L'embellie se confirme dans le secteur du recyclage

Déchets en papier, recyclage, déchetterie,
Reuters

Déchets en papier, recyclage, déchetterie,
Reuters
Après la crise, due à la baisse des prix du pétrole et du minerai de fer, puis un timide retour de la confiance, l'industrie du recyclage retrouve en 2017 le chemin de la croissance. Selon les chiffres publiés ce mercredi 17 octobre par la fédération des entreprises du secteur (Federec), leur chiffre d'affaires a en effet globalement augmenté de 5,7% l'an dernier, alors que l'année précédente il baissait encore de 1,8%.
Cette croissance du chiffre d'affaires est en corrélation avec celle des volumes. 104,9 millions de tonnes de déchets ont été globalement collectées en 2017 soit 2% de plus qu'en 2016.
Une augmentation qui fait écho à la reprise économique ainsi qu'au renforcement des politiques publiques d'économie circulaire, deux facteurs importants particulièrement dans les secteurs des métaux, des textiles, du bois et du bâtiment. Mais, contrairement à 2016, certains prix ont aussi évolué positivement, explique Federec. 90% des entreprises interrogées par la fédération ont d'ailleurs considéré que l'année écoulée a été satisfaisante.
Autre motif de satisfaction aux yeux de Jean-Philippe Carpentier : l'optimisme des professionnels face à l'avenir. Malgré des difficultés de recrutement sur certains postes, les emplois "non délocalisables" ont augmenté de 6% en 2017, et encore plus dans les régions les moins urbanisées, souligne Federec. Les investissements ont même crû davantage, de 12%, en atteignant un montant global de 521 millions d'euros. 52% ont été consacrés au renouvellement des machines et 26% à l'agrandissement des locaux.
Pourtant, "les trois dernières années ont laissé des traces" et l'avenir recèle encore des menaces. En 2017, le nombre d'établissements (2.050) a baissé de 5% par rapport à l'année précédente, et celui d'entreprises (1.100) de 12%. "Cela est dû d'une part à la disparition de certains petits sites ayant rencontré des problèmes de trésorerie, d'autre part à un phénomène de concentration" suivant la complexification du secteur, explique Jean-Philippe Carpentier, tout en soulignant que les TPE-PME représentent encore la majorité des professionnels.
Chaque semaine, les enjeux clés de la transition écologique.

Entre 2017 et 2018, en outre, les décisions de politique économique de deux grands pays sont venues bouleverser le marché des matières premières recyclées. Tout d'abord, celle de la Chine de renforcer les standards de qualité appliqués aux matières recyclées importées. En limitant les exportations européennes, elle a impacté directement ou indirectement les filières française du recyclage du plastique et des cartons et papiers, confrontées à une saturation du marché et à une chute des cours. Ensuite, les mesures protectionnistes adoptées par Donald Trump, notamment les taxes à l'import sur l'acier et l'aluminium, et la guerre commerciale avec la Chine qui en a découlé, ont pénalisé les exportations des filières des métaux ferreux et non ferreux.
Autant de difficultés qui, à long terme, peuvent toutefois se transformer en une opportunité de réindustrialisation, estime Federec. Pour ce dernier la solution est donc l'amélioration de la qualité des matières premières issues du recyclage afin d'accroître leurs marchés domestique et international.
À lire également
La mise en oeuvre de la feuille de route de l'économie circulaire du gouvernement français devrait aussi contribuer à une augmentation des flux de recyclage. Federec insiste d'ailleurs sur l'impact environnemental positif de son industrie qui, en 2017, a permis d'éviter l'émission de 22,5 millions de tonnes de CO2, à savoir 5% de l'ensemble de celles françaises.