Pierre Berger prend les rênes d'Eiffage

Le président directeur général d' Eiffage va être remplacé par le président d'une division du groupe Vinci : Pierre Berger. Ce quadragénaire faisait office de favori pour cette succession attendue à la tête du groupe de BTP et de concessions. Jean-François Roverato a annoncé qu'il resterait Président non exécutif pendant quelques mois.
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Eiffage a enclenché mercredi le processus de succession de son dirigeant historique Jean-François Roverato en décidant de scinder la fonction de PDG et en choisissant pour futur directeur général Pierre Berger, président d'une division du groupe Vinci.
Le conseil d'administration du groupe de BTP et de concessions a opté pour une transition en deux temps, comme chez Saint-Gobain ou Vinci.

A la tête de la division construction grands projets de Vinci depuis 2005, Pierre Berger deviendra d'abord directeur général délégué début 2011, puis directeur général à partir du second semestre, tandis que le PDG Jean-François Roverato, à la tête d'Eiffage depuis plus de 20 ans, conservera la présidence non exécutive du groupe.
"Je suis très content de la décision prise par le conseil, sur ma proposition, et je précise que l'ensemble des actionnaires souhaitait la venue de Pierre Berger dans le groupe, donc c'est un souhait partagé", a déclaré Jean-François Roverato à Reuters par téléphone.
Les deux principaux actionnaires d'Eiffage sont les salariés du groupe, qui détiennent 26,3% du capital, suivis du Fonds stratégique d'investissement (FSI), présent à hauteur de 20%.

"Le 1er juillet, je ne serai plus directeur général et je resterai donc président non exécutif pour une durée qui ne sera pas inférieure à quelques mois, et qui ne sera pas supérieure à 14 mois, limite statutaire", a-t-il ajouté.

Jean-François Roverato, qui a créé Eiffage en ajoutant plusieurs sociétés à l'ancien groupe Fougerolle, a été reconduit dans ses fonctions en avril dernier pour une durée d'un an renouvelable. Il peut encore être réélu deux fois, jusqu'à ce qu'il atteigne l'âge de 68 ans.

Peu pressé de passer la main, il avait consenti au printemps à lancer à nouveau le processus de sa succession. Son choix s'est porté sur le plus jeune des postulants présumés - Pierre Berger a 42 ans - et sur un homme du sérail, diplômé comme lui de Polytechnique et des Ponts et Chaussées.

Pierre Berger faisait figure de favori et Jean-François Roverato a précisé qu'à l'ouverture du conseil, il était l'unique candidat encore en lice. "Le FSI se félicite de la nomination d'un directeur général car c'est un premier pas très important" a déclaré à l'agence Reuters un porte-parole du Fonds stratégique d'investissement. "Néanmoins, il faut maintenant accélérer et clarifier le calendrier pour assurer la réussite de cette succession."

Les tenants de l'accélération aimeraient voir Pierre Berger prendre la direction générale dès la prochaine assemblée générale, programmée le 20 avril prochain, sans attendre la date du 1er juillet. Ceux-ci n'ont pas oublié le précédent Benoît Hetz et redoutent que l'histoire se répète avec Pierre Berger. Un temps directeur général d'Eiffage lui aussi, et dauphin pressenti de Jean-François Roverato, Benoît Hetz avait démissionné du groupe fin 2007, officiellement "pour convenance personnelle".

Mais la presse de l'époque avait expliqué ce départ par la décision de Jean-François Roverato de récupérer la direction opérationnelle d'Eiffage.Pierre Berger, président d'une division du groupe Vinci va devenir directeur général d' Eiffage a annoncé ce dernier mercredi le groupe de BTP. Il deviendra dans un premier temps directeur général délégué du groupe début 2011, puis directeur général à partir du second semestre, a indiqué le groupe dans un bref communiqué publié à l'issue d'une réunion du conseil d'administration.

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Commentaires 3
à écrit le 09/12/2010 à 7:52
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Cher "Contribuable fatigué", Vos vous trompez, c'est un salarié d'EIFFAGE qui vous le dit. L'autre candidat, émanant du FSI, eut été bien plus inquiétant et soumis à la volonté de l'État. C'est justement parce qu'EIFFAGE a refusé d'être traitée comme...

le 09/12/2010 à 19:09
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Lire l'article du Monde du jour (09/12/10), sur la dépendance d''Eiffage aux marchés publics ... Est-ce innocent si ce promu est polytechnicien ? Ses entrées dans les cercles parisiens et autres réseaux d'influence sont-elles une considération second...

à écrit le 08/12/2010 à 18:39
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De nouveau un polytechnicien ... pour ceux qui douteraient du lien entre nos impôts et les modes de gouvernance de ces entreprises d'Etat (Eiffage, Vinci, Saint-Gobain, ...) Pauvre pays (il le sera bien plus dans peu de temps) ! Tous les réflexes de ...

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