Energie : un monde de plus en plus électrique

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L'électricité attire désormais plus d'investissements que le pétrole et le gaz
L'électricité attire désormais plus d'investissements que le pétrole et le gaz (Crédits : Reuters)
Malgré une baisse des investissements, l’électricité a mobilisé plus de financements en 2017 que le pétrole et le gaz, selon un rapport de l’Agence internationale de l’énergie (AIE). Si de façon globale les énergies fossiles attirent une part plus importante des financements, pour la production d’électricité les énergies renouvelables font la course en tête.

Comme l'indique le dernier rapport de l'AIE, les investissements dans l'énergie accusent en 2017 un léger recul (-2%), en partie lié à la baisse des coûts de la plupart des technologies. Une fois encore, c'est la Chine qui attire la plus grande part de ces investissements, à hauteur de 20%

Mais l'enseignement le plus marquant de ce rapport est la poursuite de l'électrification du monde. À 716 milliards de dollars, les investissements dans le secteur pétrolier et gazier (oil & gaz) ne représentent plus en 2017 que les deux-tiers de ce qu'ils pesaient en 2014. Pour la deuxième année consécutive, c'est l'électricité qui fait la course en tête, avec 750 milliards de dollars.

Ce secteur a pourtant vu ses investissements se réduire de 5% en 2017, une baisse essentiellement imputable au charbon qui, à 79 milliards, connaît la chute la plus brutale (-13% globalement, et -55% en Chine). L'hydroélectricité fait également pâle figure, tout comme le nucléaire, à son plus bas depuis 5 ans. Non seulement l'AIE ne relève pas d'investissement dans de nouvelles capacités de production, mais en Europe, par exemple, le dé-commissionnement d'une partie du parc absorbe 40% des nouvelles capacités renouvelables installées.

Deux-tiers de nouvelles capacités électriques vertes

Même si elles ne suffisent pas, au niveau global, à compenser la chute du charbon, de l'hydroélectricité et du nucléaire, les énergies vertes sont les plus utilisées pour produire l'électricité et ont attiré pas moins de 300 milliards d'investissements en 2017, soit 70% du secteur, contre moins de 50% il y a encore 10 ans.

Parmi les énergies vertes, le solaire -8% du total des investissements dans l'énergie - bat ses propres records, notamment en Chine, qui représente 45% du marché. Avec 4 gigawatts supplémentaires installés en 2017, l'éolien offshore se porte également bien, essentiellement en Europe. L'éolien terrestre, en revanche, régresse de 15%.

Cette bascule vers un monde de plus en plus électrique s'accompagne d'investissements dans l'efficacité énergétique (236 milliards de dollars) et dans les réseaux (300 milliards). Smart grids, smart meters et autres dispositifs destinés à accroître leur flexibilité permettent d'assurer l'équilibre entre l'offre et la demande tout en absorbant des quantités croissantes d'électricité verte. Avec les énergies renouvelables, les réseaux figurent parmi les secteurs les plus prisés des grands producteurs d'électricité pour se diversifier sur les marchés matures.

La recherche dans les technologies bas carbone séduit

Au-delà des réseaux intelligents, les technologies bas carbone représentent les poches d'investissements favorites des investisseurs en recherche et développement. Après des années de stagnation, les investissements publics repartent à la hausse dans le secteur de l'énergie, et se concentrent sur ces technologies vertes, de même que les investissements consentis par les acteurs privés.

Le secteur automobile (aussi bien les véhicules électriques que les nouvelles mobilités) a attiré une part importante de ces investissements. L'AIE observe qu'une accélération serait souhaitable dans le captage, stockage et utilisation du CO2, si la planète veut espérer respecter l'accord de Paris de limiter la hausse des températures à +2°C, ce qui implique d'atteindre la neutralité carbone dans la deuxième moitié du siècle. Le secteur a jusqu'à présent pâti d'un manque de compétitivité et d'une absence de régulation favorable. Les auteurs du rapport estiment qu'une taxe carbone fixée à 50 dollars la tonne devrait suffire pour inciter à la séquestration de quelque 450 millions de tonnes. Cela reviendrait à multiplier les volumes actuels par 15, et permettrait de neutraliser l'équivalent des émissions mondiales de 2017.

Signes du dynamisme du secteur du stockage, l'AIE révèle que l'activité d'extraction de lithium (composant essentiel de la grande majorité des batteries actuelles) a été multipliée par 10 depuis 2012, et la capacité de production de batteries, par cinq.

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a écrit le 06/08/2018 à 12:13 :
Pourquoi pas. L'électricité c'est l'avenir, le problème c'est que l'arnaque intellectuelle n'est jamais loin, ce qui compte c'est comment on la produit. Ça parait évident et pourtant souvent l'électrique permet de se boucher le nez, les centrales thermiques ne sont pas une solution.
a écrit le 05/08/2018 à 12:01 :
LA GRANDE ILLUSION !Je ris devant la naiveté ambiante de certains commentaires et la duplicité de ceux ,tels les écolos , qui croient qu'ils peuvent changer les choses !Quelques chiffres . -----1700 ,063 milliards d'habitants sur terre ! 1900 ,1.7 milliard ,2017 , 7.5 milliards soit 444 % d'augmentation EN SEULEMENT 117 ANS !Prévisions (trés optimistes ) pour 2050 ,11 milliards et pour 2100 15 milliards !Un enfant qui nait maintenant voit l'humanité à 7.5 milliards , et à 82 ans la verra au minimum à 15 milliards .Ses petits enfants la verront à combien .....!Faites un graphique en abscisse la durée en siecles et en ordonnée les milliards d'humains !La courbe est trés fortement exponentielle !Dans le réel il y a des causes et des effets !On nous bassine avec les effets sans jamais s'attaquer aux causes !Allez demander au classes sociales moyennes chinoises de ne pas croitre et de moins consommer !Faite de meme avec l'Inde qui va suivre de pret la Chine et un peu plus tard l'Afrique, bombe thermo nucléaire démographique !C'est foutu d'avance ,la problématique démographique n'est prise en compte par personne ,le temps passe et tout le monde ,média ,écolos et politiques se regardent le nombril !Rendez vous aux drames de demain ,et pour nous français si proche de l'Afrique ,du Sahel en particulier, dont les demographes ont prévus une explosion de la natalité ,les migrants d'aujourd'hui ,une rigolade par rapport à ce qui va nous tomber dessus demain ............
a écrit le 04/08/2018 à 21:56 :
L'AIE se trompe,en préconisant le captage,stockage et utilisation du CO2.Il faut diminuer surtout la production de CO2 ,d'azote (provenant surtout de l'agriculture intensive)et de méthane ,si on veut lutter efficacement contre le réchauffement climatique. Le stockage du CO2 n 'est pas sûr, le CO2 stocké peut s'échapper à long terme .En plus,cela donnerait un argument aux partisans des énergies fossiles,pour continuer à utiliser le pétrole,le gaz et le charbon et augmenter la production de CO2.
a écrit le 04/08/2018 à 14:41 :
Bien sur passer des combustibles fossiles à l'électricité est la seule voie de réduction des GES. Par contre la planète bat aujourd'hui des records de consommations de gaz et de pétrole qui génèrent fatalement des rejets de CO2 et qui sont donc fatalement en hausse(plus généralement ils croissent avec la population)... Merci de rappeler à vos lecteurs que les progrès du pétrole sont liés au fait que c'est l'énergie la plus facile à stocker et à transporter, cesi datant de Rockfeller au début du 20 ième siècle....
C'est juste l'intérêt de l'histoire de permettre d'éviter de refaire les mêmes bétises ou de laisser croire que "la souris a mis le chocolat dans le papier alu etc etc.....
a écrit le 04/08/2018 à 9:14 :
C'est bien que nous soyons dans un monde beaucoup 'electrique' qu'un monde qui exploite un maximum le charbon, comme pour l'amerique du fake newser de donald trump en tete de chef. Donc oui a un monde plus electrique et un monde plus nucleaire pour fabriquer la quantite d'energie electrique necessaire.
a écrit le 04/08/2018 à 8:13 :
le tout électrique relève de l amateurisme.. devenons encore plus fragile et dépendant et vulnérable ? ?
Réponse de le 06/08/2018 à 7:30 :
Quels autres choix a-t-on ?
a écrit le 04/08/2018 à 8:12 :
le tout électrique relève de l amateurisme.. devenons encore plus fragile et dépendant ? ?
Réponse de le 04/08/2018 à 8:56 :
L 'électricité est un vecteur : il permet de mettre l'énergie a disposition en n'importe quel lieu et pour toute application thermique ou mécanique.... C'est plus facile que de transporter du gaz ou de l'essence et plus polyvalent. C'est comparable aux échanges de biens : avnt on faisait du troc... et on a inventé la monnaie, plus facile à utiliser... Et on n'est pas choqué que seule reste la monnaie ! Donc le tout électrique, c'est un peu normal... Ce qui est important, c'est comment on la produit et comment on l'utilise....
a écrit le 04/08/2018 à 8:00 :
Avec un parc automobile de 21 millions de véhicules en France il faut la production de 20 réacteurs nucléaires en France, quel est le plan pour répondre à cette explosion de la demande . On veut tout passer à l’electrIcité mais on est incapable de faire face à la demande future, il faut investi sur l’hydrogène
Réponse de le 04/08/2018 à 9:02 :
Ce qui est problématique, c'est pas le nombre de vehicules individuels ... Qu'ils soient à essence ou électriques, c'est une pollution (consommation d'énergie, encombrement vehicules, route, danger...). Si on accepte c'es inconvenients, autant que l'énergie utilisée ne soit pas polluante à court terme, donc pas d'essence . Que reste t il ? Le nucléaire parce que les ENR, c'est sympa, mais ça ne répond pas aux besoins (et à partir d'une certaine quantité, c'est polluant , cf articles de Jancovici)...
Réponse de le 04/08/2018 à 9:05 :
Correction : "Ce qui est problématique," c'est " le nombre de vehicules individuels" évidemment ....
Réponse de le 04/08/2018 à 9:28 :
peut etre quon a pas besoin de 21millions de voitures tout simplement !

En 2025 les voitures autonomes electriques permettront de proposer des services de taxi type uber a un prix inferieur au cout de possession dune voiture.

Et les taxis ca se partage.

Meme dans des petites villes ou a la campagbe ce genre de solution permettrade reduire le nombre de voitures a mobilite constante.

Donc pas besoin de 20 reacteurs .
10 suffiront.

Mais je suis daccord avec vous ce nest pas lideal.

Pas plus que le rechauffement climatique en cours.

Idealement, il faudrait baisser notre consommation denergie (meilleure isolation des batiments on gagne 5 reacteurs nucleaires, on ne laisse pas les appareils en veille, cest encore un reacteur deconomise etc)
Réponse de le 06/08/2018 à 7:40 :
@ Thecableguy :

Passer de voitures individuelles à des voitures autonomes ne réduira pas la conso électrique si les gens continuent à parcourir autant de kilomètres.

C’est juste que la conso électrique pour parcourir ces kilomètres sera répartie sur moins de véhicules.

On peut même penser qu’à kilométrage égal, les voitures autonomes collectives consommeront plus que des voitures individuelles pilotées par des humains :
1) elles consommeront plus d’électricité pour alimenter leurs capteurs et leur intelligence artificielle.
2) elles parcourront des kilomètres qu’une voiture individuelle ne ferait pas, pour aller d’un client à un autre.
a écrit le 04/08/2018 à 0:42 :
Parler d’énergie verte après trois articles sur les terres rares, où est la cohérence ? La transformation de ces énergies (éolien, photovoltaïque) en énergies utiles comme l’électricité est tout sauf vert, ni soutenable, ni durable, ni renouvelable quand nous dépasseront le pic de production de pétrole. Ce n’est pas la technologie qui est en jeu, mais les quantité de matières premières et de pétrole qui ont un stock fini, donc qui termineront un jour.
https://imgur.com/a/6dEDt
a écrit le 03/08/2018 à 19:35 :
L'éolien, l'hydrolien, les panneaux photovoltaïques, les barrages, c'est électrique. A part le biogaz, tout sera électrique. En prévision, quand ma chaudière gaz sera en panne grave, il faudra la remplacer par une pompe à chaleur, électrique, l'avenir (obligé).
Réponse de le 03/08/2018 à 22:27 :
Il est quand même assez aberrant que dans le cadre de la lutte contre le dérèglement du climat, l’interdiction d’installation de nouvelles chaudières au gaz et au fuel n’ait pas déjà été programmée :

Le chauffage et l’ECS au gaz et au fuel représentent de l’ordre d’un tiers de nos émissions de CO2 ! Et on a déjà de nombreuses technologies de substitution.

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