Parc éolien de Fécamp : un géant aux pieds de béton prévu en 2023
Nathalie Jourdan
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Le consortium Bouygues-Saipem-Boskalis a été chargé de construire et d'immerger les fondations des éoliennes du parc de Fécamp, troisième français après ceux de Saint-Nazaire et Saint-Brieuc
L.Critot
En pleine mer, les 71 éoliennes du parc offshore de Fécamp s’inséreront dans de gigantesques cônes de béton, chacun pesant le poids de la tour Eiffel. C’est la première fois au monde que cette technologie, dite de fondations gravitaires, est employée à cette échelle.
Le chantier en met plein les yeux. Pour un peu, il volerait la vedette aux méga porte-conteneurs qui accostent à quelques encablures de là et auxquels il n'a rien à envier en termes de gigantisme. Bienvenue sur le quai de Bougainville au Havre, où un consortium européen emmené par Bouygues construit des cônes de béton quasi pharaoniques : les fondations gravitaires des 71 futures éoliennes du parc offshore de Fécamp.
Ces cônes culmineront à une cinquantaine de mètres de haut pour un poids unitaire de 5.000 tonnes - autant que la tour Eiffel - et un diamètre à la base de 31 mètres. Chacun sera surmonté d'une sorte de bague en métal, top ring dans le jargon, qui enserrera le mât de l'éolienne et abritera les équipements électriques nécessaires à l'exportation de sa production.
Photo d'illustration (Crédits : DR)
Un choix inédit
C'est la première fois au monde que l'option gravitaire plus complexe et plus onéreuse est choisie par un exploitant - ici en l'occurrence EDF Renouvelables - pour un parc de cette taille et à cette profondeur (environ 30 mètres). L'immense majorité des éoliennes marines sont, en effet, supportées par des fondations en acier de type Jacket (une tour treillis) ou monopieu (une colonne), lesquelles nécessitent des forages. « À Fécamp, c'est la nature du sous-sol composé de craie et de silex qui nous a poussés à opter pour des embases à poser sur le fond marin », explique Bertrand Allanic, directeur du projet.
Malgré la pandémie, le calendrier n'a pas dérapé. Lancé il y a un peu plus d'un an, le chantier havrais où s'affairent quotidiennement 600 techniciens et ingénieurs (jusqu'à 1.000 en période de pointe) doit s'achever l'été prochain. Les 71 embases coniques seront ensuite acheminées trois par trois sur des barges puis ballastées et immergées par le groupe italien Saipem, spécialiste des recherches pétrolières. Elles reposeront sur un lit de gravier aménagé au préalable par le hollandais Boskalis, troisième membre du consortium.