Le premier laboratoire pharmaceutique mondial compte tripler le nombre de biosimilaires d'ici à 2020. La totalité de ces médicaments bientôt "copiés" représente plus de 44 milliards de dollars de chiffre d'affaires annuel. Mais le géant suisse va devoir affronter une concurrence importante dans un domaine en effervescence, et faire face à la résistance d'Abbvie, qui freine l'échéance du brevet de l'Humira, son blockbuster à 14 milliards de dollars.
Novartis confirme sa stratégie très axée sur la conception de biosimilaires* (copies de médicaments fabriqués issus des biotechnologies) et va même l'accélérer. Le numéro 1 mondial de l'industrie pharmaceutique va ainsi passer de 3 biosimilaires à 8 d'ici à 2020, a annoncé à Reuters, dimanche 19 juin, le dirigeant de Sandoz, filiale du géant suisse, spécialisée dans les génériques et les biosimilaires.
Le géant suisse va s'attaquer à 5 blockbusters dont les brevets arrivent à échéance entre 2015 et 2020. Parmi ceux-ci, le Humira, utilisé contre la maladie de Crohn et la polyarthrite rhumatoïde, dont le brevet est censé tomber dans le domaine public en 2018. Il s'agit du médicament générant le plus de revenus (14 milliards de dollars en 2015) au niveau mondial. L'annonce d'une copie de Novartis est une mauvaise nouvelle pour Abbvie, dont les deux tiers de ses revenus sont issus de ce médicament.
Au total les 8 médicaments que Novartis veut concurrencer avec ses biosimilaires ont généré plus de 44 milliards de dollars de chiffre d'affaires en 2015.
Arrivé récente des biosimilaires aux Etats-Unis
S'ils existent depuis une dizaine d'année en Europe, l'arrivée des biosimilaires aux Etats-Unis, marché numéro 1 des médicaments, est très récente. Novartis est le premier laboratoire à avoir lancé un biosimilaire approuvé par les autorité outre-Atlantique, marché numéro 1 des médicaments. Après une bataille juridique avec Amgen, le géant suisse a pu lancer en septembre sa propre version de Neupogen, un traitement pour mieux aider les personnes sous chimiothérapie en combattant les infections. Un lancement laborieux. Le géant suisse espérait mettre le biosimilaire en mars, mais Amgen a posé un recours en justice, estimant que Novartis n'avait pas suivi la régulation américaine, en proposant son produit sans divulguer les informations à l'Américain.
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Les biosimilaires vont prendre de plus en plus d'importance
A première vue, la stratégie de Novartis semble opportune. Le groupe pharmaceutique table sur l'accélération des ventes de biosimilaires, de mieux en mieux acceptés par le corps médical, selon IMS Health. Ces derniers étaient auparavant particulièrement décriés par les médecins, car ne disposent pas des doses exactes du médicament original.
Avec ses 8 biosimilaires, dont 3 déjà déjà en vente, Novartis se place particulièrement bien dans ce marché dans lequel une cinquantaine de biosimilaires sont en phase de développement actuellement, d'après IMS Health. Mais Novartis fait face à une concurrence féroce. Ses concurrents, qui investissent dans les biosimilaires, axent logiquement leurs stratégies sur les principaux blockbusters. L'année dernière Samsung Bioepis s'est entendu avec l'agence européenne des médicaments pour lancer une copie du Remicade, deuxième copie de ce médicament, après celle lancée par Celltrion.
Outre la concurrence, Novartis doit affronter les laboratoires se battant becs et ongles contre la fin des brevets. Le cas le plus emblématique est celui d'Abbvie. Le laboratoire américain assure que son brevet, censé entrer dans le domaine public en 2018, pourra être sauvé jusqu'en 2022 grâce à des brevets additionnels, menaçant de mettre devant la justice les concurrents qui ne comptent pas attendre.
Autre difficulté pour Novartis, l'amélioration des molécules tombant dans le domaine public. Face au biosimilaire du Rituxan, Roche prépare le lancement du Gazyva (actuellement en phase III), avec des effets améliorés.
Novartis, lui-même concurrencé lourdement par des copies