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ClimatEnergie & Environnement

"Notre avenir énergétique et écologique passe par le nucléaire", juge Macron

AFP

Publié le 08 décembre 2020 à 16:13 - Mis à jour le 08 décembre 2020 à 17:11

Le ministre de l'Economie Emmanuel Macron visite la centrale nucléaire de Civaux, France, le 17 mars 2016

Photo d'archive. Emmanuel Macron, alors ministre de l'Économie, visite la centrale nucléaire de Civaux, en France, le 17 mars 2016.

Reuters

Le Quotidien Numérique

18 juillet 2026

Photo d'illustration de l'article
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Le chef de l'État s'est rendu ce mardi sur le site industriel du groupe Framatome du Creusot (Saône-et-Loire) pour soutenir la filière nucléaire civile et militaire. Les industriels du secteur dans le civil se sont montrés globalement satisfaits du soutien affiché par le président Macron, qui a par ailleurs annoncé que le futur porte-avions français sera à propulsion nucléaire.

"Notre avenir énergétique et écologique passe par le nucléaire", a déclaré Emmanuel Macron lors d'une visite sur le site du groupe Framatome du Creusot.

"Pourvu qu'on progresse sur les déchets et la sûreté, le nucléaire est une énergie décarbonée, une énergie sûre" qui doit rester "un pilier de notre mix énergétique", a-t-il estimé, tout en demandant également "un très haut niveau d'énergies renouvelables".

Le futur porte-avions français sera à propulsion nucléaire

Le futur porte-avions français, qui remplacera le Charles-de-Gaulle en 2038, sera lui aussi doté d'une "propulsion nucléaire", a par ailleurs annoncé le président.

"Le nucléaire restera la pierre angulaire de notre autonomie stratégique", a-t-il affirmé.

Les industriels du nucléaire entre satisfaction et impatience

Les industriels du nucléaire civil se montraient satisfaits ce mardi du soutien affiché par le président Macron, tout en manifestant une certaine impatience, alors qu'une éventuelle nouvelle commande d'EPR devra attendre.

Emmanuel Macron avait déjà loué, ces derniers jours, le rôle de l'atome dans la lutte contre le réchauffement climatique: "le nucléaire est une énergie décarbonée non intermittente", avait souligné le président dans son entretien à Brut vendredi.

Sa venue "est un signe très fort" qui donne de la "visibilité" au secteur, salue Philippe Frantz, président du groupe Reel et du pôle de compétitivité de la filière nucléaire française, Nuclear Valley.

Dans la situation actuelle, "je ne vois pas très bien comment on peut s'en tirer sans au moins prolonger la durée de vie des réacteurs de 40 à 50 ans, voire investir un peu plus loin pour le renouvellement" du parc, avance-t-il.

Depuis quelques années, la filière nucléaire - qui revendique 220.000 salariés en France - met en avant son atout pour le climat. En effet, cette énergie émet peu de CO2, même en prenant en compte l'ensemble de son cycle de l'extraction de l'uranium au démantèlement des centrales.

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Ses détracteurs soulignent en revanche les risques d'accident et le problème des déchets. Ils critiquent aussi les coûts élevés et les délais des projets nucléaires, qui les rendraient peu compétitifs.

"L'efficacité de l'investissement d'un euro dans le nouveau nucléaire est largement inférieur à toute autre option, notamment efficacité énergétique et renouvelables", avance ainsi Mycle Schneider, un expert critique du secteur.

Mais les industriels contestent cette analyse et se sentent confortés dans leurs arguments par le soutien affiché par le président.

"Cette visite confirme l'importance du nucléaire, bas carbone compétitif et sûr, pour notre pays et pour le climat", se félicite le directeur général d'Orano, Philippe Knoche.

"C'est une reconnaissance que le parc nucléaire est indispensable à la fois pour assurer notre sécurité d'approvisionnement électrique (il fonctionne 24h/24) et pour atteindre nos objectifs climatiques", abonde Valérie Faudon, déléguée générale de la Société française d'énergie nucléaire (SFEN).

Ne pas "tarder"

Pourtant, les industriels ne devaient pas obtenir grand-chose de concret ce mardi, hormis un choix sur la propulsion du futur porte-avions français.

Une décision qui pourrait bénéficier tout de même à nombre d'entreprises, qui travaillent aussi bien dans le civil que le militaire, à commencer par Framatome. "C'est quasiment le même tissu industriel", souligne Philippe Frantz.

Côté civil, une éventuelle commande pour de nouveaux réacteurs en France - qui n'est pas acquise - devra toutefois attendre 2023, après le démarrage de l'EPR de Flamanville.

Un délai qui inquiète le secteur. "La France a besoin de lancer le programme des six EPR sans tarder à la fois pour des raisons de calendrier énergétique et de calendrier industriel", juge Valérie Faudon.

Sur ce dernier point, la filière dit avoir besoin de plus de "visibilité" pour embaucher, former et investir, faute de quoi elle risque de perdre les compétences nécessaires pour de nouveaux chantiers.

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Même son de cloche du côté de la CGT, qui n'a toujours pas digéré l'arrêt cette année des deux réacteurs de Fessenheim au nom du rééquilibrage des sources de production d'électricité.

"Pour la CGT il est désormais indispensable de lancer un programme adapté à nos capacités industrielles, en fixant le principe d'un palier de 6 à 10 tranches" nucléaires, a réagi la centrale syndicale ce mardi.

Les syndicats sont aussi très remontés contre le projet de réorganisation d'EDF, suspendu à une discussion avec Bruxelles sur la régulation économique du nucléaire.

AFP

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