Le coliving et le coworking s'imposent dans l'immobilier

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Des alternatives à l'openspace et au télétravail.
Des alternatives à l'openspace et au télétravail. (Crédits : Reuters)
Coliving, colocation et coworking sont les maîtres-mots de l'immobilier d'aujourd'hui et de demain. Sans attendre la demande, promoteurs, entreprises comme startups proposent ces nouvelles offres à leurs clients habituels.

Fin mai, l'opérateur immobilier spécialisé dans les bureaux, l'hôtellerie et le résidentiel Foncière des Régions changeait de nom et devenait Covivio. « Co, car notre ADN, c'est le partenariat avec nos clients, la cocréation. Vivio car c'est de l'immobilier vivant, synonyme de nouvelles façons de travailler, de voyager et d'habiter », expliquait alors son directeur général Christophe Kullmann.

Après des années d'habitat dit « intime » où chacun disposait de son lit, de sa salle de bains, de ses toilettes et de sa cuisine, le coliving, ou l'art de se partager un logement, se conjugue à deux échelles : intermédiaire - partage d'une cuisine commune avec une dizaine de coliveurs - et publique - des espaces communs de rencontres comme une salle de sport.

La solution convient aussi bien aux étudiants qu'aux jeunes actifs dont le budget est limité et que l'inflation des loyers rebute dans leur installation. Les professionnels se lancent donc dans des formats hybrides où le locataire, qu'il soit à l'université ou en premier emploi, bénéficie à la fois d'un confort personnalisé et de prestations collectives.

Le coliving étudiant et professionnel

En septembre prochain, le promoteur montpelliérain HPC inaugurera ainsi, sur le plateau de Saclay, un campus constitué de 1.000 appartements. Situé sur la commune de Palaiseau (Essonne) à cinq minutes de la gare TGV et RER de Massy, il se composera d'un seul et unique duplex de 30 m² avec mezzanine à 850 euros ainsi que de studios de 18 m² minimum à partir de 680 euros par mois et par personne. Tous les résidents bénéficieront du wifi en très haut débit, d'une salle de sport, d'une grande cuisine collaborative et d'espaces de coworking.

« Il hébergera étudiants, chercheurs, jeunes actifs et étrangers de passage. C'est inédit ! Personne n'est allé aussi loin dans ce niveau de service et cette ouverture à l'international. Ce sera un point de rencontre incroyable entre toutes ces populations. Quand il faut 15 voire 20 ans pour se créer un réseau de ce type, là il suffira de se retrouver dans les espaces partagés », raconte Jacques-Edouard Charret, pdg d'Ecla Campus.

La colocation en appartement ou en maison

La colocation meublée traditionnelle demeure par ailleurs une valeur sûre. Coloc et Vie gère, pour le compte de particuliers et de professionnels, une grosse vingtaine de biens dans dix villes : Amiens, Asnières, Courbevoie, Orléans, Lyon, Marseille, Orléans, Poissy, Reims et Strasbourg. La cible est sensiblement la même : les 25-35 ans qui souhaitent un logement bien situé et qui ne souhaitent pas se retrouver seuls après leurs études.

Née en 2014, cette société compte déjà une centaine de colocataires, de trois personnes maximum dans un appartement à dix dans une maison. Dans les parties communes, se trouvent une cuisine, un salon et une buanderie. Les chambres font en moyenne 13 m² et comptent toutes un écran.

Selon Nicolas Baussant, associé-fondateur, « nous évitons les deux écueils principaux liés à la colocation, à savoir l'argent - ici, chacun est responsable de sa quote-part de loyer - et les pièces d'eau - chacun a sa douche, son lavabo et ses WC. »

Coloc et Vie peut en outre proposer des travaux à ses clients via une entreprise du bâtiment partenaire et associée à leur réussite, et ce afin de suivre au plus près le budget, le chantier et la livraison dans les délais. Bien sûr, ses clients peuvent faire appel à quelqu'un d'autre, mais dans ce cas, le gestionnaire ne se préoccupe pas de toutes ces étapes.

Les milliers de mètres carrés du coworking

Parallèlement à l'habitat partagé, le coworking semble remplacer progressivement les bureaux traditionnels, permettant aux salariés d'une ou de différentes entreprises de se rencontrer au sein d'un espace partagé et collaboratif. Après avoir ciblé les gares de Bordeaux Saint-Jean, la gare du Nord à Paris ou celle de Lille Flandres, IWG - Spaces et Regus entend en effet installer ces tiers lieux en deuxième voire en troisième couronne dans les grandes agglomérations françaises, comme une alternative à l'openspace et au télétravail.

Son président Christophe Burckart l'assure : « 82% des professionnels en France passent aujourd'hui un jour sur cinq en dehors de leur bureau. 75% des entreprises qui font appel à nous veulent employer davantage et 50% font du coworking un moyen pour garder leurs talents. De même, pour les Millenials (nés entre 1980 et aujourd'hui, ndlr), le critère n°1 est la qualité de l'environnement de travail devant la rémunération ».

Le 1er janvier 2019, cette entreprise ouvrira 18.000 m² à La Défense, soit, selon les dires de son patron, « le plus grand espace de coworking en Europe »  avec 2.000 postes de travail. Intervenants extérieurs venant faire des conférences, rooftop dédié à l'événementiel, salles de repos, pièces de bien-être... « Cette évolution prend place dans le cadre de la nouvelle Défense dynamisée grâce au grand Paris et à la U-Arena »,  ajoute encore Christophe Burckart.

Avec le coliving et le coworking, il semble que la sharing city, ville du partage, s'ajoute à la non moins célèbre smart city, la ville intelligente, ces deux conceptions urbaines reposant sur les trois mêmes piliers : la transition énergétique, la révolution numérique et les nouveaux usages de ses utilisateurs-citoyens-travailleurs nomades.

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Commentaires
a écrit le 03/08/2018 à 17:35 :
c'est beau le progrès , on réinvente les appartements communautaires de l'ex URSS .
mais dit en anglais , c'est beaucoup plus chic .
a écrit le 27/07/2018 à 23:20 :
Dans les années 80, en Union Soviétique, le problème de l'immobilier était toujours d'actualité. 35 ans après et les destructions de la segunde guerre mondiale n'avaient toujours pas été surmontées. En Europe et en Amérique on rigolait des appartements collectifs. Maintenant 85 % des russes sont propriétaires de leur logement principal, alors que ce n'est que de 50 % aux USA et 65 % en France. Sans tenir compte qu'en Europe 50 % des logements sont hypothéqués et qu'en réalité le propriétaire est la banque. Sonc si j'ai bien compris (Ex archi à la retraite), comme le coût du m2 est de venu tellement haut que l'on envisage des revenir aux solutions soviétiques du siècle dernier. Maintenant ce sont les russes qui vont se moquer de nous.
a écrit le 24/07/2018 à 9:40 :
C'est une bonne tendance alors que le mouvement qui l'a engendré lui est malsain puisque signe évident d'une monopolisation des capitaux et des outils de production dans les mains de quelques uns imposant à tous les autres de partager les frais de tout car baisse conséquente générale du pouvoir d'achat.
a écrit le 24/07/2018 à 7:32 :
N'est-elle pas belle la liberté gérée par les entreprises mondialistes qui vous expliquent comment il faut travailler, habiter...manger (et penser ?) dans leurs espaces Co-quequechose qualifiés d' "ultra-conviviaux" ?

Faites des stocks de saucissons car c'est cela qui va nous arriver en France à grands coups de campagnes dites "publicitaires" :

Article du Figaro.fr du 23/07/2018 : "WeWork prive ses salariés de viande pour les pousser à devenir végétariens"
Extraits : " (...) les déjeuners d'affaires lors desquels les employés mangent de la viande ne seront plus remboursés.
Si la charte du patron-gourou s'impose aux 2000 salariés de WeWork, reste à savoir si les 130.000 clients qui fréquentent ses espaces de coworking pourront y échapper."

Source : http://www.lefigaro.fr/societes/2018/07/23/20005-20180723ARTFIG00226-wework-prive-ses-salaries-de-viande-pour-les-pousser-a-devenir-vegetariens.php
a écrit le 23/07/2018 à 23:32 :
Le Kohlkoze et l’appartement collectif, étape ultime du capitalisme?

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