L'embellie se confirme dans le secteur du recyclage

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En 2017, le nombre d'établissements (2050) a néanmoins baissé de 5% par rapport à l'année précédente, et celui d'entreprises (1100) de 12%.
En 2017, le nombre d'établissements (2050) a néanmoins baissé de 5% par rapport à l'année précédente, et celui d'entreprises (1100) de 12%. (Crédits : Reuters)
Le chiffre d'affaires d'ensemble du secteur a augmenté de 5,7% en 2017, alors qu'il baissait de 1,8% en 2016. Les emplois ont crû de 6%, et les investissements de 12%, traduisant un regain d'optimisme des industriels.

Après la crise, due à la baisse des prix du pétrole et du minerai de fer, puis un timide retour de la confiance, l'industrie du recyclage retrouve en 2017 le chemin de la croissance. Selon les chiffres publiés ce mercredi 17 octobre par la fédération des entreprises du secteur (Federec), le chiffre d'affaires des entreprises du secteur a en effet globalement augmenté de 5,7% l'an dernier, alors que l'année précédente il baissait encore de 1,8%.

"Avec 9 milliards d'euros, nous revenons aux niveaux d'avant 2014", s'est félicité le président de la fédération, Jean-Philippe Carpentier.

Des ventes et des prix en hausse

Cette croissance du chiffre d'affaires est en corrélation avec celle des volumes. 104,9 millions de tonnes de déchets ont été globalement collectées en 2017 soit 2% de plus qu'en 2016.

Une augmentation qui fait écho à la reprise économique ainsi qu'au renforcement des politiques publiques d'économie circulaire, deux facteurs importants particulièrement dans les secteurs des métaux, des textiles, du bois et du bâtiment. Mais les volumes des ventes et, contrairement à 2016, certains prix ont aussi évolué positivement, explique Federec. 90% des entreprises interrogées par la fédération ont d'ailleurs considéré que l'année écoulée a été satisfaisante.

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Autre motif de satisfaction aux yeux de Jean-Philippe Carpentier : l'optimisme des professionnels face à l'avenir. Malgré des difficultés de recrutement sur certains postes, les emplois "non délocalisables" ont augmenté de 6% en 2017, et encore plus dans les régions les moins urbanisées, souligne Federec. Les investissements ont même crû davantage, de 12%, en atteignant un montant global de 521 millions d'euros. 52% ont été consacrés au renouvellement des machines et 26% à l'agrandissement des locaux.

Concentration et menaces géopolitiques

Pourtant, "les trois dernières années ont laissé des traces" et l'avenir recèle encore des menaces. En 2017, le nombre d'établissements (2.050) a baissé de 5% par rapport à l'année précédente, et celui d'entreprises (1.100) de 12%. "Cela est dû d'une part à la disparition de certains petits sites ayant rencontré des problèmes de trésorerie, d'autre part à un phénomène de concentration" suivant la complexification du secteur, explique Jean-Philippe Carpentier, tout en soulignant que les TPE-PME représentent encore la majorité des professionnels.

Entre 2017 et 2018, en outre, les décisions de politique économique de deux grands pays sont venues bouleverser le marché des matières premières recyclées. Tout d'abord, celle de la Chine de renforcer les standards de qualité appliqués aux matières recyclées importées. En limitant les exportations européennes, elle a impacté directement ou indirectement les filières française du recyclage du plastique et des cartons et papiers, confrontées à une saturation du marché et à une chute des cours. Ensuite, les mesures protectionnistes adoptées par Donald Trump, notamment les taxes à l'import sur l'acier et l'aluminium, et la guerre commerciale avec la Chine qui en a découlé, ont pénalisé les exportations des filières des métaux ferreux et non ferreux.

Une opportunité de réindustrialisation

Autant de difficultés qui, à long terme, peuvent toutefois se transformer en une  opportunité de réindustrialisation, estime Federec. Pour ce dernier la solution est donc l'amélioration de la qualité des matières premières issues du recyclage afin d'accroître leurs marchés domestique et international.

"Les investissements vont donc se poursuivre pour construire de nouvelles lignes de production", prédit-il.

La mise en oeuvre de la feuille de route de l'économie circulaire du gouvernement français devrait aussi contribuer à une augmentation des flux de recyclage. Federec insiste d'ailleurs sur l'impact environnemental positif de son industrie qui, en 2017, a permis d'éviter l'émission de 22,5 millions de tonnes de CO2, à savoir 5% de l'ensemble de celles françaises.

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Commentaires
a écrit le 18/10/2018 à 21:45 :
J'ai pas de nouvelles récentes, mais il y a un an la ferraille tout venant était payée 4,5 centimes le kg, franchement on peut se demander à quoi servent les taxes liées au recyclage si elles n'apparaissent pas au moment de payer, et est-ce incitatif pour que les citoyens comme vous et moi de démonter trier les métaux de nos vieux objets dans un but financier et écolo?
Comme le cuivre qui devrait être éternel?
Vous savez tous bien qu'un vieux lave-linge, et même une auto tout est broyé et très peu de métaux intéressants survivent au passage en fonderie, si on continue il n'y aura plus de cuivre pour nos arrières petits enfants!
ni néodyme, étain, argent, tantale etc.
a écrit le 18/10/2018 à 8:41 :
En prenant du recul on voit qu'il faut qu'il y ai le secteur de la pollution pour que celui du recyclage soit vivable.

Vous n'avez pas l'impression qu'il serait temps de se pencher sur cette aberration qui ne fait que détruire un peu plus la planète ?

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