-de-France, Valérie Pécresse, a dit être prête à reprendre la gestion de cet axe stratégique emprunté chaque jour par un million de véhicules, et dont 80% d'automobilistes qui ne résident pas à Paris.
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Si Anne Hidalgo est dans son bon droit de décider de la vitesse du périph', sa décision est loin d'avoir suscité l'enthousiasme du ministre des Transports, François Durovray qui a, un temps, semblé vouloir lui barrer la route. La préfecture de Police n'est elle aussi pas convaincue par la mesure, alors que les « consultations prévues sur le sujet n'ont pas été menées jusqu'au bout », avaient rappelé l'entourage du préfet de police, Laurent Nuñez.
(Avec AFP)
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