GlaxoSmithKline veut faire preuve de vertu pour vendre ses médicaments

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Le bénéfice net de GSK a reculé de 12 %, à 969 millions de livres (environ 1,14 milliard d'euros) au troisième trimestre 2013.
Le bénéfice net de GSK a reculé de 12 %, à 969 millions de livres (environ 1,14 milliard d'euros) au troisième trimestre 2013. (Crédits : © 2009 Thomson Reuters)
La laboratoire pharmaceutique britannique GlaxoSmithKline a annoncé mardi 17 décembre son intention de mettre un terme aux pratiques consistant à payer les médecins pour qu'ils prescrivent ses médicaments.

Payer des médecins influents auprès de leurs pairs pour qu'ils promeuvent tel ou tel médicament. Le pratique est un classique des laboratoires pharmaceutiques, depuis des décennies, mais pour la première fois, l'un d'eux la reconnait ouvertement.

Lors d'un entretien accordé au New York Times, le directeur général de GlaxoSmithKline vient d'annoncer son intention de mettre un terme à ces pratiques. Reconnaissant du même coup l'avoir fait pendant des années.

Des dizaines de millions de dollars versés aux médecins

A partir de 2016, a-t-il assuré, les pratiques consistant à payer les médecins pour qu'ils prescrivent en priorité les médicaments du laboratoire anglais et à indexer la rémunération de ses commerciaux au nombre de prescriptions délivrées par les médecins ne sera plus.

Le laboratoire pharmaceutique britannique a également précisé qu'il ne paierait plus les professionnels de la santé pour qu'ils assistent aux conférences médicales d'ici deux ans. Un porte-parole de GSK a confirmé que , chaque année, la société consacre "des dizaines de millions" de dollars dans ses pratiques

Des déclarations qui interviennent alors que la réputation du groupe est entachée par des soupçons de corruption de médecins et de dirigeants chinois. En juillet, la police chinoise a accusé le groupe d'avoir versé jusqu'à trois milliards de yuans (375 millions d'euros) à des agences de voyage pour des pots-de-vin à des médecins et des fonctionnaires.

Il s'agit de l'une des plus grandes enquêtes menées par Pékin auprès d'une société étrangère. Le bénéfice net de GSK a reculé de 12 %, à 969 millions de livres (environ 1,14 milliard d'euros) au troisième trimestre 2013, tandis que son chiffre d'affaires global est resté quasi stable à 6,51 milliards de livres. 

Les bourses "non sollicitées" perdureront, elles

Dans un entretien accordé au New York Times, le directeur général du groupe Andrew Witty a toutefois déclaré que ces changements n'étaient pas liés à cette enquête mais qu'ils correspondaient à la volonté du groupe "de rester en phase avec la façon dont le monde est en train de changer ".

Peut-être aussi prennent-ils en compte le fait que de toute façons l'an prochain, ces agissements doivent être rendus publics en vertu des exigences de la loi de soins de santé de l'administration Obama, le fameux Obamacare. Le professeur de médecine d'Harvard Jerry Avorn, connu pour ses critiques virulentes à l'encontre de l'industrie pharmaceutique, regrette que le laboratoire GSK ne revienne pas sur l'ensemble de ses pratiques. Il a ainsi souligné que le laboratoire devrait continuer à financer des "bourses indépendantes non sollicitées" auprès des étudiants en médecine...

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