ENTRETIEN. Créée en 2013 par Romain Revellat et Pierre Lassarat, la start-up happytal aide et accompagne les patients avant, durant et après leur hospitalisation, en proposant une offre de services via une plateforme. L'idée née de la propre expérience de ses fondateurs s'est transformée en une entreprise présente dans 12 régions à travers 110 établissements, employant 400 personnes. Comment ce développement s'est-il adapté à la crise sanitaire et quelles leçons tirer de cette situation inédite ? Réponse avec Romain Revellat, son PDG.LA TRIBUNE - Comment happytal a traversé la crise sanitaire ?
ROMAIN REVELLAT, cofondateur - Comme toutes les entreprises et tous les Français, happytal a dû faire face à la crise sanitaire et ses conséquences. La première priorité durant la phase aiguë de la crise a été d'assurer la sécurité de nos collaborateurs, notamment en veillant à ce qu'ils disposent d'équipements de protection individuelle. Concomitamment, nous avons dû adapter nos protocoles d'intervention dans les établissements de santé, l'organisation interne de ces derniers ayant été profondément modifiée en raison de la Covid. À titre d'exemple, nos concierges n'avaient plus l'autorisation d'aller à la rencontre des patients.
Dans ce contexte et en dépit des mesures sanitaires associées, nous n'avons jamais cessé de faire le lien entre les patients, leurs proches et les personnels soignants, que ce soit en intervenant différemment au sein des établissements, en proposant de nouveaux services comme « happyhéros » ou en organisant une campagne de dons à destination des hôpitaux.
Vous avez adapté votre offre de services en vous adressant aux personnels des hôpitaux publics mais aussi militaires, ceux de la Croix-Rouge... Pourquoi ?
Effectivement, au plus fort de la crise sanitaire, nous avons reçu une demande de l'AP-HP pour l'accompagner dans la mise en place d'une plateforme à destination des soignants. Nous avons donc élaboré conjointement la plateforme « hoptisoins » pour permettre aux soignants de bénéficier de services gratuits ou à tarifs préférentiels pour l'hébergement, les transports, les courses, dans le but de les aider au quotidien. Ainsi lors du confinement quand l'offre de transports en commun était réduite, les collaborateurs de l'AP-HP ont pu ainsi commander sur la plateforme « hoptisoins » un taxi sans avance de frais pour se rendre sur leur lieu de travail.
Très rapidement d'autres établissements de santé se sont manifestés, ceux de la Croix Rouge ou du Service de Santé des Armées par exemple, afin de proposer le même type de plateforme à leurs collaborateurs. Nous avons donc développé la plateforme « happyhéros » dans ce sens. La plateforme « happyhéros » est désormais déployée dans près de 400 établissements de soins et adresse plus de 200.000 professionnels de soins. C'est un véritable succès, et un gain de pouvoir d'achat pour les soignants. Nous estimons ce gain à 150 euros par mois, notamment grâce aux réductions consenties par nos partenaires, que ce soit en matière d'assurance habitation ou dans leurs achats du quotidien.