Alors que la France risque de manquer cruellement d'électricité dans les prochains mois, le gouvernement tente de sécuriser à tout prix le passage de l'hiver. Et cherche activement des parades afin d'éviter les coupures, dont les conséquences pourraient s'avérer catastrophiques. De fait, le risque de tensions sur le réseau national est désormais « élevé », a alerté ce vendredi le gestionnaire du réseau de transport d'électricité RTE, à cause d'un manque de disponibilité des réacteurs nucléaires, dont la remise en marche tarde plus que prévu. Résultat : au fur et à mesure que les températures chutent, le scénario du pire tant redouté se profile...
Pour s'en écarter, l'Hexagone compte d'abord se reposer sur son voisin allemand. Car il ne sera pas possible de pallier le manque critique de marge de la France sans recourir massivement aux électrons provenant d'outre-Rhin, nécessaires pour répondre à la demande à venir. « Les exportations vers la France devront se faire au maximum de leurs capacités [...] C'est un point crucial », souligne-t-on au ministère de la Transition énergétique. Puisque la France manque de courant et l'Allemagne de gaz, un échange de bons procédés entre les deux pays devrait ainsi prémunir les deux puissances économiques d'un scénario noir, ponctué de pénuries et autres rationnements.
Dans ces conditions, l'Hexagone devrait signer un accord avec le gouvernement du chancelier Olaf Scholz « d'ici à la semaine prochaine », a fait savoir l'exécutif ce vendredi, de manière à s'assurer qu'il « joue le jeu de la solidarité ». Celui-ci pourrait être approuvé lors de la visite à Berlin de la Première ministre française, Élisabeth Borne, prévue jeudi prochain.