La pénurie de semi-conducteurs impacte Toyota et inquiète le gouvernement japonais

Le goulet d'étranglement de l'offre de puces va contraindre le géant automobile japonais à réduire de 40% sa production à travers le monde. Elle préoccupe aussi le gouvernement nippon qui craint que le pays, qui par le passé représentait la moitié de la production mondiale de semi-conducteurs, voit ses derniers acteurs se délocaliser, notamment aux Etats-Unis.

3 mn

(Crédits : Reuters)

La pénurie mondiale de semi-conducteurs continue à peser sur l'activité industrielle. Ainsi, le géant de l'automobile Toyota s'apprêterait à réduire sa production en septembre de 40% par rapport à l'objectif initialement prévu de 900.000 véhicules, selon le quotidien économique japonais Nikkei. Jusqu'alors, le constructeur avait été relativement épargné,

Cette décision devrait entraîner, au début du mois prochain, la suspension temporaire de la production non seulement dans plusieurs usines au Japon mais aussi en Amérique du Nord, en Chine et en Europe.

Une crise plutôt bien gérée jusqu'ici

Le géant japonais, qui, face à l'impact sur l'activité du Covid-19, a récupéré plus rapidement que nombre de ses concurrents dans le monde, avait plutôt bien gérer la pénurie mondiale de semi-conducteurs, qui perturbe l'industrie automobile depuis des mois, grâce notamment à sa profonde connaissance de ses chaînes d'approvisionnement.

Cette mauvaise nouvelle pour l'entreprise nippone vient s'ajouter aux inquiétudes du gouvernement japonais sur la production de semi-conducteurs. Le Japon craint en effet que les projets américains visant à injecter des milliards de dollars dans la fabrication de puces pour contrer la Chine ne mettent fin à ce qu'il reste de l'industrie japonaise des semi-conducteurs autrefois dominante.

Après "trois décennies perdues", selon le ministère japonais de l'Economie, du Commerce et de l'Industrie (METI), la part du pays dans la fabrication mondiale de puces est passée de la moitié à un dixième, le Japon ayant perdu des clients au profit de rivaux moins chers et n'ayant pas réussi à conserver son avance dans la production de pointe.

"Nous ne pouvons pas nous contenter de continuer comme nous l'avons fait, nous devons agir à un niveau complètement différent", a déclaré l'ancien Premier ministre Shinzo Abe à ses collègues du parti au pouvoir, le LDP, en mai, lors d'une première réunion du parti visant à discuter de la manière dont le pays peut devenir une économie numérique de premier plan.

L'avenir des entreprises japonaises, toujours leaders mondiaux, qui fournissent aux fabricants de puces des éléments tels que les tranches de silicium, les films chimiques et les machines de production, constitue une préoccupation majeure.

Risque de départ aux Etats-Unis de la fonderie de puces

Les responsables craignent qu'en attirant sur leur sol des géants asiatiques de la fonderie de puces tels que Taiwan Semiconductor Manufacturing (TSMC), les Etats-Unis n'incitent les entreprises japonaises à les suivre.

"Il est possible pour les entreprises de construire au Japon et d'exporter, mais plus vous pouvez être proche en tant que fournisseur, mieux c'est, car il est plus facile d'échanger des informations", a déclaré Kazumi Nishikawa, directeur de l'industrie informatique au METI, cité par l'agence Reuters. Bien que le changement ne soit pas immédiat, "il pourrait se produire sur le long terme", a-t-il ajouté.

Parmi les entreprises japonaises dont le possible départ inquiète figurent les fabricants de plaquettes Shin-Etsu Chemical et Sumco, le fournisseur de résine photosensible JSR et les constructeurs de machines de production Screen Holdings et Tokyo Electron.

3 mn

Sujets les + lus

|

Sujets les + commentés

Commentaires 5
à écrit le 24/08/2021 à 22:49
Signaler
Comment va la vie, avant les années 70 nous étions no2 mondiaux en électronique derrière les Américains, nous ne sommes plus que l'ombre de nous-mêmes.

à écrit le 19/08/2021 à 23:42
Signaler
Entre le covid et le greenwashing l'industrie de la bagnole était déjà morose.

à écrit le 19/08/2021 à 17:17
Signaler
voila le résultat des politiques de cout qui a mis tous les œufs dans le même panier .quitte a payer un petit surcout faisons en sorte de produire sur le continent européen .a méditer pour nos ronds de cuir

le 19/08/2021 à 18:49
Signaler
@Jp. Pas les ronds de cuir, les financiers.

à écrit le 19/08/2021 à 14:25
Signaler
Cette pénurie est causée par les mesures sanitaires relatives au COVID-19. Les bien-pensants ont voulu appliquer la politique du "quoi qu'il en coûte", mais vous connaissez le proverbe, "qui fait l'ange, fait la bête" : On commence à le voir maintena...

Votre email ne sera pas affiché publiquement.
Tous les champs sont obligatoires.

-

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.