Nouvelle révélation dans l'affaire du Mediator

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Le site internet du Figaro a publié ce vendredi soir un courrier officiel qui prouve que l'agence française du médicament avait été alertée dès l'automne 1998 de la dangerosité du Mediator. A cette époque, Lionel Jospin était à Matignon et le ministre de la Santé s'appelait... Bernard Kouchner.

Le 21 septembre 1998 trois professeurs, dont Hubert Allemand, médecin conseil de la Caisse nationale de l'assurance maladie écrivent à l'Agence française du médicament. Ils s'alarment des risques liés à la prise du Mediator. "Il nous semble utile d'alerter l'Agence du Médicament sur l'utilisation non contrôlée d'un produit de structure amphétaminique, dans un but anorexigène. Il est en effet assez paradoxal de constater que la prescription de Mediator est tout à fait libre tandis que celle des médicaments du groupe des amphétaminiques est strictement encadrée depuis mai 1995", peut-on lire dans ce courrier que publie ce vendredi le site internet du Figaro. Mais ce courrier n'aura aucune suite.

Pourtant, souligne Le Figaro, dès septembre 1997, l'Isoméride, autre médicament coupe-faim des laboratoires Servier qui commercialisaient le Mediator, était retiré du marché mondial du fait d'un risque accru et démontré d'hypertension artérielle pulmonaire et de maladies des valves cardiaques. Or, le Mediator et l'Isoméride ont des caractéristiques chimiques très proches, explique le quotidien.

En septembre 1998, à la demande des autorités sanitaires italiennes, le Mediator a en revanche fait l'objet d'une enquête au niveau européen dont Paris et Rome étaient les rapporteurs. Si ce médicament a été retiré du marché en Italie et en Espagne dès 2003, il est resté autorisé en France.

Le Figaro s'abstient en revanche dans son article de mentionner le nom du ministre de la Santé de l'époque : Bernard Kouchner, qui avait été nommé à ce poste par Lionel Jospin en juin 1997 et qui est resté aux commandes jusqu'en 1999.

Pour mémoire, Roselyne Bachelot qui était, elle, ministre de la Santé en 2009, a assuré le 15 décembre avoir agi dans les temps pour retirer le médicament du marché une fois sa dangerosité constatée et n'avoir eu connaissance d'un premier cas dé décès dû à la prise de ce médicament qu'en 2008. "On ne peut pas préjuger de ce qui s'est passé avant", faisait-on valoir alors dans l'entourage de la ministre. 

Le nouveau ministre de la Santé, Xavier Bertrand, a commandé un rapport à l'Inspection générale des affaires sociales (Igas) qui doit être rendu le 15 janvier. Le Parti socialiste, qui déplore les lenteurs de la France pour retirer le Mediator du marché, a obtenu la création d'une mission d'information parlementaire sur ce dossier.

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Commentaires
a écrit le 24/12/2010 à 10:34 :
comme dab tous ces politiques seront proteges!!!
a écrit le 19/12/2010 à 9:45 :
Entre le rapport sur le système de santé du Gabon à 2.6 millions d'euro et les rapports que l'on feint de ne pas voir, sans parler de l'épouse qui s'accroche tel Gbagbo à son poste, on peut dire sans risque que trop c'est trop!
a écrit le 18/12/2010 à 13:54 :
lui est sa femme dehors rendez l argent aux francais , DEHORS
a écrit le 18/12/2010 à 13:14 :
Rien de bien nouveau au pays, de militaires irradiés, de l'amiante, du sang contaminé, de l'hormone de croissance, alors un scandale de plus ou de moins n'émeut plus grand monde sauf les victimes et leurs familles mais ont'ils droit à la parole? Et si cela était vu la durée des procès fleuves (et appels) seront ils encore présents quand justice leur sera rendue si elle leur est rendue un jour.

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