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ClimatEnergie & Environnement

TotalEnergies lance une opération d'augmentation annuelle de capital réservée aux salariés

latribune.fr

Publié le 27 avril 2023 à 14:12 - Mis à jour le 27 avril 2023 à 14:22

Pouyanné

Patrick Pouyanné, à Beyrouth le 29 janvier.

Reuters

Le Quotidien Numérique

18 juillet 2026

Photo d'illustration de l'article
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TotalEnergies a publié ce jeudi des résultats en repli au titre du premier trimestre 2023, en raison de la baisse du prix des hydrocarbures, mais a annoncé un nouveau programme de rachats d'actions pouvant atteindre 2 milliards de dollars d'ici à fin juin. Pour rappel, Emmanuel Macron avait dénoncé cette pratique à peine plus d'un mois.

Ce sont des résultats en repli au premier trimestre 2023 qu'a annoncé TotalEnergies, ce jeudi. Le groupe enregistre, pour cette période, un résultat net ajusté de 6,5 milliards de dollars, en baisse de 27% et un Ebitda (bénéfice avant intérêts, impôts, dépréciation et amortissement) ajusté de 14,2 milliards (-19%). Son résultat opérationnel net ajusté chute, lui aussi, de 26% atteignant 6,993 milliards de dollars. De même, sa production est en baisse de 11% à 2,524 millions de barils par jour.

Lire aussiFace au déclin prochain de la demande de pétrole, TotalEnergies bifurque... vers le gaz

Ce jeudi, TotalEnergies a également annoncé le lancement de« l'opération d'augmentation de capital réservée aux salariés et anciens salariés de la Compagnie pour 2023 », indiquant se classer d'ores et déjà au « deuxième rang » en Europe de l'actionnariat salarié.

«Le Conseil d'administration s'est félicité de la récente publication de la Fédération Européenne de l'Actionnariat Salarié qui révèle que TotalEnergies se classe au deuxième rang des entreprises européennes pour l'actionnariat salarié, sur la base du montant de capital détenu par les employés», a indiqué le groupe dans un communiqué.

Le groupe rappelle avoir décidé en 2015 de mener « chaque année, contre tous les deux ans précédemment », une augmentation de capital réservée aux salariés avec décote. Au 31 mars 2023, « plus de 65% des salariés étaient actionnaires et détenaient au total 7,4% du capital de la Compagnie, soit 10 milliards d'euros, ce qui en fait le premier groupe d'actionnaires de TotalEnergies », a indiqué le groupe. A ce titre, les actionnaires salariés ont reçu 700 millions d'euros de dividendes en 2022, conclut le groupe.

Par ailleurs, l'énergéticien a annoncé un nouveau programme de rachats d'actions pouvant atteindre 2 milliards de dollars d'ici à fin juin et a confirmé l'augmentation de ses acomptes sur dividende, avec un montant de 0,74 euro par action au titre du premier trimestre.

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Bénéfice net en hausse

Cette annonce intervient à peine plus d'un mois après la charge d'Emmanuel Macron sur les entreprises qui rachètent leurs propres actions. Lors d'une allocution télévisée le 22 mars, le chef de l'Etat avait, en effet, dénoncé le « cynisme » de certaines « grandes entreprises » qui profitent « de leurs revenus tellement exceptionnels qu'ils en arrivent à utiliser cet argent pour racheter leurs propres actions ».

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Le bénéfice net est toutefois en hausse de 12% par rapport aux trois premiers mois de 2022, culminant à 5,6 milliards de dollars. À l'époque, le géant français avait également dégagé un résultat net de 4,9 milliards, amoindri en conséquence d'une dépréciation de 4,1 milliards de dollars d'actifs à la suite des sanctions internationales contre la Russie.

Chute des prix et de la demande de pétrole

Si en 2022, année marquée par un exercice exceptionnel avec le plus important bénéfice de son histoire (20,5 milliards de dollars), la major avait profité de la flambée des cours du gaz et du pétrole après le déclenchement de la guerre en Ukraine, les prix tendent, désormais, à la baisse. Les tarifs sur le marché des hydrocarbures devraient, en effet, se refroidir. Après avoir largement franchi la barre symbolique de 102 dollars en 2022, le baril de Brent, une des références de l'or noir, retombe en 2023 : il est déjà revenu en deçà de 80 dollars. Le 15 mars dernier, les prix du baril sont même tombés à leur plus bas niveau depuis décembre 2021, la panique des marchés financiers après la faillite de la banque californienne SVB s'étant propagée au marché pétrolier.

Au-delà des tarifs, la demande pourrait, elle aussi, connaître une tendance à la baisse. « La demande de pétrole est toujours en croissance, mais elle pourrait atteindre un plateau, voire décroître. Nous devons gérer notre portefeuille d'activités pour en tenir compte », avait souligné le patron de TotalEnergies, Patrick Pouyanné, le 22 mars dernier. La consommation d'or noir risque, en effet, de décliner rapidement, en raison d'une pénétration plus forte que prévu des véhicules électriques au détriment des voitures thermiques, notamment en Europe.

Pour y faire face, la major tricolore entend donc se détourner en partie de ce combustible fossile très polluant au profit du gaz et du GNL, dont la production doit augmenter de 40% entre 2021 à 2030, avait précisé le groupe en mars. De quoi lui permettre de renforcer, à court terme, certain de ses objectifs climat : les émissions de gaz à effet de serre liées à l'utilisation de ses produits pétroliers (kérosène, carburant...) devront diminuer de 30% d'ici à 2025 par rapport à 2015, au lieu de 2030 jusqu'alors, avait encore précisé Patrick Pouyanné. D'ici à la fin de la décennie, la réduction devra même atteindre 40%.

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Vente des activités d'exploitation des sables bitumineux au Canada

D'autant que, comme les autres grands groupes pétroliers, TotalEnergies fait l'objet de vives critiques de la part des ONG et de certains investisseurs, qui l'exhortent à accélérer sa transition énergétique. Après avoir fait voter une première résolution climatique par ses actionnaires l'an passé, TotalEnergies promet de faire approuver ses avancées en la matière lors de son assemblée générale du 26 mai prochain.

Soucieux de verdir son image sur les sujets climatiques et environnementaux, le groupe a également annoncé en même temps que ses résultats, ce jeudi, la vente de ses activités d'exploitation des sables bitumineux au Canada à SunCor Energy pour 4,1 milliards de dollars. Cette cession, qui porte sur l'intégralité des titres de la filiale canadienne du groupe français, TotalEnergies EP Canada Ltd, devrait être finalisée « avant la fin du 3e trimestre 2023 », a précisé le groupe dans un communiqué.

Les sables bitumineux de l'ouest canadien forment un vaste gisement de pétrole brut dont le Canada est le principal producteur au monde. Ils sont composés de sable, d'eau, d'argile et d'un type de pétrole appelé bitume, trop lourd et épais pour s'écouler librement, ressemblant à une mélasse, explique le site de l'Association canadienne des producteurs de pétrole (ACPP). Dans l'Alberta et la Saskatchewan, ils sont exploités et raffinés depuis 1967 par la Great Canadian Oil Sands, rebaptisée Suncor Energy, sur plus de 142.000 kilomètres carrés, précise l'ACPP.

Cette exploitation est très critiquée par les ONG environnementales pour son effet sur le climat: les processus qui permettent de transformer les sables bitumineux en carburant libèrent de trois à cinq fois plus de gaz à effet de serre que le pétrole conventionnel, déclare Les Amis de la Terre dans une fiche consacrée au sujet, selon laquelle cette activité « entraîne des pollutions, la destruction de forêts et des perturbations de la faune sauvage ».

TotalEnergies avait annoncé fin janvier qu'il allait acquérir des parts supplémentaires d'un projet d'exploitation de sables bitumineux au Canada avant de se séparer de ces activités en introduisant en Bourse sa filiale canadienne. Le groupe pétrolier avait alors assuré vouloir « concentrer ses nouveaux investissements pétroliers sur des projets à faible intensité carbone ». Depuis une évaluation en juin 2022, les sables bitumineux canadiens étaient qualifiés de stranded assets par le pétrolier français, une expression qui désigne des actifs « échoués » ou « bloqués » ayant perdu leur valeur.

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Le Mozambique appelle TotalEnergies à reprendre son immense projet gazier

Assurant que toutes les conditions sont réunies, le président mozambicain, Filipe Nyusi, a appelé TotalEnergies à reprendre son énorme projet d'exploitation de gaz naturel dans le pays, ce jeudi. Le projet évalué à 16,5 milliards d'euros est suspendu depuis 2021 suite à une attaque jihadiste d'ampleur, à quelques kilomètres du site dans la province du Cabo Delgado (nord-est), pauvre, mais riche en ressources naturelles.

En proie à des violences de groupes armés depuis fin 2017, près de 5.000 locaux ont été tués et un million de personnes déplacées. Le PDG, Patrick Pouyanné, s'est rendu dans le pays en février et s'est entretenu avec le président mozambicain, mais se montre encore prudent sur une reprise des opérations locales depuis l'attaque de 2021.

(Avec AFP)

latribune.fr

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