Transition énergétique : la feuille de route publiée, flou sur le nucléaire

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La PPE ne précise pas combien d'autres réacteurs devront être fermés d'ici 2023. Selon Greenpeace, entre 21 et 23 réacteurs devraient être arrêtés dans les sept ans pour respecter l'objectif. (Photo : la centrale de Dampierre-en-Burly, dans le Loiret)
La PPE ne précise pas combien d'autres réacteurs devront être fermés d'ici 2023. Selon Greenpeace, entre 21 et 23 réacteurs devraient être arrêtés dans les sept ans pour respecter l'objectif. (Photo : la centrale de Dampierre-en-Burly, dans le Loiret) (Crédits : REUTERS/Regis Duvignau)
Après des mois de négociations, la fameuse PPE a été publiée, et fixe la trajectoire des différentes sources d'énergies pour atteindre les objectifs fixés par la loi.

La programmation pluriannuelle de l'énergie (PPE) a enfin vu le jour vendredi, après plusieurs mois de retard sur le calendrier initial. Publiée sous la forme d'un décret, elle fixe la trajectoire d'évolution du bouquet énergétique de la France (pétrole, nucléaire, éolien...) d'ici à 2023.

Le communiqué publié par le ministère de l'Environnement précise les deux objectifs principaux de la feuille de route. D'abord, "réduire la consommation finale d'énergie de 12% d'ici 2023, et de 22% pour les énergies fossiles" et ensuite, "accélérer le développement des énergies renouvelables pour tous les usages (électricité, chaleur, gaz, carburants)". Pour le SER (Syndicat des énergies renouvelables), ces objectifs sont "cohérents"  pour que la part d'énergies renouvelables atteigne 32% de la consommation finale d'énergie en 2030.

Flou sur le nucléaire

Le texte prévoit aussi de réduire la production d'électricité d'origine nucléaire. La loi sur la transition énergétique, dont la PPE est le guide, prévoit de passer de 75% à 50% d'électricité d'origine nucléaire en 2025. Elle oblige en outre EDF à élaborer "un plan stratégique compatible avec les orientations de la programmation pluriannuelle de l'énergie" dans les six mois.

En revanche, seule la fermeture de la centrale de Fessenheim est mentionnée, alors que son arrêt seul ne suffira pas à atteindre l'objectif fixé. La PPE ne précise pas combien d'autres réacteurs devront être fermés d'ici 2023 alors que selon Greenpeace, entre 21 et 23 réacteurs devraient être arrêtés dans les sept ans pour respecter l'objectif.

Ce flou a également été souligné par Anne Bringault, coordinatrice sur la transition énergétique pour le CLER et le Réseau Action Climat : "Le gouvernement, en refusant de traiter la question de l'évolution du parc nucléaire vieillissant, met en péril le développement des énergies renouvelables et de l'efficacité énergétique. La transition énergétique tant vantée pendant la COP21 et ses dizaines de milliers d'emplois ne semblent plus être à l'ordre du jour."

(Avec AFP)

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Commentaires
a écrit le 01/11/2016 à 10:20 :
L'énergie et le travail, c'est la même chose. Il faut répartir les charges sociales sur le travail et sur l'énergie. Cette répartition dépend du niveau de développement économique. Pourquoi les économistes ignorent ils cette propriété? C'est ce qui correspond au progrès technique.
a écrit le 01/11/2016 à 8:37 :
Mais quand arriverons nous à comprendre le role de l'énergie dans le développement de l'économie? Que serions nous sans énergie??? des hommes préhistoriques!!!
a écrit le 30/10/2016 à 12:19 :
Bien mais la question est de savoir quant notre pays vas développer la géothermie , deux région sont favorable dans notre pays, l'Alsace et la région parisienne .... Une énergie propre, inépuisable et rentable dans le temps ( la chaleur de notre terre en constante, et l'eau peux ce transformer en vapeur indéfiniment ) . Mais bon cela est sûrement trops écologiste pour etre mis en place dans notre pays, où certain politique n'ons pas d'action dans ce type d'entreprise..... Honte à ces écologiste de salon....
a écrit le 29/10/2016 à 3:32 :
Suite aux pratiques irrégulières d'EDF et Areva au sujet de pièces défectueuses, l'ASN (Autorité de sûreté nucléaire) a entamé une démarche judiciaire auprès du procureur de la République. Elle a également fait part de sa volonté de tout "purger et revérifier d'où plus 22 réacteurs nucléaires à l'arrêt. L'ASN se dit "choquée" par les résultats tronqués et trouve cela dramatique. Il est vraiment temps de réduire la part de nucléaire au profit des renouvelables désormais moitié moins coûteuses et qui ne comportent aucun risque et sont recyclables, d'autant que de multiples méthodes de stockage à haut rendement arrivent donc les coûts baissent également fortement. Les prix de l'énergie baissent en Allemagne et au Danemark quand chez nous ils ne vont pas cesser d'augmenter à cause du nucléaire et c'est sans compter un accident majeur dont nous ne sommes pas à l'abri du tout et qui peut coûter plus de 1000 milliards d'euros pour 1 seul réacteur...sur 58. Le secteur nucléaire n'arrête pas de mentir et nous a fait prendre beaucoup de retard.
Réponse de le 29/10/2016 à 10:30 :
"de multiples méthodes de stockage à haut rendement arrivent "
ah bon. Lesquelles ?
Réponse de le 29/10/2016 à 10:57 :
Les prix de l'électricité en Allemagne et au Danemark sont respectivement 2 et 2,5 fois plus élevés qu'en France pour les particuliers et à peu près aussi élevés pour les entreprises.

Les émissions de CO2 par kWh en Allemagne et au Danemark sont de l'ordre de 20 à 30 fois supérieures à celles de la France.

Sur la vingtaine de réacteurs impactés par les problèmes de ségrégation carbone, 6 ont déjà pu redémarrer avec l'autorisation de l'ASN, les autres sont en cours d'analyse pour un redémarrage prévu avant la fin de l'année.

Le MWh nucléaire historique français coûte de l'ordre de 50€, celui d'éolien de l'ordre de 90, celui de solaire entre 70 et 260, celui de charbon environ 60 et celui de gaz environ 80.

Le stockage à échelle industrielle d'électricité n'est aujourd'hui pas à l'ordre du jour et les travaux en laboratoire n'indiquent pour l'instant pas que les batteries permettront un jour un stockage à grande échelle rentable (qui coûterait par exemple moins de 30€/MWh).

Enfin, vous utilisez une marque comme pseudo, je ne suis pas sûr que ce soit tout à fait légal.
Réponse de le 29/10/2016 à 10:57 :
Les prix de l'électricité en Allemagne et au Danemark sont respectivement 2 et 2,5 fois plus élevés qu'en France pour les particuliers et à peu près aussi élevés pour les entreprises.

Les émissions de CO2 par kWh en Allemagne et au Danemark sont de l'ordre de 20 à 30 fois supérieures à celles de la France.

Sur la vingtaine de réacteurs impactés par les problèmes de ségrégation carbone, 6 ont déjà pu redémarrer avec l'autorisation de l'ASN, les autres sont en cours d'analyse pour un redémarrage prévu avant la fin de l'année.

Le MWh nucléaire historique français coûte de l'ordre de 50€, celui d'éolien de l'ordre de 90, celui de solaire entre 70 et 260, celui de charbon environ 60 et celui de gaz environ 80.

Le stockage à échelle industrielle d'électricité n'est aujourd'hui pas à l'ordre du jour et les travaux en laboratoire n'indiquent pour l'instant pas que les batteries permettront un jour un stockage à grande échelle rentable (qui coûterait par exemple moins de 30€/MWh).

Enfin, vous utilisez une marque comme pseudo, je ne suis pas sûr que ce soit tout à fait légal.
a écrit le 29/10/2016 à 0:51 :
"réduire la consommation finale d'énergie de 12% d'ici 2023"

Pourquoi faire ? Parce que l'énergie, en soi, c'est mal ? Pourquoi 12% et pas 14%, ou 5% ? Comment exactement concilier un objectif de baisse de la conso énergétique de 12% avec un objectif de hausse du PIB de 2%/an ?

Quels sont exactement les besoins auxquels on cherche à répondre avec notre futur mix énergétique ?

Par quels calculs d'optimisation technico-économique le gouvernement est arrivé à "50% de nucléaire, 30% d'ENR et le reste on sait pas" ?

Est-il normal que l'avenir d'un système aussi pharamineusement complexe et lourd de conséquences que notre système énergétique soit décidé au pif par une bande de zozos qui de toute évidence ne connaissent rien et ne comprennent rien au sujet ?
a écrit le 28/10/2016 à 15:50 :
Moi je trouve que tout est flou, mais peut-être est-ce parce que je n'ai fait ni Sciences Po, ni l'Ena.
On ne comprend toujours pas comment on va faire mieux que nos voisins germaniques qui eux dépensent des fortunes sans réels résultats.
a écrit le 28/10/2016 à 14:32 :
Il semble que le ministère chargé de l'énergie s'aperçoit que les "renouvelables" ne peuvent pas assurer la fourniture d'électricité nécessaire ni la stabilité du réseau
a écrit le 28/10/2016 à 13:33 :
La transition énergétique doit être accompagnée d'une réforme de la fiscalité permettant de basculer la fiscalité du travail sur une fiscalité énergétique. Il faut une incitation fiscale pour favoriser les décisions économiques. Une taxe sur l'énergie pour participer au financement des charges sociales. Qui le comprendra?

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