Stellantis entre au capital du "reconditionneur" de véhicules d’occasion Stimcar
Frédéric Thual
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Les process industriels et les méthodes de management mises en œuvre par la startup nantaise Stimcar permettraient de reconditionner des véhicules 5 à 10 fois plus rapidement qu'avec les pratiques traditionnelles de l'automobile.
Stimcar
Stellantis entre au capital du "reconditionneur" de véhicules d’occasion Stimcar
Quatrième constructeur automobile mondial, Stellantis vient d’entrer à hauteur de 60% dans le capital de la nantaise Stimcar, spécialisée dans le reconditionnement de véhicules d’occasion. Portée par un marché du véhicule d’occasion en pleine effervescence, la startup, qui a développé une méthode de reconditionnement inédite, a déjà créé trois ateliers dans l’hexagone et vise la constitution d’un réseau de douze ateliers en France en 2022. Avant de dupliquer son concept en Europe dès 2023.
C'est un exemple de réussite de R&D et d'optimisation des méthodes de management. Après des années de travail, Yann et Jean-François Brazeau ont trouvé la bonne formule pour maximiser les performances de leur atelier de reconditionnement de véhicules avant de fonder la startup Stimcar, à Couëron, dans la banlieue de Nantes. Le quatrième constructeur automobile mondial, Stellantis, entre au capital à hauteur de 60%.
Inédit, ce concept permet de réduire les délais de livraison d'un véhicule d'occasion de 90 (45 jours en moyenne) à 6 à 10 jours pour les concessionnaires automobiles. « Du jamais vu », estime Yann Brazeau, qui a roulé sa bosse quinze ans chez Stellantis, six ans chez Toyota au Japon avant d'entrer au comex d'Aramis Auto, leader de la vente de voitures neuves et d'occasion. Il y a fondé la première usine de reconditionnement de véhicules.
Mais « ce qui manquait, c'est la digitalisation des process et l'application des nouvelles méthodes de travail et de management », affirme Yann Brazeau, inspiré par le modèle de Toyota. Pour aller plus loin, l'expert en reconditionnement lâche l'industrie, se rapproche de son frère, informaticien chez CapGemini et le spécialiste de la modélisation de systèmes complexes Obeo et fonde RefitNgin, une société de conseil auprès de distributeurs automobiles (importateur suisse Emil Frey...) pour créer des usines de reconditionnement en France et réfléchir à leur propre modèle.
Un process industriel novateur
Très vite, l'idée prometteuse des frères Brazeau est sélectionnée par l'incubateur des écoles Centrale-Audencia-Ensa, à Nantes. Ce dernier va leur apporter les moyens de se structurer financièrement, juridiquement, d'éviter les écueils des jeunes pousses et de se rapprocher de jeunes diplômés et de chercheurs.
« Industrialiser ce process est très complexe. D'abord parce que, contrairement à un constructeur, qui travaille sur un même modèle, ici chaque voiture est unique, différente... Les travaux ont porté sur les manières d'écraser cette variabilité due à la mécanique, aux carrosseries, aux peintures, aux usures et de gérer ces aléas. C'est là, le véritable enjeu. Mais ce n'est pas que de l'IT, le problème du reconditionnement, c'est qu'il se casse les dents s'il repose sur les pratiques traditionnelles de l'automobile. Il impose d'avoir des méthodes de management où l'on privilégie la responsabilité, l'autonomie et les poly-compétences. Notre vision, c'est de faire grandir les gens. Et nous n'avons d'ailleurs recruté aucun chef d'équipe, en préférant la promotion interne», précise Jean-François Brazeau.
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