"La France peut devenir leader en matière d'innovation environnementale" Marie-Vorgan Le Barzic, Numa

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Le startups qui oeuvrent pour l'environnement sont non seulement de plus en plus nombreuses, mais aussi de plus en plus efficaces, et leurs centres d'intérêts convergent de plus en plus avec ceux des grands groupes, analyse Marie-Vorgan Le Barzic .
"Le startups qui oeuvrent pour l'environnement sont non seulement de plus en plus nombreuses, mais aussi de plus en plus efficaces, et leurs centres d'intérêts convergent de plus en plus avec ceux des grands groupes", analyse Marie-Vorgan Le Barzic . (Crédits : DR)
Parmi les nombreux side events du One Planet Summit(*) qui se tient demain à Paris, la Station F accueille aujourd'hui Tech For Planet, dédié aux startups. Marie-Vorgan Le Barzic, à la tête du réseau mondial de l'innovation Numa, qui organise l'événement, explique à La Tribune son sens.

LA TRIBUNE - Pourquoi dans le cadre du One Planet Summit(*) avez-vous voulu organiser un événement consacré aux startups, Tech for Planet ?

MARIE-VORGAN LE BARZIC - A Numa, nous sommes convaincus depuis longtemps que, si le développement technologique ne peut pas être arrêté et est fondamentalement bon pour l'humanité, il ne peut pas être poursuivi au détriment de la planète. Nous connaissons l'impact dramatique que peuvent avoir le stockage et l'utilisation des big data... Notre sens de responsabilité nous impose donc d'accompagner les startups qui œuvrent pour l'environnement.

Sont-elles nombreuses ?

Nous constatons qu'elles sont non seulement de plus en plus nombreuses, mais aussi de plus en plus efficaces, et que leurs centres d'intérêts convergent de plus en plus avec ceux des grands groupes. Cela est par exemple très évident dans le cadre de notre programme consacré aux villes, Data City. Le constat est très proche de celui que l'on peut formuler en matière d'égalité entre femmes et hommes : le vivier existe, il faut maintenant lui permettre de grandir.

Quels seraient à votre sens les meilleurs leviers ?

Avoir conscience de l'existence de ces solutions en est déjà un. Mais il faut aussi accepter de se placer dans une logique d'itération favorisant l'expérimentation, en renonçant à chercher la solution parfaite. Le développement de partenariats entre l'ensemble des acteurs, à savoir les villes, les acteurs industriels et les startups, est aussi indispensable pour permettre à ces dernières de grandir.

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Quid du financement, au centre du One Planet Summit(*) ?

Parler de financement de l'innovation environnementale impose d'aborder deux sujets. Le premier est celui de comment apporter aux startups du secteur des moyens dédiés : des annonces importantes seront faites en ce sens par nos partenaires dans le cadre de Tech For Planet. Le deuxième implique de se demander comment se détourner des projets qui avancent au détriment de la planète. La clé est d'intégrer de nouveaux indicateurs qui permettent d'orienter les efforts dans une perspective de plus long terme, en arrêtant d'opposer performance économique et planétaire, par exemple dans le cadre d'allocations de fonds. Nos échanges avec la présidence de la République ont montré que nous sommes d'accord sur ce point. Et des partenaires tels que BNP Paribas, qui s'est retiré des projet d'extraction dans le gaz de schiste, se sont déjà lancés dans cette voie. Cette approche, nouvelle, est indispensable, puisque les échéances critiques pour la survie de nos écosystèmes se rapprochent dramatiquement : elles se situent désormais à l'horizon 2020.

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Les pouvoirs publics sont-ils assez engagés en ce sens ?

Les villes le sont déjà beaucoup. En France notamment, nombre d'entre elles mettent en place des expérimentations à très grande échelle visant à résorber les problèmes liés à l'urbanisation. En tant qu'Etat, la France commence aussi à prendre des mesures, et le signal lancé par Emmanuel Macron via le One Planet Summit, mettant l'accent sur la finance, produira probablement des effets. Les startups attendent toutefois encore une réglementation universelle, fiscale et financière, qui favoriserait la mise en oeuvre de leurs solutions.

L'effort des villes et de l'Etat français donne-t-il ses fruits en termes de perfomance des startups de l'Hexagone ?

Aujourd'hui, on ne peut pas affirmer que la France soit leader en matière d'innovation environnementale. Mais nous pouvons décider de le devenir, car tout converge chez nous : compétences en matière d'intelligence artificielle, présence de grands groupes spécialisés dans la gestion des ressources, engagement des pouvoirs publics. Nous avons les moyens de créer un hub européen, voire français, sur ce marché qui vaut déjà des dizaines de milliards d'euros.

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(*) Le "One Planet Summit", co-organisé par la France, l'ONU et la Banque mondiale, se déroulera le mardi 12 décembre 2017 sur l'Île Seguin, à Boulogne-Billancourt, dans les Hauts-de-Seine. En parallèle de ce sommet, se déroulent d'autres événements (side events) organisés le 10, 11 et 13 décembre.

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a écrit le 12/12/2017 à 15:14 :
Place à l’innovation et au changement de modèle.
Encore faut t’il que l’on sorte du conservatisme ambiant et de l‘autosatisfaction pour laisser la possibilité à ces entreprises et technologies de se développer. On ne pourra perpétrer des modèles qui datent de 2 siècles ni miser l’avenir du pays sur la seule exploitation des ressources, puisque les ressources en question vont manquer et qu’en plus elles participent à la dégradation environnementale (exception faite des ressources quasi infinies, telles l’énergie solaire).
Par rapport aux nouvelles technologies, la France, malgré de brillants informaticiens (http://www.journaldunet.com/solutions/0606/060615-inventeurs-francais/4.shtml), n’a pas réussi à développer un leader ou un GAFAM. Pendant que l’on continue à creuser ou à pomper (cela fait penser aux Shadocks) des leaders mondiaux du numérique bâtissent des empires et assurent leurs revenus futurs dans le monde entier.
Pour en comprendre les raisons je me permets de reprendre une analyse du scientifique Gerrad Berry, « La France est un pays minier, orienté vers la matière et l’énergie. On a fait le TGV, l’Airbus, mais on n’a jamais fabriqué un ordinateur décent. Raisonner sur la matière et l’énergie, et raisonner sur l’information, c’est très différent ». On pourrait y rajouter le culte de l’administratif, l’un découlant de l’autre et permettant de l’entretenir. Sauf qu’avec le développement technologique et la concurrence mondiale les modèles industriels ont changé et qu’il faut trouver d’autres relais de croissance ou simplement se résigner à décliner.
En France l'industrie de l'énergie représentait 2,0 % du PIB en 2015 et les TIC 3.8 % du PIB.
Dans les TIC le marché mondial est estimé à 4200 Milliards, or parmi les pays de l’OCDE on n’est classés qu’en 16 e position (et en Tunise les TIC c’est 7 % du PIB). Voir les études de la COFACE (http://www.coface.fr/Etudes-economiques-et-risque-pays/TIC) et de la Banque Mondiale : Les dividendes du numérique. (Banque mondiale. 2016. « Rapport sur le développement dans le monde 2016 : Les dividendes du numérique. »).
Réponse de le 12/12/2017 à 17:15 :
Et pour compléter sur l'aspect énergétique :
Puisque les datas et l’énergie sont obligatoirement liés, ne serais que du fait que les deux reposent sur la gestion des flux. Une forme de convergence que Jeremy Rifkin qualifie de « troisième révolution industrielle : ou comment le pouvoir latéral va transformer l'énergie, l'économie et le monde »
Extrait de Wiki : « issue de la convergence du secteur de l'énergie et de celui de l'informatique, qui pourrait permettre la mise en commun et le partage de millions de sources distribuées d'énergie (solaire, éolienne, marine, géothermique, hydroélectrique, issue de la biomasse et des déchets, etc.)".

Dans le secteur de l’énergie, les investissements mondiaux auraient été de 1700 Milliards de Dollars en 2016, source Usine Nouvelle.

Les chiffres de la consommation mondiale en énergie primaire sont énormes : selon BP, elle était en 2016 de 13276 Mtep (bp-statistical-review-of-world-energy-2017-full-report.pdf) et les émissions mondiales de CO2 de 3432 Millions de Tonnes (bp-statistical-review-of-world-energy-2017-co2-emissions.pdf).

Ce qui représente pour les 13276 Mtep (sauf erreur dans mes calculs et sans tenir compte de taux de rendement des usages) :
En équivalents Barils de Pétrole (1TEP = 7 barils et un baril à 53 €) : l’équivalent de 5000 Milliards d’Euros
En équivalents MWh (1 TEP = 11,63 MWh), avec un MWh à 50 € (ce qui n'est pas cher) : l’équivalent de 7700 Milliards d’Euros.
Ce qui oblige à réduire notre consommation et à compenser en taxant la Tonne de CO2, en attendant de développer grâce aux énergies renouvelables des moyens de production moins chers. L’effort va être considérable (certains diront que c'est la faute aux écolos, aux bobos ou aux sorcières du haut berry), mais plus sérieusement, étant donné que l’on ne peut pas changer de planète, on est obligés de préserver celle que l’on a et changer de modèle.

Dans le contexte de la prise de conscience des limites du modèle énergétique actuel et de l’obligatoire transition énergétique, beaucoup d’études et d’analyses sont publiées :
Parmi celles-si :celle publiée par CapGemini (Observatoire Mondial des Marchés de l’Energie 2017) . https://www.capgemini.com/wemo
Le rapport de I4CE « Panorama des financements climat en France ».
Sur le site Enerdata : https://www.enerdata.net/publications/reports-presentations/
Qui fait un tour d’horizon des secteurs, scenarios et autres prospectives.
Et le site de l’IEA.
a écrit le 12/12/2017 à 11:15 :
grace a la Tribune, je decouvre tous les jours des "petits jeunes" parfaitement
improductifs (mais sans doute bien payés)....quand ils ne sont pas nuisibles.
a écrit le 12/12/2017 à 11:14 :
grace a la Tribune, je decouvre tous les jours des "petits jeunes" parfaitement
improductifs (mais sans doute bien payés)....quand ils ne sont pas nuisibles.
a écrit le 11/12/2017 à 18:58 :
C'est bien mignon tout ces écolo-bobos qui nourrissent leurs rêves à crédit avec notre argent mais c'est ridicule.
Ils sont encore en train de vouloir planifier, preuve, s'il en était besoin, que notre pays en dérive totale. Ailleurs dans le monde, les économies bougent, les vraies innovations (celles qui sont rentables et plébiscitées ce faisant) avancent pendant que d'aucuns chez nous veulent inventer le vélo à vent et continuer de brasser de l'air tout en récoltant un max de subventions.
Car, s'il est un domaine où la France innove, c'est bien sur les taxes, mais jamais sur la performance, l'efficacité et la rentabilité. Résultat : le pays plonge lentement mais surement.
Réponse de le 11/12/2017 à 21:30 :
Mais qu'avez-vous fait, vous , d’important pour votre pays qui vous donne le droit de donner des leçons a des gens qui se bougent le c.l pour améliorer la vie de leurs semblables ?
a écrit le 11/12/2017 à 17:56 :
la france innove en investissant sur l'avenir!!! heuliez, la sncm, et tt le reste!
y a aussi l'interdiction de rouler en voiture ( qui sera bientot passible de camp), l'obligation de rendre a+++ des maisons qui ne le seront jamais ( sauf batiments publics, hein, la ca coute trop cher)
il faut voter une loi qui interdit le dentifrice et obliger les francais a se brosser les dents avec de la terre glaise, comme les vrais ecolos!
sinon, les innovations sont aussi dans les methodes de lecture et de calcul! grace a elles et a leur precurseurs maoistes, la france perd 5 places au pisa a chaque evaluation!
l'innovation miserabiliste a la francaise pour tous, c'est maintenant!
votre pays a avant tout un probleme de mentalite, pas la peine de regler les autres pbs avant d'avoir regle celui la!
a écrit le 11/12/2017 à 17:35 :
L'économie "verte" n'existe pas depuis COP21. Les panneaux solaire sont fabriqué depuis plus de 20 ans les éoliennes aussi. Les Danois, les Allemands et les Espagnoles ont été parmi les premiers, aujourd'hui les chinois et les américains et demain peut-être la France qui sait.... en tout cas ils commencent à en parler et parler et parler et....
a écrit le 11/12/2017 à 16:38 :
Si nous respectons au moins notre environnement! Pour l'économie et la finance il y a une autre écologie, celle de l'argent!
a écrit le 11/12/2017 à 16:06 :
Vous parlez toujours de la France comme si elle était souveraine, la France paiera mais l'UE de Bruxelles récoltera!
Réponse de le 11/12/2017 à 16:27 :
Bruxelles n est il pas un eldorado fiscal pour certains ?

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