Changement de rythme pour Nuward, le projet phare de petit réacteur nucléaire tricolore porté par EDF, Naval Group, TechnicAtome et le Commissariat à l'énergie atomique (CEA). Les quelque 350 personnes mobilisées sur ce programme nucléaire s'approchent d'une étape charnière : « Le basculement vers le basic design est prévu pour fin mars, début avril », indique Renaud Crassous, directeur de projet SMR (pour Small modular reactors) chez EDF.
« L'étape précédente, la phase d'avant-projet sommaire, consistait à affirmer les options d'architecture. Le basic design, lui, vise à dessiner beaucoup plus précisément la centrale. Nous entrons dans la conception industrielle. Il s'agit, par exemple, de décrire très précisément les équipements, le système de refroidissement, les pompes, etc. et la manière dont ils permettent d'atteindre nos objectifs de production et de sûreté. Nous entrons aussi dans un dialogue beaucoup plus riche avec les fabricants », explique-t-il.
Le financement de cette étape décisive s'appuiera sur les 500 millions d'euros fléchés dans le cadre du plan d'investissement France 2030.
Comme tous les projets de SMR, la philosophie de conception de Nuward s'inscrit en rupture avec ce qui se faisait habituellement dans le nucléaire, où le gain de puissance était constamment recherché pour augmenter la rentabilité. Basé sur une technologie à eau pressurisée (comme les actuels réacteurs français et les futurs EPR), le réacteur Nuward ne fera ainsi que 170 mégawatts (MW) de puissance, soit environ un neuvième de celle d'un EPR. Les réacteurs seront systématiquement associés par paire dans une centrale très compacte de 340 MW. Ce qui correspond peu ou prou à la puissance des centrales électriques à gaz, fioul et charbon, très répandues dans le monde et très émettrices de CO2, qu'elles visent à remplacer.