Areva dégradé par Sandard & Poor's

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Areva, acculé avec une perte record en 2014 proche de 5 milliards d'euros, a annoncé mercredi un vaste plan d'économies et de cessions pour redresser ses comptes mais a remis à la mi-2015 les annonces sur le volet social et son renflouement.
Areva, acculé avec une perte record en 2014 proche de 5 milliards d'euros, a annoncé mercredi un vaste plan d'économies et de cessions pour redresser ses comptes mais a remis à la mi-2015 les annonces sur le volet social et son renflouement. (Crédits : PHILIPPE WOJAZER)
L'agence de notation a abaissé la note à long terme du spécialiste français du nucléaire de deux crans, de BB+ à BB-. Elle s'inquiète d'un endettement bien plus élevé que prévu ainsi que d'un manque de compétitivité de l'entreprise.

Standard & Poor's (S & P) tire ses conséquences des récentes annonces d'Areva. L'agence de notation a abaissé jeudi 5 mars de deux crans la note à long terme de la multinationale française, la faisant passer de BB+ à BB-, à cause d'un endettement bien plus élevé qu'anticipé en 2014, selon un communiqué.

A fin 2014, la dette nette du spécialiste du nucléaire a atteint 5,8 milliards d'euros, alors que Standard & Poor's tablait sur 5,2 milliards d'euros. L'agence s'inquiète également d'un manque de compétitivité et de dépassements de coûts sur plusieurs gros contrats.

Une "base de coûts trop élevée"

Les tendances à moyen terme du secteur sont difficiles, estime par ailleurs S & P, avec des clients sous pression pour contenir leurs dépenses, ce qui influe sur les prix. Certains contrats du spécialiste français du nucléaire ont également été retardés ou annulés, ce qui réduit la trésorerie.

"Dans cet environnement, la base de coûts d'Areva est trop élevée et les bénéfices vont sûrement être à la baisse en 2015", indique le communiqué de S & P.

Commentant le vaste plan de redressement présenté par le groupe, S & P souligne qu'il ne prendra pleinement effet qu'en 2017 et s'interroge sur sa mise en oeuvre.

"La masse salariale, qui représente un coût élevé de 3,5 milliards d'euros en 2014, ne pourra peut-être pas être réduite de 15% de notre point de vue", indique S & P.

S&P peut relever ou abaisser ses notes à moyen terme

La note à court terme du groupe reste en revanche inchangée à B.

Ces notes sont en outre assorties d'une perspective neutre, ce qui signifie que S&P peut soit les relever soit les abaisser à moyen terme. S & P prend en compte pour cette perspective "la possibilité d'une stabilisation ou d'une amélioration du profil d'Areva, liée à l'issue des discussions avec l'Etat français, les nouveaux investisseurs, et EDF".

A ce propos, il convient notamment de rappeler que le président français, François Hollande, a annoncé avoir demandé aux dirigeants d'Areva et d'EDF de travailler à un "rapprochement" des deux groupes publics "qui pourrait être confirmé dans quelques mois".

"Un abaissement à court terme est peu probable"

En revanche, si Areva était incapable de gérer ses défis opérationnels, notamment réduire l'impact des pertes liées à certains contrats, la note pourrait être encore revue à la baisse.

"Nous estimons actuellement qu'un abaissement à court terme est peu probable, étant donné le niveau de liquidité du groupe et l'engagement des actionnaires publics", indique S & P.

"Cela dit, les pressions sur les notes augmenteraient si les mesures significatives attendues avant l'été n'étaient pas annoncées", ajoute l'agence.

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a écrit le 06/03/2015 à 18:08 :
Ce n'est pas tant uniquement Edf qui doit travailler le dossier Areva mais aussi Gdf-Suez. En effet les deux groupes doivent devenir des énergéticiens généralistes, nucléaire compris. A court terme, par la suite proche Total devra fusionner avec Edf en cédant des actifs à Gdf-Suez et d'autres si nécessaire pour établir la stratégie inévitable gagnante. S'agissant des métiers complémentaires d'Areva ils doivent être cédés à Suez Environnement ou Véolia, idem pour celles d'ailleurs de Gdf et Edf, et encore pour les infrastructures Vinci ou entreprises du même secteur. L'état devra choisir je pense positivement de créer peut-être sous la marque Areva nouvelle façon, un grand établissement minier. Arcelor serait alors de retour comme interlocuteur privilégié les anglais ont aussi quelques pépites à vendre.
a écrit le 06/03/2015 à 17:59 :
La faillite en vue…. ? ^
a écrit le 06/03/2015 à 13:29 :
Des que l etat est dans la boucle, tot ou tard ca craint du boudin, hormis monopole
Réponse de le 06/03/2015 à 16:42 :
Exact, mais le plus fort est qu'il y en a encore beaucoup qui réclament des nationalisations...
Réponse de le 06/03/2015 à 18:32 :
L'Etat a laissé faire, mais la mégalomanie et l'autoritarisme de Mme Lauvergeon a fait le reste, sans parler de toutes les magouilles autour d'Uramin; Mediapart, Hexagones, Backchich sont bien renseignés et en plus ils disent vrai.
a écrit le 06/03/2015 à 10:53 :
mal gérée comme toutes les sociètés où l'etat est majoritaire.
a écrit le 06/03/2015 à 9:03 :
Trop drôle : S&P dégrade AREVA suite à la faillite du groupe...

On vit une époque formidable...

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