Vive émotion à Liège après la décision d'ArcelorMittal de fermer ses hauts-fourneaux

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Après la décision confirmée vendredi par ArcelorMittal de fermer définitivement ses deux hauts-fourneaux à Liège, en Belgique, les salariés, en colère, en appellent aux politiques et à la population

Reporté jeudi pour cause d?insécurité, le conseil d?entreprise extraordinaire d?ArcelorMittal-Liège a eu lieu vendredi au "Centre acier", le siège de l?entreprise à Flémalle. Redoutant un accueil musclé des travailleurs, les dirigeants ont regagné l?immeuble très tôt, 6h du matin (avec des gardes du corps) pour une réunion fixée à 10h. Dès 7h30, les travailleurs ont commencé à se rassembler dans la cour du bâtiment en verre et en acier. Des groupes se forment ici et là. Après environ une heure et demi de rencontre avec les dirigeants d?ArcelorMittal, les présidents des délégations syndicales sortent, assaillis aussitôt par les caméras et micros ainsi que par les affiliés. La mine grave et pressés par les travailleurs, ils annoncent la (mauvaise) nouvelle, distillée déjà depuis mercredi.

"La direction nous a confirmé son intention de fermer définitivement la phase à chaud de Liège (c'est à dire les deux hauts-fourneaux). Nous allons analyser les documents qui nous sont remis et préparer nos arguments pour contrer une décision que nous n?accepterons jamais. Nous refusons tout licenciement, nous allons nous battre pour préserver une sidérurgie intégrée à Liège", martèle David Camerini (CSC-Metea) dans le porte-voix. Il est aussitôt accueilli par les vociférations de travailleurs en colère. "Tu ne peux rien faire. Ils nous ont trahis avec la complicité des politiques", lance une voix.

"La riposte se prépare et elle sera internationale. Nous sommes maintenant dans la procédure Renault et elle va durer un mois", renchérit son homologue de la FGTB. La déception se lit sur les visages. "C?est une vraie catastrophe, la nouvelle est dure à encaisser. La direction joue avec nous comme si nous étions des marionnettes. Ce n?est pas normal. Il faut une mobilisation des politiques et de la population, au-delà des travailleurs directement concernés, c?est tout le bassin liégeois qui va souffrir", dit Eric, treize ans de maison et employé service Energie.

Le document remis aux représentants des travailleurs indique que 581 travailleurs pourraient être concernés par le licenciement dont 220 employés et 361 ouvriers. Il n?y aura pas de licenciement sec, d?après la direction. "Nous voulons discuter avec les syndicats pour des reclassements. Vu les progrès réalisés en terme de compétitivité, les outils du froid (en aval) peuvent survivre sans les hauts-fourneaux", précise le porte-parole, Etienne Botton, à l?issue d?une conférence de presse. Pour Joao Felix Da Silva, patron d?ArcelorMittal Liège, le chaud de Liège est victime de la mauvaise conjoncture en Europe, de l?éclatement de ses outils sur différents sites et de sa mauvaise rentabilité.

Les travailleurs en appellent aux politiques pour sauver l?outil condamné. Ils ne croient plus aux promesses de survie des usines en aval des hauts-fourneaux brandies par la direction. Surtout que la preuve est désormais faite qu?elle avait déjà arrêté sa décision et n?avait rien dit au personnel lors des discussions de la semaine dernière quand elle l?invitait à reprendre le travail après une semaine de grève. "Nous exigeons que les pouvoirs publics et les partis politiques au gouvernement (fédéral) ou, en passe de l?être, prennent leur responsabilité comme ils l?ont fait pour sauver les banques. Il existe des organismes d?investissements publics fédéraux ou régionaux qui ont pour vocation d?être des opérateurs industriels. Utilisons les !", dit Egidio Di Panfilo (Setca-Liège). En attendant, un appel est lancé pour une manifestation géante à Liège ou à Seraing dans les prochains jours.

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