Un an après, où en est la transition de Foncière des Régions vers Covivio ?

Covivio
DR
Vingt-trois milliards d'euros d'actifs, 6 milliards de projets, 1 milliard de loyers perçus, 1.000 salariés et 56 ans d'existence. Née en 1963 sous l'intitulé "Les garages souterrains de Metz", dont elle demeure la propriétaire - « non pas pour des raisons sentimentales, mais du fait de baux emphytéotiques » -, avant de fusionner en 1998 avec la branche Nord-Est de Gecina, « un noyau pour amorcer l'entreprise », Foncière des Régions, apparue en 2001 sur le marché, est devenue Covivio il y a un an.
« Co, car notre ADN, c'est le partenariat avec nos clients, la cocréation, la collaboration», expliquait le 29 mai 2018 le directeur général Christophe Kullmann, natif de Metz. « Vivio, car c'est de l'immobilier vivant, synonyme de nouvelles façons de travailler, voyager et habiter, et io est une consonance latine faisant référence à notre histoire. » Depuis cette date, la dénomination de la filiale italienne Beni Stabili a disparu des écrans radars, l'allemand Immeo est devenu Covivio Immobilium et le franco-français Foncière des Murs a été rebaptisé Covivio Hotels.
Dans son bureau parisien le 29 mai 2019, Christophe Kullmann assure que l'adhésion a été « totale en interne comme en externe ». « Notre ancien nom ne convenait plus à notre réalité. Nous sommes désormais une entreprise européenne avec certes, des spécificités locales, mais nous allons dans le sens d'une intégration plus renforcée avec une langue commune : l'anglais », insiste le directeur général.
Comme le premier opérateur immobilier français Nexity, Covivio joue désormais la carte du client-centric, qu'il s'agisse d'une collectivité ou d'une entreprise. « Le client est clé », estime-t-il. « On ne veut pas perdre le contact avec lui. Pour cela, nous devons nous transformer avec les compétences et les outils. » C'est pourquoi avant même de modifier sa raison sociale, elle a lancé, il y a 18 mois, une marque dédiée au flex office.
Elle dispose en effet de 5.000 m² gare de Lyon, de 3.000 m² à Miromesnil ou encore de 1.500 m² à Montmartre, dont la moitié des surfaces de ce dernier est occupée par Orange, son principal preneur à bail (locataire, Ndlr).
Chaque jour à 13h, l’essentiel de l’actualité industrielle.

Pour éviter de se faire concurrencer par des jeunes pousses qui grignotent tous les jours des parts de marché aux professionnels de l'immobilier d'entreprise, Covivio travaille aussi pour fin 2019 à une application pour ses immeubles et ses sites pour organiser les réunions et/ou gérer les questions de confort et de maintenance. Elle a en outre déjà co-investi dans une startup allemande pour toutes les questions techniques, de quittance et de voisinage dans son parc résidentiel outre-Rhin.
Déjà l'an dernier, le marché berlinois faisait saliver les dirigeants de l'investisseur. Désormais, elle y possède 17.000 logements dans le cœur historique à un prix moyen de 8 euros le mètre carré. Sur Alexanderplatz, elle y développe par ailleurs une opération mixte de 60.000 m², dont 30.000 m² de bureaux, du résidentiel, des commerces et un hôtel.
Outre une opération "Réinventer Paris" gagnée dans le quartier des Batignolles, livrable en 2021, et le fait d'être lauréat de "Reinventing Cities" à Milan avec un projet de 20.000 m², Covivio vient d'investir un milliard d'euros dans les hôtels britanniques avec Intercontinental.
À lire également
Malgré l'imminence du Brexit, « le Royaume-Uni reste une plateforme incroyable sur le moyen-terme », estime le DG. « Nous n'avons pas de doute sur le fait que les emplacements trouveront leur valorisation. » C'est sans doute le fruit d'une cession de 263,5 millions d'euros d'immeubles de bureaux et de commerces en Italie conclue le 23 avril dernier.