Le recyclage des petits déchets en aluminium étendu à 30 millions de Français en 2022

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Les petits emballages représentent 60% de ceux en aluminium mis sur le marché en France.
Les petits emballages représentent 60% de ceux en aluminium mis sur le marché en France. (Crédits : Reuters)
Capsules de café, gourdes de compote, emballage de fromages frais: ces déchets, qui jusqu'à il y a dix ans étaient complètement négligés, sont aujourd'hui recyclés dans 19 centres de tri. L'objectif du Projet métal, qui réunit acteurs publics et privés, est d'équiper des machines nécessaires une soixantaine de ces établissements dans les cinq années à venir.

La progression est déjà la plus forte parmi les matériaux d'emballage. Depuis 2009, date de lancement du "Projet métal", le taux de recyclage des conditionnements en aluminium est passé de 32% à 43%, contre une moyenne de 70% pour les emballages en France. Quelque 19 centres de tri, traitant les déchets de 9 millions de Français, ont été équipés de séparateurs à courant de Foucault permettant de récupérer les emballages légers en aluminium issus de la collective sélective, auparavant rejetés en raison de leurs petites dimensions.

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Aujourd'hui cette expérimentation, qui a permis la naissance d'une nouvelle filière de recyclage, passe à la vitesse supérieure. Le projet sera prolongé jusqu'à 2022, a annoncé mercredi 22 novembre le Club de l'emballage léger en aluminium et en acier (CELAA), association d'acteurs privés et publics à l'origine de l'initiative. L'objectif est notamment de moderniser une bonne soixantaine de centres de tri, et ainsi d'atteindre 30 millions de Français, qui pourront ainsi sereinement jeter leurs capsules de café et sachets de compote dans la poubelle du tri .

Une économie d'énergie de 95%

L'expérimentation a en effet déjà prouvé son intérêt environnemental. Les petits emballages représentent 60% de ceux en aluminium mis sur le marché en France. En 2016, les neuf centres de tri alors équipés de machines à courant de Foucault ont accru de 65% les tonnages d'aluminium recyclé. Or, ce matériau est à 100% recyclable et l'utilisation d'aluminium recyclé permet d'économiser 95% de l'énergie nécessaire pour en fabriquer du vierge.

La tendance au conditionnement individuel fera en outre sans doute croître les volumes des emballages en aluminium léger. Pour ces raisons, le Projet métal a d'ailleurs été inscrit dans l'agrément de la filière emballage 2018-2022.

Un soutien dans l'établissement du business model

Le mouvement suivra celui de modernisation des centres de tri que l'éco-organisme en charge de la gestion des déchets d'emballages, Citeo, appelle de ses vœux, explique son directeur général Jean Hornain. Les établissements souhaitant investir dans les machines à courant de Foucault seront aidés dans la définition de leur business model par le Celaa, qui réunit les expertises d'entreprises agro-alimentaires telles que Bel, Coca-Cola, Materne et Nespresso, de fabricants d'emballages et de recycleurs comme Suez et Veolia.

L'investissement moyen nécessaire de 150.000 euros sera soutenu par une aide de 278 euros versée par Citeo pour chaque tonne d'aluminium recyclé, abondée par 300 euros venant d'un Fonds de dotation pour le recyclage des petits aluminiums mis en place par Nespresso. Un petit bonus est également assuré pour l'acier inévitablement récupéré avec l'aluminium (dans des quantités deux fois supérieures à ce dernier), soutenu au niveau de 62 euros la tonne par Citeo.

Le Projet métal accompagnera aussi les collectivités territoriales dans la communication concernant la modification des consignes de tri, puisque la rentabilité des investissements des centres de tri dépendra des volumes collectés. L'Association des maires de France (AMF) est d'ailleurs partenaire. A Paris, on attend pour fin 2018 l'équipement de l'ensemble des centre traitant les déchets de ses habitants.

Des déchets traités en Allemagne

Pour l'instant, les déchets collectés seront recyclés en Allemagne, dans une usine située à proximité de la frontière française et spécialisée dans le traitement des déchets légers en aluminium par pyrolyse, technique plus adaptée par rapport à la fusion. Mais l'augmentation des volumes en France pourrait convaincre des Français de se lancer dans cette activité, espère le Celaa. L'entreprise allemande serait elle-même prête à investir en France, affirme Jean Hornain.

Entre temps, la collecte des capsules proposées par Nespresso dans ses propres magasins, ou le partenariat entre Maternes et l'entreprise Terracycle, qui récupère ses gourdes de compote, continueront d'être menés par des entreprises de plus en plus conscientes du poids des déchets sur leur réputation.

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Commentaires
a écrit le 24/11/2017 à 21:21 :
Dans une cafétéria de restau universitaire en Allemagne (y a bien 15 ans), il y avait une grande poubelle pour déposer (que) les opercules en aluminium des pots plastique (desserts ?). C'est léger mais quand y en a beaucoup ça fini par faire, et c'est facile à trier vu que ça se fait à la source... Sans filière, ça ne servirait à rien. En Italie, les "poubelles" métal que j'ai vues n'acceptent que l'aluminium (cannettes, autres), le fer des boites de conserve étant magnétique, en sortie d'incinérateur, c'est aisé à récupérer.
Les salades mexicaines et analogues chez Lecl** étaient dans de l'alu (vernis), c'est passé au fer depuis 1-2 ans, question de coût/poids, ou de crainte du public vs l'aluminium ?

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