Locations entre particuliers : AirBnb dénonce l'amendement adopté au Sénat

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Selon la plateforme de location entre particuliers, cela n'aura d'autre effet que de défavoriser les particuliers qui souhaitent louer leur logement de manière occasionnelle, au bénéfice de loueurs professionnels, rompus aux procédures administratives.
Selon la plateforme de location entre particuliers, "cela n'aura d'autre effet que de défavoriser les particuliers qui souhaitent louer leur logement de manière occasionnelle, au bénéfice de loueurs professionnels, rompus aux procédures administratives". (Crédits : AirBnb)
Les sénateurs ont adopté vendredi un amendement au projet de loi numérique autorisant les communes de plus de 200.000 habitants à rendre obligatoire l'enregistrement de locations ponctuelles via des sites internet comme AirBnb afin d'empêcher les sous-locations illégales.

La célèbre plateforme de location de logements entre particuliers fait part de son mécontentement à l'égard de l'amendement au projet de loi numérique adopté vendredi par les sénateurs. Selon lequel, désormais, les conseils municipaux des communes de plus de 200.000 habitants pourront rendre obligatoire l'enregistrement de toute location à répétition, pour des courtes durées, à une clientèle de passage, via des plateformes type Airbnb. Cela "défavorisera les particuliers au bénéfice de loueurs professionnels", a réagi lundi le leader en la matière.

Des délibérations doivent encore fixer le nombre minimal de nuitées par an à partir duquel l'enregistrement est obligatoire. Le but est d'avoir "une traçabilité et une meilleure transparence", afin d'empêcher les sous-locations illégales.

Encore lointaine, la terre d'économie collaborative promise ?

Il n'empêche. Selon la plateforme, cela ne va pas dans le sens des précédentes annonces gouvernementales:

"Imposer un enregistrement dans les villes de plus de 200.000 habitants revient sur la promesse des pouvoirs publics de faire de la France une 'terre d'économie collaborative' comme s'y était engagé le gouvernement en février dernier", déplore lundi AirBnb dans une déclaration transmise à l'AFP.

Défavoriser les particuliers au profit des loueurs professionnels

Aux yeux de la plateforme de location entre particuliers, "cela n'aura d'autre effet que de défavoriser les particuliers qui souhaitent louer leur logement de manière occasionnelle, au bénéfice de loueurs professionnels, rompus aux procédures administratives".

Le groupe ajoute qu'"il y a moins de deux ans, la loi Alur avait déjà clarifié les règles qui s'appliquent à la location de courte durée, confirmant que partager son logement de manière occasionnelle quelques semaines par an ne nécessite pas de démarche administrative spécifique. Depuis, des millions de voyageurs ont été accueillis en France par notre communauté d'hôtes, dans plus de 15.000 communes", selon lui.

Les sénateurs doivent se prononcer ce mardi sur l'ensemble du projet de loi numérique à l'occasion d'un vote solennel. Le texte fera ensuite l'objet d'une commission mixte paritaire chargée de trouver une version commune avec l'Assemblée nationale.

Accord trouvé entre Paris et Airbnb

Pour rappel, fin mars, la ville de Paris avait trouvé un accord avec Airbnb, pour que tous les loueurs, via Airbnb, de Paris, susceptibles de dépasser les quatre mois de location par an, reçoivent un email leur rappelant la réglementation. Cet accord était une première pour Airbnb avec une municipalité.

Par ailleurs, Airbnb collecte également depuis octobre 2015 la taxe de séjour reversée à la Ville - pour un montant de 4,6 millions d'euros en 2015. Alain Juppé, le maire de Bordeaux, ville hôte de l'Euro 2016, a fait pression sur Matignon pour que cette démarche s'étende au-delà de la capitale. Il estime en effet que l'événement sportif pourrait rapporter gros, évoquant notamment un manque à gagner de 360.000 euros pour la cité girondine.

Trois fois plus de revenus dans trois ans

D'autant qu'Airbnb n'a pas les poches vides. A tel point que selon de récentes estimations avancées par Juniper Research, la plateforme de location entre particuliers serait en passe de bientôt dépasser Uber et Lyft à l'échelle mondiale en matière de chiffre d'affaires. Elle devrait ainsi générer trois fois plus de revenus d'ici trois ans. L'institut de recherche évoque ainsi quelque 6,1 milliards de dollars à l'horizon 2019 contre 2,3 en 2015.

(Avec AFP)

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Commentaires
a écrit le 02/05/2016 à 21:12 :
Quelle honte ! Empêcher les particuliers de louer leur bien immobilier est une honte. Evidemment, le lobby des hoteliers a fait son travail auprès des sénateurs mais quid des particuliers qui offrent des vacances à leurs familles parce qu'ils peuvent louer leur bien et voyager pas cher ?
Réponse de le 02/05/2016 à 22:55 :
"Empêcher les particuliers de louer leur bien immobilier est une honte." : Ce qui serait une honte, c'est de la permettre par pur clientélisme électoral.
Il y a assez de parasite de la rente immobilière : Vous voulez qu'il soit encore plus intéressant d'investir dans l'immobilier que dans les entreprises?
Vous viendrez pleurnicher quand notre croissance sera uniquement liée à une bulle immobilière et qu'il faudra baisser les pensions de retraite?
a écrit le 02/05/2016 à 17:34 :
Compliqué ?
Il suffit juste qu'Airbnb declare les revenus qu'ils donnent aux particuliers (tout comme mon employeur qui declare mon salaire a l'administration fiscale)

Ces platformes veritables parasites de la nouvelle economie devraient etre regulées (regulées amis évidemment autorisées !)
=> Declaration obligatoire: taxe sur les revenus + vérification que les apaprtements ne sont pas loués plus de 3 mois par an (par contre un locataire devrait avoir le droit de louer sans demander a son propriétaire)
=> Plafonnement de la commission a 5%: il s'agit d'un monopole naturel (platforme internet), il faut limiter la captation de la marge
=> Declaration de cette commission en france et pas dans des paradis fiscaux pour qu'Airbnb paie des impots comme toute société

Moyennant quoi, laissons Airbnb favoriser la location des appartements (je suis personnellement contre louer mon appartement mais on devrait avoir le choix dans la limite des 3 mois annuels - car la encore il s'agit d'une rente, d'un oligopole naturel : l'immobilier etant par defition limité, le marché doit etre régulé et la location limitée a 3 mois fait parti de cette régulation)

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